L’insurrection djihadiste au Cabo Delgado se propage à d’autres régions
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L’insurrection djihadiste au Cabo Delgado se propage à d’autres régions



L’insurrection djihadiste au Cabo Delgado se propage à d’autres régions

L’insurrection djihadiste au Cabo Delgado se propage à d’autres régions

Mozambique  Les troupes d’Afrique australe et du Rwanda ne parviennent pas à maîtriser l’avancée des islamistes.

Les signaux en provenance de la province du Cabo Delgado, au nord du Mozambique, sont tous passés au rouge ces dernières semaines. Les islamistes du mouvement Al Sunnah wa Jama’ah qui ont fait allégeance à l’État islamique continuent leur progression malgré l’intervention des troupes mozambicaines – dont certaines disposent désormais de formateurs envoyés par l’Union européenne, mais aussi des contingents sud-africains, zimbabwéens et botswanais envoyés par l’organisation des États d’Afrique australe (Sadec) dans le cadre de la mission Samim et les 2 000 hommes dépêchés par le Rwanda à la demande du pouvoir mozambicain.

Le souci est identique à ce que l’on peut voir en Afrique de l’Ouest”, explique une source sécuritaire zimbabwéenne. “Il n’y a pas de vrai front. On est face à une succession de toutes petites structures, parfois pas plus de trois hommes, qu’il est très difficile de maîtriser, qui sont très mobiles et qui peuvent faire de gros dégâts. Sans oublier qu’ils se sont souvent infiltrés dans un réseau villageois réceptif à leur message. Pas tant par idéologie ou conviction religieuses, mais parce qu’ils viennent en aide concrètement à ces villageois qui sont délaissés depuis des années par le pouvoir central mozambicain.”

Une étudé fouillée coréalisée par Global Initiative Against Transnational Organised Crime et la Hanns Seidel Foundation, titrée “Insurrection, marchés illégaux et corruption. Le conflit au Cabo Delgado et ses implications régionales” revient sur les origines de cette insurrection et met notamment en garde contre l’avancée continue de ces islamistes qui seraient désormais sortis de la province de Cabo Delgado pour s’insinuer dans d’autres provinces mais aussi menacer d’autres États de la région, la Tanzanie voisine étant déjà clairement touchée par cette violence.

Au cours des dernières semaines, des islamistes ont attaqué au moins huit villages dans la province du Cabo Delgado, incendiant complètement cinq d’entre eux à la frontière avec la Tanzanie”, a déclaré l’Institut catholique Denis Hurley pour la paix.

Les auteurs de l’étude précitée, eux, voient déjà certains des éléments d’al-Shabab “se disperser dans d’autres provinces et renouveler leurs attaques et semer la désolation par leur violence”.

Le marché sud-africain de la drogue

Pour nombre d’observateurs, l’Afrique du Sud est clairement dans le collimateur. Les auteurs de l’étude pointent l’énorme marché pour le trafic de drogue que représente ce pays. “La province de Cabo Delgado sert de corridor économique clé et l’est historiquement depuis des centaines d’années”, a ainsi expliqué un des auteurs de l’étude. “Mais il sert également de corridor clé pour les flux de trafic illicite”, citant la contrebande d’héroïne et d’amphétamines.

L’héroïne vient d’Afghanistan via l’Iran jusqu’au nord du Mozambique et ensuite vers l’Afrique du Sud voisine, le plus grand marché de consommation de cette drogue dans la région d’Afrique australe et un point de transit majeur pour le trafic vers l’Europe et les États-Unis.

Le combat contre l’insurrection au Mozambique apparaît donc crucial. Le Zimbabwe avec son armée, qui est une des meilleures pour ce type de combat, répète qu’il est disposé à s’investir considérablement dans cette lutte mais il a besoin pour ce faire que soient levées les sanctions européennes et américaines qui l’empêchent de s’armer, comme l’a encore plaidé le président zimbabwéen Emerson Mnangagwa lors du sommet Union européenne – Union africaine qui s’est tenu en février à Bruxelles. Si le message commence à percoler au niveau européen, les États-Unis ne semblent pas sensibles à cet argument. Ils viennent en effet de confirmer les sanctions contre le régime d’Harare et n’ouvrent pas la porte à un assouplissement des mesures. Or, au Mozambique, alors que les troupes sud-africaines – les plus nombreuses de la Sadec – sont tentées de plier bagages, le rôle du Zimbabwe apparaît de plus en plus crucial pour tenter de freiner l’avancée des islamistes et donc les trafics en tous genres qui les accompagnent et qui menacent, en bout de ligne, les États-Unis.

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Avec La Libre Afrique

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