samedi, novembre 28, 2020
[Analyse] Pourquoi les pays asiatiques ont été les plus efficaces face au Covid-19
Gabon

[Analyse] Pourquoi les pays asiatiques ont été les plus efficaces face au Covid-19


Taïwan ne compte que 7 morts pour 21 millions d’habitants depuis le début de la crise du Covid-19 © DR


De tous les pays développés dans le monde, les nations de l’est de l’Asie, de plus en plus pris en modèle en Afrique, sont celles qui ont le mieux géré la pandémie de Covid-19 alors même qu’elles ont des populations âgées. Voici quelques raisons de leur succès.

● L’expérience du Sras et du Mers

Les pays asiatiques qui ont eu la réaction la plus rapide et la plus franche face au Covid-19 sont ceux qui ont été ébranlés par les deux précédentes épidémies de coronavirus, le Sras parti de Chine en 2003 et le Mers qui avait émergé au Moyen-Orient en 2012 et était arrivé en Corée du Sud en 2015. Ces deux épidémies ont fait peu de morts, 774 et 866 respectivement, mais la propagation très rapide de ces virus mortels, notamment par avion, a eu des impacts très sévères sur les économies. Et les populations s’en souviennent.

● Des réactions franches et rapides

C’est un principe directement dicté par la propagation exponentielle d’un nouveau virus: pour arrêter l’épidémie, il faut agir vite, de manière décisive. Après des débuts chaotiques en janvier, et la tentation de cacher la gravité de la situation, la Chine a ensuite réagi sans hésiter. La quarantaine rapide de Wuhan et de sa région, suivis du confinement de centaines de millions de Chinois ont permis à Pékin d’éviter la propagation de l’épidémie dans le pays.

● Fermeture des frontières

Le premier réflexe de protection des pays voisins de la Chine en début d’épidémie, qui allait à l’encontre de la doctrine de l’OMS, fut de fermer d’abord les liaisons aériennes avec Wuhan, puis les frontières. Le plus rapide, et le plus efficace à ce titre, fut Taïwan, qui ferma les liaisons avec la Chine continentale dès le mois de janvier, et interdit l’accès du pays aux non-résidents en mars. Le pays n’a depuis compté aucune contamination sur son territoire, et n’a eu que quelques cas importés. Il ne compte à ce jour que 7 décès liés au Covid, tous importés.

● La culture du masque et des gestes barrières

Dans de nombreux pays d’Asie, le port du masque dans les lieux publics et les transports en commun lorsqu’on est malade était déjà un réflexe de santé publique perçu comme évident bien avant la pandémie. Une pratique qui a grandement aidé au contrôle de l’épidémie, notamment à Hongkong malgré les nombreux échanges avec le continent. Le Sras et le Mers avaient d’ailleurs contribué à généraliser ce geste barrière, qui a mis de longs mois à s’imposer en dehors d’Asie.

● Des plans pandémiques robustes

Après les traumatismes que furent le Sras et le Mers, la plupart des pays d’Asie avaient des plans précis pour répondre à l’émergence d’un nouveau pathogène. Le cas de la Corée du Sud est exemplaire. Le pays avait voté une loi qui donnait des droits d’exception au ministère de la Santé en cas d’épidémie. Une disposition qui a immédiatement rendu possible la géolocalisation précise de toutes personnes infectées, et permis de faire un traçage très efficace des cas contacts, ensuite isolés de manière très stricte.

Source : Le Figaro



Avec LaLibreville

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