lundi, novembre 23, 2020
Gabon | Ali Bongo Ondimba | Sortie grotesque dans les rues défoncées de la capitale : une maladroite tentative de redorer son blason.
Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020- Dans le véhicule, avait pris place en autre : Ali Bongo et son 1er ministre, Mme Rose Christiane Ossouka Raponda
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Gabon | Ali Bongo Ondimba | Sortie grotesque dans les rues défoncées de la capitale : une maladroite tentative de redorer son blason.

Plus de 24 mois après un accident vasculaire cérébral en Arabie Saoudite, survenu le 24 octobre 2018, et à moins de trois ans de la prochaine présidentielle, si ce n’est avant, Ali Bongo Ondimba et son entourage, qui prennent un peu les Gabonais pour de grands enfants, ont montés l’opération “une petite virée dans les rues défoncées de la capitale”

Gabon | Ali Bongo Ondimba | Sortie grotesque dans les rues défoncées de la capitale : une maladroite tentative de redorer son blason.
Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020- Dans le véhicule, avait pris place en autre : Ali Bongo et son 1er ministre, Mme Rose Christiane Ossouka Raponda


Ainsi décidé, tout ce beau monde, à bord de 4×4 rutilants, photographes et services de communication, ont sillonnés quelques artères de la capitale, histoire de faire croire aux populations abandonnés à eux-mêmes, qu’ils peuvent compter sur un régime qui a érigé la prédation et l’opacité en mode gouvernance. Cherchez l’erreur!

Gabon | Ali Bongo Ondimba | Sortie grotesque dans les rues défoncées de la capitale : une maladroite tentative de redorer son blason.
Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020-3

 

“Présidentialiser qui ?”

Autre chose qui chiffonne les observateurs de la vie politique Gabonaise, et plus particulièrement ceux qui suivent de près les faits et gestes du palais présidentiel. Qui a décidé de  la sortie, le coordinateur général des affaires présidentielle, Noureddin Bongo Valentin, le désormais vrai homme fort avec sa mère Sylvia Bongo, ou comme ils le prétendent tous, un acte de celui qui est encore constitutionnellement parlant, le Chef de l’Etat en poste ?

Il y a scepticisme car l’entourage d’Ali Bongo, les médias gouvernementaux n’ont pas arrêtés de produire de fausses informations, comme la visite de Faure Gnassingbé chez Ali Bongo en juillet dernier qui n’a jamais eu lieu.

 

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Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020-2

“L’enjeu de crédibilité”

11 ans après son arrivée au pouvoir, Ali Bongo Ondimba, joue au “yoyo” face au désenchantement et la souffrance quotidienne de ses concitoyens, “de toute façonil n’est responsable de rien, ce sont toujours les autres! “

Le disque est rayé. La déchirure du corps social a pris une ampleur d’un niveau qui n’avait jamais été atteint par le passé. La covid-19 qui n’est pas responsable du gâchis, elle n’a fait qu’accentuer les effets désastreuses. Aujourd’hui, comme sonnésles Gabonais ont besoin d’être rassurés sur leur avenir et celui de leur pays, et non de plan média pour redorer le blason d’un homme qui n’a été interviewé par aucun journaliste face à face depuis deux ans.

Un peu de sérieux, les trous, les crevasses, les petits lacs avec de l’eau stagnante, etc… où sont passés les prêts des banques et institutions (islamique, banque africaine de développement, fonds monétaire international, banque mondiale, l’aide bilatérale, multilatérales, l’argent des contrats publics-privés, etc… qui avaient pour objet de doter le pays d’infrastructures?

Sauf qu’à y regarder de près, on constate qu’Ali Bongo Ondimba croule sous les milliards, et est l’un des Chefs d’Etats les plus riches d’Afrique, nombreux de ses proches également comme Maixent Accrombessi, Liban Soleman et beaucoup d’autres, question:  où vient l’argent?

 

Flash-back : Les errements d’Ali bongo ondimba et compagnie!

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Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI).

25 Février 2010, par ordonnance no. 004/PR/2010, était créé à l’initiative du Président de la République gabonaise, l'”‘Agence Nationale des Grands Travaux (ANGT)”. En regroupant “la direction générale de la stratégie des travaux publics ; la direction générale des infrastructures ; la direction générale du bâtiment et des équipements collectifs et la direction générale de l’assainissement“, l’Etat visait à répondre plus rapidement aux besoins croissants  en matière d’infrastructure.

Cette démarche s’inscrivait “dans le cadre de la réforme des structures administratives du secteur des infrastructures et des travaux publics, qui ont pour objectif global d’optimiser l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques dudit secteur “, selon le gouvernement de l’époque.

2016, le gouvernement décide d’aller plus loin et de fusionner le Fonds d’entretien routier (FER) et de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT), pour ne former qu’une seule et unique entité  “l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures ( ANGTI)“.

02 octobre 2020 : Patraque,  sans tambour ni trompette, le conseil de ministres tenu par visioconférence vendredi 2 octobre 2020,  entérinait la suppression de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI). Le mort d’ordre semblerait-il, est “Circulez, il n’y a rien à dire “

Être au four et au moulin”

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Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020-5

Pour un pays qui ne compte que moins 2 millions , ce dossier est le symbole de l’incompétence notoire avérée des gouvernants, en commençant par le premier d’entre-eux, Ali Bongo Ondimba, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef suprême des armées, Président du Conseil supérieur de la Magistrature, et malgré le fait que la fonction première ait été incompatible au regard de la constitution, l’homme ali bongo ondimba était aussi le Président du Conseil d’administration (PCA) de l’ANGTI.

Tout ce qui concerne cette entité jusqu’à son abrogation se décidait directement et exclusivement au palais de la présidence de la république.

Pierre angulaire du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), aucune réaction des députés et de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil Economique Social et Environnemental, la Cour des comptes du Gabon, la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), etc.  La pompe à fric de la présidence de la république garde donc tous ses secrets

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Gabon – sortie spectacle du gouvernement, 4 novembre 2020

“le discrédit” est total

Fissure de la Concorde nationale, flot de promesses contre peu de réalisations. Ali Bongo Ondimba et son équipe savent promettre. Autour d’eux, des experts parlent d’analyses et perspectives, etc. Mais les faits sont tenaces, comme un assassin qui revient sur les lieux de son crime, les larmes de crocodile en sus, Ali Bongo Ondimba et son équipé sont venus constater la faillite et l’égoïsme des années à se gaver sans vergogne, sans souci des autres. Le pouvoir Gabonais qui dispose d’un service de renseignement intérieur hors pair est bien informé, n’a pas besoin de cet type d’escapade  pour connaitre la réalité du pays. En effet, entre doléances, demandes directes, etc… Il y a suffisamment d’éléments pour agir.

La théâtrale sortie empreint de pure cynisme du 4 novembre, n’avait pour finalité que de  redorer l’image d’un pouvoir à bout de souffle et géré par personnes interposées. La mission est difficile, voire impossible tant les attentes sont grandes et le climat explosif.

Impact sur les finances publiques

Les politiques irresponsables : de 2009 et 2019, selon Mays Mouissi, la dette publique est passée de 1300 à 5320 milliards de francs. Toujours d’après Mays Mouissi, “En 2009, la dette du Gabon représentait 18% du PIB, soit à peu près 1300 milliards de francs CFA”.  Sans trop d’erreur, au moins une bonne moitié de cette dette est imputable à la gloutonne  de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI).

 
Anne Marie DWORACZEK-BENDOME
04/11/2020

 

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