dimanche, mars 7, 2021
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Afrique

RDC: Tshisekedi rencontre Katumbi et Bemba au sujet de « l’Union sacrée »


Comment définir « l’Union sacrée de la nation » ? Le débat est encore loin d’être terminé. Le président Félix-Antoine Tshisekedi et ses principaux alliés Jean-Pierre Bemba du MLC et Moïse Katumbi d’Ensemble pour la République en ont discuté lors de leur dernière rencontre mercredi soir à Kinshasa. A eux s’est joint Jean-Marc Kabund, le président intérimaire de l’UDPS. Que s’est-il dit ?

Comme lors de leur précédente rencontre du 26 décembre, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont insisté pour connaitre l’objectif de l’Union sacrée de la nation. Quel contenu le président Félix-Antoine Tshisekedi donne-t-il à sa vision ?

Selon nos sources, les deux hommes soulignent la nécessité de l’inscrire dans les besoins et les problématiques du quotidien des Congolais. Comme la persistance de l’insécurité et les tueries dans l’Est, les violations de l’intégrité du territoire, l’économie, ou la gratuité de l’enseignement qui connaît une application difficile.

A cette liste, il convient d’ajouter les droits basiques qui ne sont pas respectés : la santé, l’alimentation, l’accès à l’eau et l’électricité… « Il est important de privilégier un contrat qui reflète les priorités d’une gouvernance au service du peuple », affirme Chérubin Okende, député national du mouvement de Moïse Katumbi.

L’arrivée massive de membres du FCC inquiète les deux leaders de Lamuka, notamment la possibilité de voir d’anciens soutiens de Joseph Kabila négocier la présidence du prochain bureau de l’Assemblée nationale.   

Autre sujet : faut-il parler de réconciliation et de consolidation de la cohésion nationale ? s’interroge un proche de Moïse Katumbi, qui dit attendre le rapatriement des dépouilles du président Mobutu et du premier ministre Tshombe.

 La société civile craint un ralentissement de la lutte contre la corruption.

Pour réaliser l’Union sacrée, le président Tshisekedi rallie en ce moment des personnalités pro-Kabila, ce qui inquiète le collectif « Le Congo n’est pas à vendre » qui regroupe une vingtaine d’ONG. Car parmi les ralliements, on trouve des personnalités et gestionnaires soupçonnés de corruption tentées de se soustraire à la justice.

Les faits sont assez parlants, avec l’affaire APLC, dont aucune personne, aujourd’hui, n’a été sanctionnée officiellement par le président de la République. Nous parlons également de l’IGF, qui est aussi une institution qui dépend du président de la République, qui est en train de recruter deux personnes qui sont accusées de faits de corruption. Nous parlons de la grâce présidentielle accordée à des personnes condamnées pour détournement de deniers publics. Nous avons l’impression que d’autres, aujourd’hui, au regard de leur prise de position politique, essaient de trouver en l’Union sacrée un moyen de pouvoir échapper à la justice. Mais je pense que le chef de l’État, qui ne cesse de rappeler à qui veut l’entendre qu’il veut lutter contre la corruption, ne devra pas s’entourer de gens qui, au lieu de l’aider à bâtir ce pays, vont le détruire davantage.

RSA avec RFI correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda Muzembe



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