jeudi, janvier 21, 2021
La Camerounaise Djaïli Amadou Amal met à nu dans « Les Impatientes » les violences contre les femmes au Sahel
Afrique

Djaïli Amadou Amal remporte le 33ème Prix Goncourt avec son roman « Les Impatientes »


Djaïli Amadou Amal dénonce dans Les impatientes la condition faite aux femmes, au Cameroun, sous le régime de la polygamie. La Camerounaise Djaïli Amadou Amal (née en 1975 à Maroua, dans l’Extrême-nord du pays) vient de remporter le 33e Goncourt des Lycéens pour Les Impatientes, un roman courageux, qui analyse du dedans les conséquences du mariage forcé et de la polygamie, via la destinée de trois femmes au sud Sahel. 

Djaïli Amadou Amal est la première auteure africaine à s’attaquer à des sujets aussi sensibles. Le livre figurait sur la dernière liste du prix Goncourt.

Mariée de force à 17 ans

«  L’écriture est simple et touchante et sonne juste, sans lyrisme superflu. C’est un livre subtil qui permet d’observer la question du mariage forcé par le prisme de ce témoignage émouvant », a déclaré, par visioconférence, la présidente du jury lycéen Clémence Nominé.

Djaïli Amadou Amal remporte le 33ème Prix Goncourt avec son roman « Les Impatientes »

Publié en 2017 au Cameroun sous le titre Munyal, les larmes de la patience  (Éditions Proximité), le roman – qui a déjà obtenu le prix Orange du livre en Afrique 2019 – est situé au Cameroun au sein de familles peules et musulmanes sédentarisées. Il s’inspire de la propre expérience de Djaïli Amadou Amal, mariée de force à 17 ans à un polygame. On serre les poings face aux vies de Ramla, sa sœur Hindou, mariées le même jour et Safira, devenue coépouse de la première.

Ces vies en pointillé sont scrutées de l’intérieur, vouées qu’elles sont aux codes oppressants du patriarcat, esclaves d’hommes-rois dans leur ménagerie.

La polygamie est mise à jour au quotidien : partage contraint de l’époux, escalades dans les mesquines vengeances, homme à satisfaire pour «  garder sa place », usage des marabouts jeteurs de sorts. Djaïli Amadou Amal dit les paroles empêchées, la cohabitation dans les espaces aliénants des concessions, la morgue du mâle et les douleurs morales des épouses. « Les Impatientes » est son premier roman publié en France.

L’intérêt des jeunes sur le sujet des violences faites aux femmes

Féministe, la romancière a fondé et préside l’Association Femmes du Sahel. À l’annonce du prix, elle s’est dite «  émue » et «  très sensible » au choix des lycéens. L’intérêt des jeunes gens sur le sujet des violences faites aux femmes «  signifie un espoir pour l’avenir ».

Pour la phase finale du Goncourt des Lycéens, un jury national, composé de 12 lycéens, a débattu mercredi matin à huis clos à distance. Traditionnellement proclamé à Rennes, ville où il a été créé il y a plus de 30 ans, ce prix a été annoncé par visioconférence, en présence du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Le Goncourt des Lycéens est un des prix les plus prescripteurs pour les ventes de livres.

RSA avec humanite par Muriel Steinmetz



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