Opération Scorpion au Gabon : Vives tensions entre Renaud Allogho Akoué et ses avocats au sujet de Brice Laccruche Alihanga
Gabon

Opération Scorpion au Gabon : Vives tensions entre Renaud Allogho Akoué et ses avocats au sujet de Brice Laccruche Alihanga


L’ex-DG de la CNAMGS, Renaud Allogho Akoué, au deuxième jour de son procès dans le cadre de l’opération Scorpion jeudi 4 août 2022 © DR


Alors que la deuxième journée de son procès pour détournement présumé de fonds publics, concussion et blanchiment de capitaux dans le cadre de l’Opération Scorpion vient de s’achever, de vives tensions sont apparues entre l’ex-directeur général de la CNAMGS et ses avocats.

De profondes divergences existent entre Renaud Allogho Akoué et ses conseils s’agissant de la stratégie de défense à adopter.

Alors que les seconds souhaitaient déployer une stratégie proche de celle des précédents accusés, notamment celle Patrichi Tanasa, le premier n’en a pas voulu. Cette stratégie consiste à faire diversion. Autrement dit, à instruire le procès du « régime de Libreville » pour tenter de faire passer au second plan le véritable enjeu du procès : faire la lumière sur les vastes détournements de fonds reprochés à ceux qui se succèdent à la barre.

Cette stratégie, préconisée par les avocats, repose sur un élément essentiel : la mise en cause du président et de sa famille. En particulier, de son épouse Sylvia et son fils ainé, Noureddin. Ce à quoi Renaud Allogho Akoué s’est catégoriquement refusé depuis le début.

Cette posture, l’ex-DG de la CNAMGS l’a observé durant les deux premiers jours de son procès. De fait, M. Allogho Akoué est le premier accusé dans le cadre de cette session criminelle devant la Cour criminelle spécialisée de Libreville à ne pas porter d’accusations contre le couple présidentiel et leur fils ainé.

Pas de conférence de presse-spectacle pour ses avocats

« Renaud Allogho Akoué a gardé une attitude constante depuis fin 2019, au moment de son incarcération. Il a en particulier interdit à ses avocats de tenir des conférences de presse-spectacle pour y dénoncer, avec force propos tapageurs, ses conditions de détention ou jeter le discrédit sur l’institution judiciaire », explique une source proche du dossier.

Autre pomme de discorde entre Renaud Allogho Akoué et ses avocats : la posture à observer vis-à-vis de Brice Laccruche Alihanga qui apparait dans cette affaire comme le donneur d’ordres ou le « deus ex machina », pour reprendre l’expression utilisée par une source judiciaire.

Lors de l’instruction, contrairement aux conseils de ses défenseurs, l’ex-DG de la CNAMGS n’a pas hésité, à rebours des autres accusés qui se sont présentés récemment à la barre dans le cadre de l’opération Scorpion, a déclaré qu’il prenait ses ordres de l’ex-directeur de cabinet de la Présidence pour ce qui concerne la CNAMGS et de Tony Ondo Mba, le bras droit de « BLA », pour ce qui relevait de l’AJEV. Lors de la première journée d’audience, mercredi 3 août, Renaud Allogho Akoué a réitéré ses déclarations (lire notre article).

Les avocats claquent la porte

Sur ce point, qui est apparue comme une pierre d’achoppement majeure, les divergences entre l’ex-DG de la CNAMGS et ses avocats sont telles que, lors de la première journée d’audience, quand l’accusé a évoqué les frères Laccruche, Brice et Grégory, l’un de ses conseils est sorti de la salle en claquant la porte. Quant au second, il a boycotté la deuxième journée d’audience.

Selon les observateurs, fins connaisseurs du dossier, Renaud Allogho Akoué pourrait n’écoper que d’une peine réduite et recouvrer la liberté à l’issue du délibéré attendu ce vendredi. La somme qu’il aurait détourné durant les deux ans passés à la tête de la CNAMGS, entre octobre 2017 et novembre 2019, ne représente au final « que » 600 millions de francs CFA. « Une somme importante dans l’absolu mais une goutte d’eau par rapport à ce qui est reproché à d’autres dans de dossier », explique une source judiciaire. 



Avec LaLibreville

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