jeudi, avril 15, 2021
01 09 2020 economie Algerie - Afrique du Nord | Economie | Zone de libre-échange entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) : Quinze ans de déséquilibre commercial.
MOULOUD HEDIR, ÉCONOMISTE ET EXPERT DES POLITIQUES COMMERCIALES
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Afrique du Nord | Economie | Zone de libre-échange entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) : Quinze ans de déséquilibre commercial.

Mouloud Hedir qui a fait partie de l’équipe des négociateurs algériens pour l’adhésion à l’OMC, estime que l’accord commercial avec l’UE n’est pas un modèle de succès. Il y a comme un accord tacite entre les deux partenaires que les choses restent en l’état jusqu’à ce que de nouvelles discussions soient engagées.

01 09 2020 economie Algerie - Afrique du Nord | Economie | Zone de libre-échange entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) : Quinze ans de déséquilibre commercial.
MOULOUD HEDIR, ÉCONOMISTE ET EXPERT DES POLITIQUES COMMERCIALES

 

 

 

 

 

 

La zone de libre-échange entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) devrait entrer en vigueur au début du mois en cours. Cependant, le gouvernement algérien remet sur la table la revendication d’une nécessaire réévaluation de l’accord d’association.

Lors d’un Conseil des ministres, le président de la République a donné instruction au ministre du Commerce à l’effet “de procéder à une évaluation des accords commerciaux multilatéraux, régionaux et bilatéraux, notamment le dossier sur l’accord d’association avec l’UE qui doit faire l’objet d’une attention particulière faisant valoir nos intérêts pour des relations équilibrées”.

Cette volonté affichée par l’Algérie de revisiter l’arrangement contracté avec la partie européenne était déjà inscrite dans le plan d’action du gouvernement, qui “envisage d’engager une profonde évaluation et révision des accords de libre-échange existants”.

L’appréhension quant à l’impact négatif de l’accord d’association avec l’UE, mal négocié et mal préparé, a été souvent soulevée par les entreprises algériennes sans donner lieu, jusque-là, à une réflexion sur les voies et moyens d’y faire face.

Mais pour le gouvernement de l’époque, en 2002, la signature de l’accord d’association avait des impératifs politiques, “sortir l’Algérie de l’isolement”, avait indiqué Halim Benatallah, principal négociateur de l’accord, en 2015, lors d’une rencontre organisée par le Cercle d’action et de réflexion sur l’entreprise. En d’autres termes, c’est la dimension politique qui a prévalu au moment de la signature de l’accord.

Dans un document relatif au programme indicatif national 2007-2010, l’Union européenne (UE) avait souligné que la ratification de l’accord d’association a été un exercice difficile pour le pouvoir algérien qui a principalement misé sur l’ancrage politique à l’UE. L’Algérie aurait pu atténuer les effets négatifs de l’accord d’association en engageant les réformes nécessaires et en mettant à niveau son tissu d’entreprises.

Rien n’a été fait pour rendre l’économie nationale compétitive. Les différents programmes de mise à niveau, réalisés par les gouvernements successifs, ont été décevants. Quinze ans après son entrée en vigueur, l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne présente un bilan fortement déséquilibré.

Les importations algériennes en provenance de l’Union européenne sont évaluées à 320 milliards de dollars entre 2005 et 2019, alors que les exportations algériennes hors hydrocarbures à destination de l’UE ne sont que de 15 milliards de dollars, durant la même période.

La directrice de la Chambre algérienne du commerce et de l’industrie, Mme Wahiba Bahloul, a évoqué, au début de l’année, une perte fiscale de 2 milliards de dollars. Mais au-delà de la nécessité de revoir l’accord d’association signé avec l’Union européenne, c’est tout le système qui régule actuellement les échanges extérieurs de l’Algérie, organisé pour promouvoir l’importation, qu’il faudrait revisiter.

Comme le souligne l’économiste Mouloud Hedir, pour l’avenir, l’Algérie a besoin de revisiter en profondeur sa politique d’échanges extérieurs et de la mettre au service de ses intérêts économiques. En attendant, il y a comme un accord tacite entre les deux partenaires que les choses restent en l’état jusqu’à ce que de nouvelles discussions soient engagées.

Avec Liberte-algerie | Auteur : Meziane RABHI

01/09/2020

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