vendredi, août 7, 2020
Afrique

Ibédou fustige la justice tchadienne et remercie ceux qui l’ont soutenu


Après sa libération le 08 janvier dernier, le secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme, Mahamat Nour Ibedou a dans une lettre dénoncé l’indépendance du magistrat tchadien et exprimé sa reconnaissance à ceux qui ont concouru à sa libération.

C’est une lettre de quatre pages dans laquelle le défenseur des droits humains est revenu non seulement sur les conditions de son arrestation mais aussi fustigé l’impartialité du magistrat. « Apres avoir passé deux jours dans les locaux de la police judiciaire puis un mois et trois jours dans le purgatoire d’Amsinéné, me voilà libre ce mercredi 08 Janvier 2020 », se réjoui Mahamat Nour Ahmat Ibedou qui regrette: « le même juge d’instruction (ou celui qui en tient lieu) qui avait délivré le 5 décembre 2019 sans aucune charge sur moi un mandat de dépôt vient de signer le 08 janvier 2020, une ordonnance de non-lieu, reconnaissant du coup avoir emprisonné impunément un innocent; ce phénomène en soi est révélateur du degré de putréfaction avancée de notre système judiciaire ».

Sans mâcher ses mots, le secrétaire général de la Ctddh a fustigé l’impartialité de la justice tchadienne. « Dans les pays qui se respectent, le juge d’instruction est le magistrat le plus libre; il prend ses décisions en toute indépendance; c’est tout le contraire au Tchad où des individus au cursus douteux sont nommés juges d’instruction pour recevoir des ordres et servir ainsi de bras armé au pouvoir afin de neutraliser toute voix discordante », regrette-t-il.

Il promet revenir sur « la déliquescence du système judiciaire et pénitentiaire tchadien prochainement.

Mahamat Nour Ahmat Ibedou a remercié non seulement ses conseils mais aussi, les jeunes de la coalition ’’Free Ibedou’’, les victimes des crimes et répressions de Hissein Habré, la Plateforme syndicale revendicative, les partis politiques d’opposition et surtout les présidents des barreaux des pays étrangers et les avocats étrangers qui ont ménagé aucun effort pour déléguer plus d’une dizaine de leurs pour se constituer conseils. « Il est clair que le travail accompli au niveau diplomatique par ces avocats et présidents des barreaux étrangers après leurs retours dans leurs pays respectifs a été déterminant et a contraint le dictateur à ordonner ma libération », ajoute-t-il.

Il se reconnaissant vis-à-vis des organisations internationales de défense des droits humains, des universitaires, des députés français et d’autres personnalités.

Stanyslas Asnan



Avec LePaysTchad

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