jeudi, mai 6, 2021
Afrique

« Il n’y a aucun motif pour soutenir la prolongation de la gouvernance actuelle » : Noubatessem Jonathan


Le secrétaire général national de la Convention pour la démocratie et le fédéralisme (Cdf) Noubatessem Jonathan dépeint un tableau sombre de la situation socio-économique et politique du Tchad et demande au gouvernement de surseoir le processus.

Un système éducatif défaillant, des conditions d’études précaires, aucune amélioration des œuvres universitaires, de perspectives d’emploi inexistantes mais aussi des nominations claniques et de l’impunité sont, à en croire au secrétaire général national de la Cdf Noubatessem Jonathan le bilan des 30 années de règne d’Idriss Déby Itno.
D’après lui, les manifestations de ces dernières semaines sont légitimes. « Nous ne saurons rester silencieux face aux répressions disproportionnées des forces de l’ordre qui s’acharnent contre une jeunesse qui ne fait qu’exprimer par des moyens constitutionnels l’expérience de son désespoir envers un régime défaillant sur tous les plans », assure-t-il.
Le parti fait siennes les revendications de ces jeunes. « Bien qu’ayant toujours soutenu ces revendications, nous avons jusqu’à présent suivi ces manifestations avec réserve, parce que nous pensons qu’il y a encore une marge pour le régime d’adopter une position de sagesse et de bon sens », informe Noubatessem Jonathan qui prévient : « cela peut évoluer selon les circonstances. Nous recommandons au régime la seule solution qui reste valable pour tout le monde : d’organiser les conditions d’une alternance pacifique ».
Le secrétaire général national de la Convention pour la démocratie et le fédéralisme (Cdf) demande au gouvernement de surseoir le processus électoral, qui, selon lui, est vicié autant dans les textes qui l’encadrent que dans les organes qui le pilotent. Il exige l’organisation d’un dialogue inclusif pour, dit-il, « débattre de l’ensemble des problèmes du pays de manière sincère, pour déboucher sur une transition ». Pour lui, ce sont les organes de transitions qui vont créer les conditions d’élections libres et transparentes, selon l’accord du 13 août 2007.
Noubatessem Jonathan dénonce par ailleurs le silence complice de la Communauté internationale. « Nous lançons un appel à la communauté internationale de ne pas répéter les erreurs du passé : adopter une position de silence complice pour n’intervenir que quand le pire aura été commis, comme dans d’autres pays africains. Nous l’invitons à sortir de la politique du tout-sécurité pour aider à créer les conditions d’une alternance pacifique. Le peuple saura le moment venu remercier ceux qui se seront tenus à ses côtés », insiste-t-il.
Tout en reconnaisant les mérites du régime actuel, le secrétaire général national de la Cdf estime que « n’importe quel dirigeant tchadien aura donc tous les moyens humains pour contrer le terrorisme, en respectant les droits de l’homme et en promouvant le développement ».

Stanyslas Asnan



Avec LePaysTchad

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