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Un roi s’en va ! Un autre s’en vient ! Ainsi, peut-on s’exclamer à l’issue de la cérémonie d’investiture du 46e président américain, intervenue le 20 janvier 2021. En effet, après quatre années de règne caractérisées par des excentricités à nulles autres pareilles, Donald Trump, battu à plate couture à l’occasion de la présidentielle du 3 novembre 2020, a finalement plié bagage de la Maison Blanche où vient de s’installer son successeur Joe Biden. En attendant de le voir à l’œuvre, ce dernier, depuis son élection à la tête du plus puissant Etat au monde, bénéficie de préjugés favorables en Afrique. Car, l’homme, déjà en campagne, s’était montré soucieux de la jeunesse africaine tant et si bien qu’il a promis de revitaliser le programme « Yali » (Young African Leaders) créé par Barack Obama et royalement ignoré par Donald Trump qui, en plus de tenir des propos injurieux vis-à-vis de l’Afrique, s’en souciait comme d’une guigne. Rappelons que le programme « Yali » permettait à plusieurs jeunes Africains d’obtenir des bourses et de poursuivre leurs études dans des universités africaines.

En tout cas, le nouveau président américain dont l’Administration fait la part belle à la diversité puisqu’on y compte des cadres afro-américains, entend regagner la confiance de l’Afrique et cela à travers un partenariat « respectueux ». Rien que l’emploi de ce terme en dit long sur l’attitude de la nouvelle Administration américaine qui tranche avec l’indifférence dont a fait montre Donald Trump qui avait poussé le bouchon très loin jusqu’à couper les budgets de certaines opérations humanitaires et de maintien de la paix.

Les peuples africains gagneraient à comprendre qu’ils ne doivent compter que sur eux-mêmes

Cela n’a rien d’étonnant d’autant que le président américain sortant qui a longtemps considéré le continent africain comme un « pays », faisait preuve d’une inculture notoire et s’était entouré de gens qui savaient à peine situer le Nigeria sur la carte du monde à plus forte raison d’en connaître les réalités sociopolitiques. Dès lors, la politique américaine vis-à-vis des « pays de merde», ne pouvait être que ce qu’elle a été sous Trump, c’est-à-dire orientée vers la diplomatie du mépris et la condescendance. Certes, il est vrai que le 46e président américain promet de restaurer les liens diplomatiques entre les Etats- Unis et l’Afrique. Mais il ne faudra pas, de ce fait, croire que Joe Biden est notre président au point de tout attendre de lui.   A preuve, il n’a fait aucune mention de l’Afrique durant son premier discours. Comme Barack Obama, Joe Biden fera ce qu’il peut mais il ne saura jamais se substituer aux chefs d’Etat africains dont beaucoup s’illustrent par la mal gouvernance sur fond de corruption et de détournements de deniers publics.

Cela dit, les peuples africains gagneraient à faire preuve d’un optimisme mesuré et à comprendre qu’ils ne doivent compter que sur eux-mêmes pour l’avènement d’un vrai changement sur le continent. Car, si les jeunes Nigérians, Soudanais et Somaliens se plaignent des mesures restrictives de visas imposées à leurs pays respectifs par Donald Trump, c’est parce qu’au plan interne, il leur manque cruellement des opportunités d’emplois.

 

B.O