vendredi, juillet 23, 2021
RDC: des généraux, au passé trouble, prennent leurs fonctions à la tête de deux provinces
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RDC: des généraux, au passé trouble, prennent leurs fonctions à la tête de deux provinces



RDC: des généraux, au passé trouble, prennent leurs fonctions à la tête de deux provinces

RDC: des généraux, au passé trouble, prennent leurs fonctions à la tête de deux provinces

Les gouverneurs et vice-gouverneurs militaires et policiers nommés par le président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo après la proclamation de l’état de siège dans deux provinces de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – le Nord-Kivu et l’Ituri – ont commencé lundi à prendre leur fonction, parfois en dénonçant la complicité entre les militaires de l’armée gouvernementale et les groupes armés qui pullulent dans cette région en proie aux violences. Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-général Constant Kongba Ndima – un ancien chef militaire de la rébellion du Mouvement de Libération du congo (MLC, du chef de guerre Jean-Pierre Bemba Gombo lors de la deuxième guerre du Congo entre 1998 et 2003), est arrivé lundi à Goma, le chef-lieu de cette province, selon la presse congolaise.

Dans la province voisine de l’Ituri (sud-est de la RDC), c’est le lieutenant-général Jonny Luboya Nkashama qui a pris ses quartiers à Bunia, le chef-lieu provincial.

Les généraux Ndima et Luboya, nommés respectivement à la tête du Nord-Kivu et de l’Ituri, y remplacent, en vertu de l’état de siège décrété par M. Tshisekedi, les autorités civiles pendant la période de l’état de siège, soit 30 jours, reconductibles par quinzaine, pour tenter de mettre fin aux massacres qui endeuillent ces populations de ces deux provinces depuis plus de vingt ans.

Une certaine confusion a toutefois entouré ces nominations par une ordonnance présidentielle, qui intervertissait les rôles entre les deux généraux au passé trouble.

Certaines ONG congolaises et le site spécialisé La Libre Afrique ont toutefois souligné, en citant un rapport d’enquête de l’ONU, l’implication du général Ndima dans des massacres commis en 2002 et 2003 dans le nord-est de la RDC lors de l’opération Effacer le tableau. Cette offensive militaire du MLC avait visé une autre rébellion, le Rassemblement congolais pour la Démocratie Kisangani-Mouvement de Libération, RCD K-ML) du chef de guerre – puis ministre – Antipas Mbusa Nyamwisi.

Le gouverneur militaire désigné de la province de l’Ituri, le général Luboya Nkashama, est un ancien commandant de la 1ère zone de défense, qui inclut notamment la capitale congolaise, Kinshasa. Il avait également commandé la 13e région militaire de l’Équateur (nord-ouest de la RDC). C’est un ancien de la rébellion du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, jadis soutenue par le Rwanda).

Le général Luboya Nkashama a, comme vice-gouverneur de l’Ituri, un officier de la police nationale congolaise (PNC) comme adjoint, le commissaire divisionnaire Benjamin Alonga Boni. Lui aussi est un ancien du MLC, mais il était l’ex-adjoint du général John Numbi Tambo Banza – un proche de l’ancien président Joseph Kabila Kabange – au moment de l’assassinat, en 2010, du défenseur des droits humains, Floribert Chebeya Bahizire, et de son chauffeur, Fidèle Bazana Ebadi.

Lors de son arrivée à Goma, le général Ndima a reconnu lundi que des militaires des FARDC fournissaient des armes et des munitions aux groupes armés sévissant au Nord-Kivu et a promis de mettre fin à cette pratique.

« Oui, chers amis de la presse, les brebis galeuses ne manquent pas. Mais votre armée est disciplinée et nous essayerons de booster les choses », a-t-il affirmé.

L’officier a promis la mise en place d’une « équipe forte » de la justice militaire dans les prochains jours.

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Avec La Libre Afrique

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