Le capitaine et sept membres de l’équipage d’un pétrolier grec enlevés au Cameroun
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Le capitaine et sept membres de l’équipage d’un pétrolier grec enlevés au Cameroun


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Le capitaine et sept membres de l’équipage d’un pétrolier grec enlevés au Cameroun

Le capitaine et sept membres de l’équipage d’un pétrolier grec enlevés au Cameroun

Un pétrolier grec ancré au large d’un port du Cameroun a été pris d’assaut dans la nuit de lundi à mardi par un groupe de personnes « armées » qui ont enlevé le capitaine et sept membres de son équipage, selon le ministère grec de la Marine marchande et l’armateur du pétrolier.

Pendant l’attaque du Happy Lady, au large du port de Limbé, un membre grec de l’équipage comptant 28 marins a été blessé à la cheville par le ricochet d’une balle.

Il a été transféré à un hôpital local et « ses jours ne sont pas en danger », a dit à l’AFP un représentant de l’armateur grec Easter Mediterranean Athens dont le siège est situé dans la banlieue sud de la capitale grecque.

L’incident a eu lieu au Cameroun lundi soir à 23h30 (heure locale, 22H30 GMT), les autorités grecques l’ont appris très tôt mardi matin, a précisé ce représentant ayant requis l’anonymat.

« Un groupe armé est monté à bord du pétrolier et a ordonné aux huit personnes de l’équipage, dont le capitaine, âgé de 45 ans, de quitter le tanker », a-t-il ajouté.

Selon ce représentant, il n’y a pas eu d’échange de tirs, le tanker ne disposant pas d’armes.

Le ministère grec de la Marine marchande a confirmé ces informations mardi matin et précisé que parmi les huit marins enlevés figuraient cinq Grecs, dont le capitaine, deux Philippins et un Ukrainien.

« Le ministre de la Marine marchande Yannis Plakiotakis suit l’affaire de près avec le ministère grec des Affaires étrangères et la société de gestion du pétrolier », a indiqué le ministère dans un communiqué.

De son côté, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a été informé de « l’attaque armée » et a demandé à ses ministres de faire le nécessaire, a souligné un communiqué de ses services.

Les autorités au Cameroun n’ont pas confirmé l’attaque officiellement, mais une source portuaire a affirmé qu’elle avait bien eu lieu.

« Les recherches sont en cours », a précisé cette même source, qui affirme que le petit port de Limbé, à proximité d’une base militaire navale, avait pour l’instant été épargné par les enlèvements.

Les enlèvements contre rançon sont relativement fréquents dans le golfe de Guinée, une zone considérée comme le nouvel épicentre de la piraterie maritime mondiale, le long de la côte ouest de l’Afrique.

– 82% des enlèvements –

Les incidents se sont multipliés depuis un mois dans l’ouest de l’Afrique, dont deux ont frappé des armateurs grecs.

Dans la nuit du 21 décembre, des pirates avaient attaqué quatre navires en rade de Libreville, tuant un commandant de bord gabonais et enlevant quatre employés chinois. Aucune information sur les marins enlevés n’a été diffusée depuis.

Fin novembre, un groupe armé avait attaqué un autre pétrolier grec, l’Elka Aristote, à une dizaine de milles marins au large des côtes de la capitale du Togo, Lomé, et capturé quatre marins. Deux semaines plus tard, le 13 décembre, trois marins avaient été relâchés. Le quatrième était mort en captivité.

Une enquête est toujours en cours mais « il semble que son décès ne soit pas dû à des actions des preneurs d’otages mais à une maladie », avait indiqué alors l’armateur du pétrolier dans un communiqué.

Par ailleurs, 20 marins avaient été enlevés le 15 décembre au large du Bénin et 19 marins le 3 décembre au large du Nigeria, poussant le Bureau maritime international (BMI), instance internationale de sécurité en mer, à « s’inquiéter d’un niveau jamais vu d’enlèvements dans le golfe de Guinée ».

Le golfe de Guinée, qui s’étend sur quelque 6.000 kilomètres de côtes, de l’Angola jusqu’au sud du Sénégal, est devenu ces dernières années l’une des régions maritimes les plus dangereuses au monde, loin devant les côtes somaliennes du golfe d’Aden, les attaques de bateaux et les enlèvements pour rançon étant très fréquents.

Pour les neuf premiers mois de 2019, le BMI y a recensé 82% des enlèvements d’équipages dans le monde.

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Avec La Libre Afrique

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