jeudi, octobre 22, 2020
Soudan, report du procès de l'ancien président Omar el-Bachir au 6 octobre 2020
Justice | Omar el-Bachir, ancien président du Soudan/
ActualitéAfrique

Soudan, report du procès de l’ancien président Omar el-Bachir au 6 octobre 2020

Le procès de l’ancien président soudanais Omar el-Bachir, jugé pour son rôle dans le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1989, a de nouveau été reporté, au 6 octobre, a annoncé mardi le président du tribunal. L’audience de mardi, diffusée à la télévision soudanaise, était la cinquième depuis le début du procès le 21 juillet.  L’examen des faits a été reporté à plusieurs reprises, à chaque fois en raison de questions de procédure. “La prochaine audience aura lieu le 6 octobre“, a affirmé le juge Essam el-Din Mohamed au cours de cette nouvelle audience expéditive.

Soudan, report du procès de l'ancien président Omar el-Bachir au 6 octobre 2020
Justice | Omar el-Bachir, ancien président du Soudan/

Le président déchu et plusieurs des accusés risquent la peine de mort pour avoir renversé le gouvernement démocratiquement élu du Premier ministre Sadek al-Mahdi en 1989, lors du troisième coup d’Etat depuis l’indépendance du Soudan en 1956.

Agé de 76 ans, Omar el-Bachir a été destitué et arrêté par l’armée en avril 2019 après des mois de révolte populaire. Dans un autre procès, il a été condamné à deux ans de prison pour “corruption” en décembre 2019. Il est actuellement détenu à Khartoum. M. Bachir est également recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour “crimes contre l’humanité” et “génocide” au Darfour (ouest), région déchirée par un conflit meurtrier depuis près de deux décennies. Ce conflit qui a débuté en 2003 a fait au cours des premières années au moins 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

En février, le gouvernement de transition au Soudan a pris l’engagement verbal de favoriser la comparution d’Omar el-Bachir devant la CPI, à une date indéterminée. Et depuis fin août, un accord de paix paraphé par Khartoum et des groupes insurgés prévoit la formation d’un tribunal spécial dédié aux crimes commis au Darfour, devant lequel M. Bachir pourrait également comparaître.

Autant du règne !

Soudan, report du procès de l'ancien président Omar el-Bachir au 6 octobre 2020
Omar el-Bachir, ancien président du Soudan

Africanews.com : Rappel des principales dates de la présidence d’Omar el-Béchir, 75 ans, qui a démissionné jeudi après plusieurs semaines de contestation déclenchées le 19 décembre 2018 par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

1989-1999 : militaires et islamistes au pouvoir

Le 30 juin 1989, le général Omar el-Béchir prend le pouvoir grâce à un coup d’Etat soutenu par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan Tourabi.

Le Soudan donne asile à des islamistes, notamment au chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden qui y reste jusqu’en 1996.
Une lutte pour le pouvoir en 1999 aboutit au limogeage de Tourabi.

2003 : conflit au Darfour

En 2003 une rébellion éclate au Darfour, vaste région de l’ouest, qui réclame la fin de la “marginalisation économique” et un partage du pouvoir avec Khartoum.

Depuis, ce conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l’ONU. Le niveau de violences a largement diminué ces dernières années.

Omar el-Béchir fait l’objet de deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité (2009) et génocide (2010) au Darfour.

2005 : accord de paix avec le Soudan du Sud

Le 9 janvier 2005, après plus de 21 ans de guerre civile (deux millions de morts, quatre millions de déplacés), un accord de paix est signé entre Khartoum et la rébellion sudiste, prévoyant une autonomie du Soudan du Sud avant un référendum sur l’indépendance en 2011.

2010 : premières élections multipartites

En avril 2010, Béchir est élu lors des premières élections multipartites depuis 1986, boycottées par l’opposition et critiquées à l‘étranger. Il est réélu en 2015.

2011 : sécession du Sud, rébellions

Le 9 juillet 2011, le Sud proclame son indépendance, six mois après un référendum en faveur de la sécession. Restent à régler le partage des revenus pétroliers, la frontière et le statut de zones contestées.

Parallèlement, des rébellions éclatent dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, frontaliers du Soudan du Sud.

2012 : combats Nord-Sud pour le pétrole

Au printemps, combats intenses à la frontière entre les deux Soudans. Avec la sécession, Khartoum a perdu les trois quarts des réserves pétrolières. Le Sud, enclavé, dépend des infrastructures du Nord pour exporter. En avril, le pétrole transite à nouveau par le Soudan, après plus d’un an d’interruption qui a mis les deux économies à genoux.

2013 – 2014 : contestation sans précédent

En septembre 2013, des manifestations contre une hausse de plus de 60% du prix des carburants se soldent officiellement par des dizaines de morts, plus de 200 selon Amnesty.

En janvier 2014, Béchir appelle à une “renaissance” politique et économique après la dissidence de plusieurs figures du régime réclamant des réformes.

2016 : référendum au Darfour

En avril 2016 un référendum controversé au Darfour, boycotté par l’opposition, maintient la division en cinq Etats de cette région.

En août des négociations échouent entre le pouvoir et les rebelles sur la cessation des hostilités au Darfour, au Nil Bleu et au Kordofan-Sud.

Fin septembre, Amnesty accuse les forces gouvernementales d’avoir procédé à plusieurs attaques chimiques, tuant des civils dans l’Ouest. Khartoum dément.

En novembre, le Soudan augmente le prix des carburants d’environ 30%, provoquant des grèves nationales.

2017 : fin de l’embargo

Le 6 octobre 2017, les Etats-Unis lèvent l’embargo sur le Soudan, qui reste toutefois sur la liste noire américaine des “Etats soutenant le terrorisme”.

2018 : manifestations réprimées

Début 2018 des manifestations contre l’inflation des denrées alimentaires sont rapidement contenues avec l’arrestation d’opposants.

En août, le parti au pouvoir désigne Omar el-Béchir candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, alors que la Constitution en autorise deux.

19 décembre 2018 : début des contestations

Depuis le 19 décembre 2018, le pouvoir est confronté à une vague de manifestations contre le triplement du prix du pain, qui s’est transformée en contestation du régime.

Le 1er janvier 2019, une vingtaine de formations politiques réclament un changement de régime.

Le 14 janvier, après près d’un mois de contestation réprimée, avec officiellement 24 morts, le président assure que le pouvoir ne cédera pas.

11 avril 2019 : démission

La grande mobilisation populaire qui secoue le Soudan depuis près de 100 jours aura eu raison de lui. Le chef de l’État Omar Al Bashir a démissionné selon des sources gouvernementales, et des consultations sont en cours pour former un conseil de transition.

 

Avec AFP
22 septembre 2020

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