Viols collectifs à la prison de Kasapa : tous les auteurs n’ont pas été entendus, selon HRW
Afrique

Viols collectifs à la prison de Kasapa : tous les auteurs n’ont pas été entendus, selon HRW


L’ONG Internationale Human Rights Watch (HRW)a réagi samedi 22 janvier au verdict rendu dernièrement par le tribunal de grande instance de Lubumbashi (Haut-Katanga) dans l’affaire de viols collectifs des femmes détenues de la prison de la Kasapa en septembre 2020. Elle estime que tous les auteurs de ce crime n’ont pas été entendus et que les traumatisme physique et psychologique subis par les victimes n’ont pas non plus été pris en compte au cours de l’instruction.

Pour Human Rights Watch, sur les 56 femmes détenues dans la prison au moment du soulèvement, 37 femmes et une adolescente avaient témoigné avoir été violées. Mais en ne tenant pour responsables que 10 prisonniers et aucun fonctionnaire de l’État, les autorités judiciaires n’ont que partiellement rendu justice pour ces atrocités.

L’ONG indique que, lorsqu’elle a enquêté sur l’émeute dans la prison de la Kasapa, elle avait constaté que les femmes détenues étaient abandonnées et sont restées sans protection pendant tous les trois jours du chaos. La majorité des femmes, peut-être même toutes, ont été violées.

Pourtant, l’incapacité de l’État à protéger et à assurer la sécurité de toutes les femmes détenues a été complètement ignorée par l’instruction.

En outre, les autorités n’ont pas non plus fourni aux victimes des soins médicaux et un soutien psychosocial adéquats et en temps opportun après un viol. Certaines sont tombées enceintes, très probablement à la suite des viols, tandis qu’un certain nombre ont contracté de graves infections.

Les traumatismes physique et psychologique, avec lesquels les survivantes doivent vivre désormais, n’ont pas non plus été pris en compte.

Le procès de Kasapa a été une occasion manquée d’enquêter de manière significative sur ce qui s’est passé et de demander des comptes à tous les responsables, qu’il s’agisse des auteurs des viols ou de responsables de l’État. Les survivantes méritent une meilleure justice et de meilleurs soins, a conclu HRW.



Avec Radio Okapi

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