jeudi, avril 15, 2021
GL Boumendjel - Reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel : Gérard Longuet «Il faut juger ceux qui ont ordonné son assassinat»
Afrique

Reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel : Gérard Longuet «Il faut juger ceux qui ont ordonné son assassinat»


Reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel : « La France doit accomplir des gestes sans attendre une réciprocité algérienne » Emmanuel Macron a officiellement reconnu que l’avocat a bien été « torturé puis assassiné » le 23 mars 1957, au plus fort de la bataille d’Alger. Frédéric Bobin, journaliste au « Monde », a répondu à vos questions.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu, mardi 2 mars, « au nom de la France », que l’avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel a été « torturé puis assassiné » le 23 mars 1957, au plus fort de la bataille d’Alger, après avoir été « arrêté par l’armée française » et « placé au secret ».

La reconnaissance de l’assassinat d’Ali Boumendjel par la France ne laisse pas indifférent. Le communiqué de l’Elysée a fait réagir des responsables politiques français mais, surtout, l’extrême-droite qui enrage de ce qu’Emmanuel Macron «pleure» les victimes algériennes et «méprise» les morts français.

Gérard Longuet a dénoncé le fait que l’Etat français condamne l’exécutant et ne dénonce pas le commanditaire, c’est-à-dire le chef du gouvernement de l’époque. «Je pense que le président Macron aurait été avisé de juger d’abord le gouvernement qui a donné les ordres et qui les a couverts», a affirmé l’ancien ministre de la Défense français, dans une déclaration à la chaîne parlementaire LCP, en expliquant que «les militaires ne font jamais qu’exécuter la politique qu’on leur demande de mettre en œuvre».

De son côté, l’extrême-droite française fulmine. «En reconnaissant officiellement l’assassinat du militant FLN Ali Boumendjel par l’armée française en 1957, Macron se répand une fois de plus en mea-culpa larmoyants, au nom d’un supposé devoir de mémoire et de vérité, mais toujours à sens unique», lit-on dans un de ces médias les plus hostiles à l’indépendance de l’Algérie. Les nostalgiques de l’Algérie française, plus que jamais aigris, lynchent le locataire de l’Elysée qui «n’a pas vécu cette guerre d’Algérie puisqu’il n’était pas né» et qui «se complaît à cracher sur la France».

Emmanuel Macron en prend pour son grade : «Quand on est chef des armées de par la Constitution, ne dénoncer que la torture, sans jamais manifester la moindre reconnaissance envers ces centaines de milliers de soldats qui ont servi en Algérie, c’est tout simplement indécent», maugrée l’un d’entre eux, en accusant le chef de l’Etat français de «se vautrer dans une repentance qui ne dit pas son nom».

«Je ne trouve pas de mots suffisamment durs, suffisamment méprisants afin d’exprimer le dégoût que m’inspirent les décisions prises par le président de la République sur les recommandations du pro-Algérien Benjamin Stora», s’emporte un autre pied-noir dans le même média. «Depuis les crimes contre l’humanité commis par la colonisation française en 2017, jusqu’à la reconnaissance officielle, ces derniers jours, de la torture et de l’assassinat, par l’armée française, de l’avocat Ali Boumendjel […] et après sa repentance sur la disparition du traître Maurice Audin, jusqu’où descendra ce président dans la soumission de la France aux exigences de l’Etat algérien ?» se lamente cet ancien colon qui ne s’est toujours pas remis de la bérézina de la France en Algérie, soixante ans après la fin de la guerre.

RSA avec AP Par Kamel M



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