lundi, juillet 6, 2020
Mali: élections maintenues malgré le rapt du chef de l’opposition
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Mali: élections maintenues malgré le rapt du chef de l’opposition



Mali: élections maintenues malgré le rapt du chef de l’opposition

Mali: élections maintenues malgré le rapt du chef de l’opposition

Par Marie-France Cros.

Le gouvernement malien a décidé de maintenir les élections législatives – déjà reportées plusieurs fois- pour ce dimanche 29 mars, malgré le rapt du chef de l’opposition par des hommes armés non identifiés, mercredi.

Mercredi soir, le principal parti d’opposition, l’Union pour la République et la Démocratie (URD), a annoncé la disparition inquiétante de son chef Soumaïla Cissé, 70 ans, en compagne électorale dans son fief de Niafunké, au centre du Mali. Après avoir quitté Saraféré à 15 h 30,il n’était pas arrivé à Koumaïra, à une heure de route, où il était attendu avec une dizaine de personnes de sa délégation. Aucune n’était joignable par téléphone. Quelques heures plus tard, le gouvernement confirmait les disparitions.

Groupe armé non identifié

Jeudi matin, l’URD annonçait que le chef opposant – un ancien secrétaire général à la Présidence, plusieurs fois ministre et candidat à la présidentielle – avait été « enlevé » par « un groupe armé non encore identifié ». Le parti ajoutait que le garde du corps du septuagénaire avait été tué dans un échange de tirs avec les ravisseurs et deux membres de la délégation blessés. Sept personnes ont été enlevées avec Soumaïla Cissé.

Mais par qui ? Les yeux se tournent vers les combattants djihadistes qui infestent le nord et le centre du Mali. Des groupes se réclamant d’Al Qaida opèrent en effet dans la zone de Niafunké. La semaine dernière, un autre candidat aux législatives y avait été enlevé et libéré après 24h, selon Jeune Afrique.

Une source citée par l’AFP, qui évoque un proche des deux blessés, met en cause « un radical opposé à la tenue des élections » de dimanche.

Bamako a perdu le contrôle

Le nord et le centre du Mali ont été le théâtre de nombreux rapts depuis 2012, quand trois groupes islamistes avaient pris le contrôle de la moitié septentrionale du pays et y avaient imposé la charia. Chassés en 2013 par l’armée française, ils y sont peu à peu revenus sous forme de petits groupes armés qui sèment l’insécurité. De facto, Bamako a perdu le contrôle de la moitié du pays.

L’URD a demandé l’appui des forces françaises Barkhane (5000 hommes) qui luttent contre les combattants islamistes, ainsi que celui de la Minusma (Mission de l’ONU au Mali, 13.000 hommes) pour retrouver son chef. Les casques bleus ont annoncé qu’ils participeraient aux recherches

Les autorités de Bamako ont décrété mercredi sori l’état d’urgence sanitaire après la détection de deux cas de coronavirus, des Maliens rentrés de France à la mi-mars. Il s’ajoute à l’état d’urgence sécuritaire en vigueur, en raison de la menace djihadiste. Un couvre-feu de 21 h à 5 h est en place depuis jeudi.

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Avec La Libre Afrique

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