dimanche, avril 18, 2021
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Christel BORIES, Présidente directrice générale du Groupe ERAMET
ActualitéEdito

GROUPE ERAMET/COMILOG : « Madame toujours plus, Christel Bories », zut, 4 ans encore !

Christel Bories maintenue au poste de présidente-directrice générale du Groupe Eramet et ce, malgré l’opposition de l’actionnaire principal du groupe minier français, la famille Duval.

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Christel BORIES, Présidente directrice générale du Groupe ERAMET

Finis les grimaces, les sourires forcés, réunis le 30 mars 2021, ERAMET a proposé la reconduction de Mme Christel Bories dans ses fonctions actuelles de Présidente directrice générale du Groupe.

L’officialisation sera faite dans les jours à venir, plus exactement le 28 mai prochain, lors de l’assemblée générale. La prorogation de « Madame toujours plus » ne fait pas la joie de tout le monde, du moins du côté gabonais.

C’est bien beau de parler de performance, extraire sans cesse plus de quantité de manganèse pour remplir les poches des actionnaires du Groupe ERAMET, croit-on que les quelques dons remis ci et là, sont comparables aux millions d’euros que récoltent le Groupe ERAMET/COMILOG au Gabon ?

Au Gabon, les quatre années écoulées sous la présidence de Christel Bories se résument en quelques mots : « telle une vache à lait, il faut toujours plus d’extraction de manganèse « .  Pour s’en convaincre, il suffit  de lire la communication du groupe, c’est le leitmotiv mis en avant.

Mais, pour adoucir et mettre de la poudre aux yeux des Gabonais, de Bruno Faour, Représentant général du groupe ERAMET/COMILOG au Gabon, en passant par l’Administrateur Directeur général, Léod- Paul Batelo, on affiche une stratégie ambitieuse avec un discours bien rodé, en prime l’engagement au plan local à travers la RSE (responsabilité sociale des entreprises)Les interlocuteurs publics applaudissent, le Président Ali Bongo Ondimba donne son aval.

Un peu de sérieux, la RSE n’est pas une faveur ou une attention toute particulière en direction des gabonais de la part de COMILOG. c’est une obligation. La RSE a été adoptée en novembre 1977 par le conseil d’administration, organe exécutif de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui est une agence spécialisée de l’ONU. Elle s’applique partout dans le monde.

Faut-il rappeler que la « Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), filiale d’ERAMET depuis 1996 », exploite le manganèse gabonais depuis 1962 ?

Le groupe français ignore-t-il que l’esclavage n’est plus d’actualité, à l’occurrence, que l’époque où les Africains troquaient de l’or contre des bouts de miroirs est révolue

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Gabon – COMILOG – Extraction de manganèse

Le gouvernement gabonais s’extasie à tort sur les prouesses déclaratives vendues clé en main par le groupe ERAMET/COMILOG, sans se poser les vraies questions.

L’extraction excessive, si elle gonfle les comptes du Groupe français, elle met au contraire en danger l’avenir des salariés et celle de la population de Moanda. Même si les réserves en minerai évoluent en fonction des nouvelles découvertes. Soyons factuels, les réserves prouvées et probables de manganèse au 1er janvier 2020 sont estimées à 210 millions de tonnes. Ce qui représente la 25% des réserves mondiales de ce minerai.

En 2019, la production dans la mine de Moanda était de 4,765 millions tonnes de minerai ; en 2020, elle était de 5,1 millions tonne ; à l’horizon 2023, le Groupe ERAMET/COMILOG compte produire au moins 7 millions de tonnes par an. « la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts », dans ce cadre précis, « qui, pour défendre celles du Gabon? »

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Bruno Faour, Représentant général du groupe ERAMET/COMILOG au Gabon

Le manganèse n’est pas une ressource naturelle inépuisable. Plus on augmente les cadences d’extraction, plus la ressource s’épuise. Un jour, on parle du ‘projet Comilog 2020’, quel temps après, on change le même projet de nom, il devient ‘projet Okouma’. Et au rythme actuel de production imposée par « Madame toujours plus » depuis la « Tour Montparnasse à Paris« , l’extinction plutôt que prévue du manganèse à Moanda est enclenchée de manière irréversible.

Même si on sait que le sort de Moanda et de ses habitants sont le cadet des soucis du Groupe ERAMET/COMILOG, dans la perspective du tarissement de la matière première, qu’est-ce qui est prévu à court terme (20-30 ans), moyen ou le long terme (50 – 100 ans), pour se substituer au manganèse, et faire en sorte que Moanda ne devienne pas une ‘énième’ ville morte ?

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LEOD-PAUL BATOLO, ADMINISTRATEUR DIRECTEUR GENERAL DE COMILOG

L’exemple le plus parlant qui explique la peur des lendemains difficiles se trouve à quelques encablures. Mounana hier, comme Moanda maintenant, avait misé son développement sur  l’exploitation de l’uranium.

Pour Moanda, les signes annonciateurs arrivent par petites touches, ‘On diminue la voilure par-ci, on gèle ou suspend un investissements par-là’.

Mounana, petite ville cosmopolite, florissante, il faisait bon y vivre, les habitants bénéficiaient d’embauches, de structures de santé, de loisir, d’établissements scolaires et divers d’autres avantages. Et puis patraque, le groupe nucléaire français « Areva« , qui exploitait l’uranium depuis 1958, a mis la clé sous la porte en 1999. Pendant quarante ans, la France a extrait au total plus de 26 000 tonnes d’uranium dans cette partie du Gabon. Cet uranium fut utilisé pour alimenter des centrales nucléaires en Europe et au Japon.

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Comilog – manganèse

Selon la Criirad, la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (COMUF) « a produit 7,5 millions de tonnes de boues radioactives, dont 2 millions de tonnes ont été déversées » dans une rivière. « Une partie de ces déchets radioactifs est à l’air libre dans la forêt voisine », souligne l’association privée, basée à Valence, au sud-est de la France.

Mounana ‘la douce’ est devenue ‘Mounana le mouroir’

Est-ce un sort semblable et funeste qui attend les habitants de Moanda plutôt que prévu grâce à « Madame toujours plus« , avec les valeurs des terrains et des maisons dévalués, et la vie économique détruite à tout jamais ?

 

DBNEWS
07 avril 2021

 

 

 

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