Zimbabwe : Un scrutin partiel pacifique en attendant la présidentielle de 2023
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Zimbabwe : Un scrutin partiel pacifique en attendant la présidentielle de 2023



Zimbabwe : Un scrutin partiel pacifique en attendant la présidentielle de 2023

Zimbabwe : Un scrutin partiel pacifique en attendant la présidentielle de 2023

Reportage Hubert Leclercq, envoyé spécial au Zimbabwe

La pluie était attendue pour tout le week-end sur la capitale zimbabwéenne mais le ciel en a décidé autrement.

Dès les premières heures du jour, le soleil s’est installé en maître et le thermomètre a rapidement grimpé largement au-delà des 25°. “Un bon signe”, sourit Guy, observateur pour le Zanu-PF, le parti au pouvoir, dans une des classes de l’école primaire de Mabvuku, dans la banlieue de Harare, transformées en bureau de vote. “La mobilisation n’est pas très forte pour ce scrutin partiel, la pluie aurait encore un peu plus découragé les électeurs”, abonde Nancia, collègue d’un jour, qui représente le parti d’opposition MDC-A.

Au dehors, dans la grande cour de récréation verdoyante piquée de jeunes eucalyptus, une explication “virile” éclate pourtant entre un supporter du principal parti de l’opposition, le MCC de Nelson Chamisa, et un policier que ces cris ne semblent nullement atteindre. L’électeur accuse les policiers de laisser un trio de jeunes hommes “intimider tous ceux qui veulent venir voter en leur donnant des consignes de vote”. “Ils ne peuvent pas rester là, ils doivent être au moins à 200 mètres”, hurle, déterminé, cet électeur. Le policier s’exécute fermement mais sans précipitation et les trois supposés supporters de la majorité s’en vont sans insister. “Voilà, c’est réglé”, lance-t-il à son interlocuteur qui promet qu’il restera attentif tout au long de cette journée de vote au comportement des policiers accusés “de travailler pour le pouvoir”.

Harare, bastion de l’opposition

Une escarmouche sonore qui n’a même déconcentré les électeurs à la recherche de leur nom sur les grandes feuilles affichées sur les murs qui reprennent les noms des électeurs qui se sont fait enregistrer pour ce scrutin. “Je ne trouve pas mon nom, pourtant je suis inscrit”, explique Julius Nyomi, 53 ans, avant de trouver la bonne ligne et de découvrir qu’il a un homonyme inscrit dans le même bureau de vote. “Je suis né en 1968”, ajoute-t-il en pointant son index sur sa date de naissance. “L’autre, c’est encore un bébé”, poursuit-il hilare en voyant que ce dernier est né en 2003. “Il viendra certainement plus tard, les premières heures d’ouverture, c’est pour les plus vieux. Les jeunes sont encore dans leur lit”.

Les files sont rares dans les nombreux bureaux de vote de la capitale. L’ambiance plutôt bon enfant. Un couple d’observateurs britanniques dresse le même constat. “Nous avons visité plusieurs endroits et le constat est identique. La mobilisation est faible et, jusqu’ici, à la mi-journée, tout est en ordre.”

Zimbabwe : Un scrutin en forme de répétition générale

Historiquement, Harare, la capitale, est un bastion de l’opposition. “La donne ne devrait pas changer”, insiste un observateur du CCC dans une autre école du nord de la périphérie qui regrette que le gouvernement national “n’a pas instauré un jour de congé à l’occasion de ce scrutin. Ça ne va pas aider la mobilisation ».

Les bureaux de vote sont ouverts de 7 heures du matin à 19h. “Après, on surveillera le décompte”, explique Guy, qui a passé la nuit à même le sol dans le bureau de vote pour s’assurer que “personne ne touchait aux urnes installées la veille. La journée va être longue, mais c’est aussi le prix à payer pour la démocratie”, poursuit-il, droit comme un “i” sur sa petite chaise d’écolier.

Statu quo en vue…

Ce dimanche 27 mars, depuis les premières heures du jour, les résultats commencent à tomber. Selon les premières estimations officieuses, l’opposition continuerait de dominer la capitale, le Zanu-PF maintenant sa domination sur les campagnes. “C’était ce qui était attendu”, explique Ziyambi Ziyambi, le ministre de la Justice rencontré ce dimanche matin “même si, évidemment, pour l’instant, ces résultats n’ont rien d’officiel”.

Pour Fortune Chasi, député et ancien ministre des Hydrocarbures, “cette élection montre surtout que nous sommes prêts pour les élections générales de l’année prochaine malgré la crise du Covid, qui nous a contraints de retarder ce scrutin, et les difficultés économiques que nous vivons. Nous avons respecté la Constitution. Les observateurs internationaux déployés pour ce rendez-vous ont pu constater que tout était organisé dans la transparence. Je suis certain qu’il y aura l’une ou l’autre réclamation, ça fait partie du jeu démocratique et ce sera à la justice de trancher”.

La présidentielle et les législatives de 2023 mobiliseront certainement plus les Zimbabwéens. “Le nombre de sièges en jeu à l’Assemblée nationale ne pouvait pas modifier les équilibres lors de ce scrutin partiel, il en sera autrement en 2023”, explique Barnabas, qui a boudé les urnes cette fois mais promet qu’il sera mobilisé “comme tous les Zimbabwéens pour un scrutin qui, prévient-il, sera très indécis.”

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Avec La Libre Afrique

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