jeudi, mai 6, 2021
Opinion: libérer la femme congolaise, privée de ses droits
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Opinion: libérer la femme congolaise, privée de ses droits



Opinion: libérer la femme congolaise, privée de ses droits

Opinion: libérer la femme congolaise, privée de ses droits

Par Bibiche Bolobiongo, étudiante en troisième cycle à l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis).

La Journée internationale de la Femme, célébrée chaque 8 mars dans le monde entier, rappelle que les droits de la femme sont une question brûlante d’actualité, d’une importance fondamentale. En République démocratique du Congo (RDC), l’absence de prise de conscience de la femme au sujet de ses droits la met dans une position de faiblesse dans la société tant moderne que traditionnelle.

La Constitution de 2006 se réfère à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des peuples, aux conventions des Nations unies sur les droits de la femme – en particulier l’objectif de la parité de représentation homme-femme – ainsi qu’aux instruments internationaux relatifs à la protection des droits humains. Elle indique plus clairement et spécifiquement dans son article 14 que les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits…

Malgré les mesures prises par des organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l’homme et par le Gouvernement de la RDC pour lutter contre toute forme de violence faite à la femme, la situation de celle-ci ne change toujours pas et reste alarmante tant dans les milieux modernes que dans les milieux ruraux, aussi bien dans les familles qu’au travail. Nous pouvons citer: le nombre croissant des victimes de cas de violences sexuelles; la recrudescence des cas de viol; l’exposition de la femme congolaise et sa victimisation dues à la pauvreté et à la dépendance financière; la perte des droits et de la dignité féminine; la non prise en considération de la femme et de la jeune fille dans certaines cultures de la RDC s’agissant de la dot.

Dans la vie quotidienne, la femme congolaise est toujours exposée aux inégalités sociales tant dans sa famille que dans les milieux professionnels. Certains cas précis et d’actualité en témoignent. Il s’agit:

  • Des nominations à des postes de décision ou de commandement, notamment au gouvernement, dans la magistrature et même dans des entreprises publiques, qui ne respectent pas les dispositions sur l’égalité homme-femme.
  • La chosification de la femme congolaise dans différentes institutions; chacun se souvient du récent incident au Sénat, dont le président avait humilié publiquement la sénatrice Bijoux Goya Kitenge.
  • L’humiliation d’une femme, au Kongo-Central, utilisée comme objet sexuel par le gouverneur et son adjoint.
  • La traque des « Ujana », jeunes prostituées de Kinshasa accusées d’ »outrage aux moeurs publiques » parce qu’elles ne portent pas de sous-vêtements, alors que leur situation témoigne combien la jeune fille dépourvue de moyen de vivre et plongée dans la pauvreté s’expose à des maladies sexuellement transmissibles en acceptant de se prostituer ou d’être la concubine d’hommes de l’âge de son père rien que pour survivre.
  • Dans différentes églises, les filles et femmes sont exposées et violées par leurs encadreurs spirituels.
  • L’existence de femmes qui ne connaissent pas le père de leurs enfants à cause du nombre illimité de leurs partenaires sexuels, en raison de leur quête de moyens de vivre.
  • Des femmes pygmées qui sont discriminées même dans les hôpitaux ou centres de santé
  • le paiement « en nature », par des Kinoises, pour pouvoir se fournir dans des boulangeries, des chambres froides, des dépôts de charbon de bois.
  • Le phénomène des « points sexuellement transmissibles » (PST) dans les universités, instituts supérieurs et même dans des écoles secondaires.
  • Les « promotions canapé » – obtenir un poste en échange de faveurs sexuelles – dans des bureaux, parti politiques, institutions, structures privées…
  • La réduction de la femme congolaise à un objet dans certaines cultures en RDC par l’exigence d’une dot qui est en moyenne 2000 dollars à Kinshasa et 150 dollars dans certaines provinces.
  • Les mariages précoces et forcés dans certaines cultures en RDC.
  • La non scolarisation des filles au profits des garçons dans certaines familles.

Ces quelques exemples témoignent l’inégalité entre homme et femme dans la société congolaise malgré les multiples efforts fournis pour les éradiquer. Ainsi, nous lançons un cri d’alarme à toute personne de bonne volonté afin qu’elle oeuvre pour la sensibilisation de la femme congolaise afin de la rendre autonome.

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Avec La Libre Afrique

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