Gabon : Pourquoi l’article de Libération sur Bertrand Zibi est aussi critiqué dans les rangs de la majorité que de l’opposition
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Gabon : Pourquoi l’article de Libération sur Bertrand Zibi est aussi critiqué dans les rangs de la majorité que de l’opposition


Au Gabon, Libération n’est plus considéré comme une source d’information crédible tant du côté de la majorité que de l’opposition © DR


Le quotidien français de gauche radicale a publié mercredi 3 mars un article controversé censé narrer les conditions de détention de Bertrand Zibi qui réussi l’exploit de faire l’unanimité contre lui. Il est vertement critiqué tant dans les rangs de la majorité que de l’opposition. Voici pourquoi. 

Du côté de la majorité, habituée aux articles à charge de la part d’un quotidien qui a fait du « Gabon bashing » l’un de ses fonds de commerce et qui n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même (son lectorat est en constante érosion), on se plait à relever les nombreuses erreurs factuelles contenues dans le « papier ».

Exemple : « Les Gabonais ont initié en février une nouvelle forme de protestation, ils tapent chaque soir sur des casseroles pour dénoncer un confinement dû au Covid, jugé excessif », écrit le quotidien d’extrême gauche. Or, ce mouvement n’est en rien gabonais. Il a fait le tour du monde pour arriver mi-février au Gabon. Après quelques jours seulement, celui-ci s’est totalement dégonflé.

Autre exemple : « ‘la révolution des casseroles’ a fait trois morts », assure Libération. Ce qui est totalement faux. Deux Gabonais sont décédés dans des circonstances non encore élucidées suite à des troubles fin février à Libreville. Deux enquêtes, une judiciaire, l’autre administrative, sont en cours. Par ailleurs, il n’y a pas eu de troisième victime. Un jeune gabonais a été blessé à Port-Gentil suite à un tir à bout portant. Mais ces jours ne sont pas en danger.

En outre, Libération reprend la vulgate de l’opposition consistant à dire que le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est un « président virtuel ». Il n’est qu’à voir son activité (dont il est rendu compte dans les médias et sur les réseaux sociaux) pour se rendre compte que ce type d’assertion relève lui aussi du fantasme.

Enfin, sans être exhaustif et épuiser le flot de reproches fait à cet article, celui-ci repose sur une seule source : les propos de Bertrand Zibi qui ne font l’objet d’aucune vérification, d’aucun recoupement. Or, l’une des règles d’or du journalisme, c’est le fait d’assoir son propos sur au moins deux, voire trois sources.

Autre règle d’or de la profession journalistique foulée au pied : l’absence de contre-point de vue. A aucun moment, l’article ne donne le point de vue des autorités. Tout y est présenté de façon très manichéenne. Le Bien d’un côté, le Mal de l’autre. Or, comme le répétait sans cesse l’un des papes du journalisme, Pierre Lazareff, le fondateur de France soir, le journalisme justement, c’est « le point et le contrepoint ». Pour l’objectivité du propos, on repassera donc.

Un forum à 3 millions d’euros

Mais si les critiques, bien que fondées, du côté de la majorité sont sans surprise, plus surprenant est le fait que l’article de Libération est tout aussi critiqué – sinon plus – de l’autre côté du spectre politique, dans les rangs de l’opposition comme des activistes.

Ces critiques se concentrent moins sur le contenu de l’article que sur le média lui-même. Pour la frange la plus radicale de l’opposition, Libération reste le journal qui, en 2015, a organisé au Gabon un forum pour la coquette somme de… 3 millions d’euros ! Un événement que les opposants les plus radicaux n’ont toujours pas digéré.

« Au Gabon, Libération n’est plus considéré comme une source d’information crédible », commente un journaliste du grand quotidien L’Union. L’un des rares sujets qui politiquement fait consensus entre partisans de la majorité et de l’opposition.

Lire à ce sujet notre article : « Pour tenter de faire oublier son forum à 3 millions d’euros, Libération s’en prend derechef aux Bongo« 



Avec LaLibreville

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