L’Ethiopie démarre une deuxième turbine sur son barrage sur le Nil
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L’Ethiopie démarre une deuxième turbine sur son barrage sur le Nil



L’Ethiopie démarre une deuxième turbine sur son barrage sur le Nil

L’Ethiopie démarre une deuxième turbine sur son barrage sur le Nil

L’Ethiopie a démarré jeudi la deuxième des 13 turbines que comptera son mégabarrage construit sur le Nil-Bleu et confirmé que la troisième étape du remplissage du réservoir était en cours, malgré les protestations du Soudan et de l’Egypte en aval.

Fin juillet, l’Egypte avait protesté auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’intention annoncée de l’Ethiopie de poursuivre « unilatéralement » durant la saison des pluies en cours le remplissage du réservoir entamé en juillet 2020, ce malgré l’absence d’accord entre les trois pays concernés sur le sujet.

Jeudi, avant de pousser, lors d’une cérémonie télévisée, le bouton démarrant la deuxième turbine du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd), situé dans le nord-ouest du pays, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a à nouveau tenté de rassurer Khartoum et Le Caire.

« Nous l’avons dit et répété aux pays en aval, particulièrement l’Egypte et le Soudan: en produisant de l’électricité nous développons notre économie et désirons permettre à nos citoyens qui vivent dans le noir de voir la lumière ».

« A part cela, l’objectif n’est pas de les mettre sur la touche ou de nuire » à ces pays, a-t-il déclaré.

« Ce que confirme le troisième remplissage actuellement en cours, c’est que les travaux effectués pour retenir 22 milliards de m3 d’eau et générer de l’électricité via deux turbines n’entraînent pas de pénurie d’eau dans les pays en aval », a-t-il aussi affirmé.

Soudan et Egypte ont plusieurs fois demandé à l’Ethiopie de cesser ses opérations de remplissage du Gerd, en attendant que soit conclu un accord tripartite sur ce sujet et sur les modalités de fonctionnement du barrage.

Tributaires du Nil, les deux pays affirment que ce mégabarrage, présenté comme le plus gros d’Afrique avec une puissance annoncée de plus de 5.000 mégawatts (MW) à terme et une capacité de retenue de 74 milliards de m3, va nuire à leur approvisionnement en eau.

– Achevé à 83% –

Abiy a appelé jeudi Le Caire et Khartoum à trouver un terrain d’entente avec son pays « via le dialogue » et « la négociation ». « Toute autre option n’arrêtera pas ce que nous avons commencé et sera vaine », a-t-il souligné.

Comme la première, démarrée en février lors du lancement de la production d’électricité du barrage, cette deuxième turbine a une capacité de 375 MW, selon l’agence de presse nationale éthiopienne (ENA).

Kifle Horo, chef de projet du Gerd, a indiqué que « le projet dans son ensemble est désormais achevé à 83,3% », précisant notamment que « les travaux de génie civil sont terminés à 95% ».

« Un des principaux objectifs de 2022, réalisé avec succès, était l’installation de deux turbines capables de produire de l’électricité », s’est-il réjoui, « deux remplissages ont pu être menés » en 2020 et 2021 « et le troisième remplissage est en cours ».

L’objectif « des deux prochaines années et demie (…) est d’achever totalement le barrage, de procéder à chaque étape du remplissage et d’installer les turbines restantes » afin que le barrage soit en mesure de produire à pleine capacité, a confirmé M. Kifle.

Situé à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, sur le Nil-Bleu qui rejoint le Nil-Blanc à Khartoum pour former le Nil, le Grand barrage de la Renaissance est long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres.

Le projet a été lancé en 2011 par l’Ethiopie pour un montant de quatre milliards de dollars.

Sa capacité de production prévue de 5.000 MW permettra de doubler la production actuelle de l’Ethiopie, dont environ la moitié seulement des quelque 120 millions d’habitants ont accès à l’électricité et qui souhaite à terme devenir un important exportateur d’énergie électrique.

Saisie en 2021, l’ONU a recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers entamés sous l’égide de l’Union africaine (UA), pour l’instant durablement dans l’impasse.

L’Ethiopie estime que le barrage est essentiel à son développement, tandis que l’Egypte le considère comme une menace « existentielle » et que le Soudan a mis en garde contre des « grands risques » pour la vie de millions de personnes.

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Avec La Libre Afrique

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