Afrique

Doha, c’est mort sauf si…


La passe d’arme de ce week-end entre le gouvernement et les politico-militaires en marge des pourparlers de Doha n’augure rien de bon pour la suite de la transition. Ce sont d’abord les insurgés qui se sont fendu d’un communiqué accusant le gouvernement de se livrer à des manœuvres d’intimidation et des provocations qui ont fini par rendre nuisible le bon déroulement des négociations. Faux réplique le gouvernement qui accuse les rebelles de persister dans la « désinformation et la manipulation insidieuse ».

Cassus belli seraient tentés de conclure les fins observateurs qui, depuis le début ont pointé des éléments susceptibles de compromettre cette étape cruciale pour la suite de la transition malgré la volonté affichée des autorités. Il y’a d’abord le critère de choix des mouvements rebelles. Des groupes sans aucune représentativité, parfois partis de N’Djaména qui exigent d’être traités au même pied d’égalité que ceux dont la force de frappe est connue. Ce sont les plus faibles qui sont à la base des menaces et provocations qui ont fini par pourrir l’ambiance dans les couloirs des deux hôtels où sont regroupés les délégations.
Ensuite la proposition du médiateur dont la proximité avec la France est de plus en plus pointée, de traiter dans un autre cadre la question du désarmement et de la réinsertion des rebelles, n’a fait que renforcer la méfiance qui se décuple au jour le jour.

Et le comble, la sortie du ministre de la communication de ce 20 juin indiquant qu’il y’a une partie des rebelles qui n’attend que le top départ pour signer les accords quelques soient les conditions. Pendant ce temps, des petits groupes de combattants se réclamant de tel ou tel mouvement rebelle rallient les forces gouvernementales dans une posture de reddition.
On constate dès lors que le pouvoir est dans une logique qui n’est pas celle de l’inclusion. Ira-t-il à des accords puis au dialogue en se mettant à dos les oppositions politique et militaires ? Chose qui serait suicidaire et il n’est pas tard de mettre fin à ce jeu qui risque de faire le lit aux démons de la destruction.

Il suffit de revenir aux fondamentaux sur lesquels Tchadiens et communauté internationale sont d’accord. L’inéligibilité des dirigeants de la transition, une préparation collégiale du dialogue et une participation équilibrée et représentative de toutes les composantes de la société tchadienne au dialogue national inclusif. Sans quoi, Doha comme le dialogue national risquent de ne pas porter la promesse des fleurs.

La Rédaction



Avec LePaysTchad

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