Mozambique : Le projet gazier toujours à l’arrêt au Cabo Delgado
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Mozambique : Le projet gazier toujours à l’arrêt au Cabo Delgado



Mozambique : Le projet gazier toujours à l’arrêt au Cabo Delgado

Mozambique : Le projet gazier toujours à l’arrêt au Cabo Delgado

 Face à la menace islamiste, le Zimbabwe se réinstalle sur la scène internationale.

« Ils n’y parviennent toujours pas.” Ce constat posé par un militaire européen est explicite. Malgré l’envoi de plus de 4 100 militaires et policiers étrangers pour lutter contre les djihadistes dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, les attaques se poursuivent et des civils sont assassinés chaque semaine.

Les Sud-Africains, qui ont envoyé un contingent de 1 495 hommes, ont fait état de nombreuses redditions dans les rangs des insurgés, surtout dans les zones qui font face à de graves pénuries alimentaires. Mais dans de nombreux autres bastions de la province les attaques se m

ultiplient et les djihadistes sont notamment de plus en plus actifs sur la frontière entre la Tanzanie et le Mozambique.

“Les fondamentalistes veulent installer un califat en Afrique australe”

Les ONG présentes sur le terrain ont fait état depuis le 25 mai de plusieurs attaques “particulièrement violentes”. Elles ont relevé “six décapitations, des enlèvements de femmes et des attaques de fermes”, mais aussi plusieurs libérations d’otages “dues essentiellement au manque de nourriture. Ce sont les otages qui sont susceptibles de rapporter le moins qui sont libérés parce que les ravisseurs tentent d’avoir le moins de bouches à nourrir”, expliquent les rapports de ces différentes ONG présentes actuellement sur le terrain.

Depuis 2017, et le début de cette insurrection, les Nations unies ont dénombré au moins 4 000 morts dans les rangs civils et 820 000 déplacés.

Ajouter du retard au retard

Cette incapacité à interrompre ces combats met aussi la pression sur le projet gazier de Total-Energie, qui porte sur un investissement de 20 milliards de dollars et qui a dû être interrompu pour “force majeure” en avril 2021, suite à la grande offensive sur Palma et Mocimboa da Praia par les djihadistes de Al Sunnah, qui ont fait allégeance au groupe État islamique.

Fin avril 2022, le directeur général du groupe français, Patrick Pouyanné, avait réaffirmé que ses équipes et lui “ne reprendr(aie)nt les travaux au Mozambique que s’il a la confirmation que la paix et la sécurité ont été restaurées dans la région”. Il se montrait alors assez confiant et les responsables du groupe tablaient sur une reprise des travaux pour le début de l’année 2023.

Un scénario mis à mal par la reprise des actions djihadistes au mois de mai, présentées par divers médias comme les “plus violentes depuis le début de l’année”.

Dans ce contexte, la Samim, la force mise sur pied par les pays de la SADC (avec huit États de l’Afrique australe), et même les troupes rwandaises envoyées sur le terrain suite à un accord bilatéral entre le président mozambicain, Felipe Nyusi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, ne semblent pouvoir stopper les actions djihadistes.

Retour de Harare et pressions de l’Élysée

De quoi remobiliser l’attention en direction du Zimbabwe, qui a fait plusieurs fois offre de service pour combattre dans le nord du Mozambique. “Nous connaissons la région, nous avons les hommes pour mener ce combat, mais nous ne pouvons nous y investir tant que nous sommes sous l’effet des sanctions européennes qui sont vieilles de plus de 20 ans (et qui interdisent l’achat d’armes)”, expliquait en février dernier le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, à Lalibreafrique.be.

Un discours et une proposition qui ont de plus en plus d’échos en Europe. Une mission de suivi des élections de l’Union européenne, emmenée par le député allemand Elmar Brok, s’est ainsi rendue le 20 mai à Harare dans la perspective d’accompagner le scrutin de 2023, tandis que pour la première fois depuis des lustres, la Banque européenne d’investissement a approuvé l’octroi de 15 millions € dans le cadre d’une initiative de financement d’entrepreneurs zimbabwéen, alors que le président Mnangagwa faisait sensation en se présentant au forum international de Davos où il s’est notamment entretenu avec son homologue rwandais.

Mozambique : Le projet gazier toujours à l’arrêt au Cabo Delgado

Parallèlement, le président français, Emmanuel Macron, a confirmé qu’il recevrait son homologue zimbabwéen à l’Élysée cet été, comme il s’y était engagé, en cas de nouveau mandat, en marge du sommet Union européenne-Union africaine en février dernier, avec l’espoir d’annoncer une levée de cet embargo européen qui frappe Harare.

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Avec La Libre Afrique

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