A Berlin, un sommet crucial pour éviter que le conflit en Libye ne devienne une «deuxième Syrie»
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A Berlin, un sommet crucial pour éviter que le conflit en Libye ne devienne une «deuxième Syrie»


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Dans la foulée d’une initiative diplomatique russo-turque, un sommet international s’ouvre à Berlin, sous l’égide de l’ONU. Son objectif est de tenter de trouver une solution à la crise libyenne qui menace de dégénérer dans un pays en proie au chaos.

15h02, Vladimir Poutine est arrivé à Berlin pour le sommet. Il a été accueilli par la chancelière allemande.

À 14h21 Le chef de l’Etat turc a appelé l’homme fort de l’est libyen, Khalifa Haftar, à mettre fin à son «attitude hostile» dans le règlement du conflit, lors d’une entrevue à Berlin avec son homologue russe. «Pour parvenir à une solution politique et à la mise en oeuvre des autres phases de la solution, l’attitude hostile de Haftar doit cesser», a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors de cet entretien avec Vladimir Poutine, cité par l’agence de presse turque Anadolu.

À13h28, Angela Merkel accueille le président français, Emmanuel Macron, à la Chancellerie fédérale à Berlin.

Le sommet de Berlin s’ouvre ce 19 janvier pour tenter de trouver une solution pacifique en Libye, et éviter que la guerre civile ne transforme le conflit en «deuxième Syrie», selon les termes du chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. Sous le patronage de l’ONU, les dirigeants de plusieurs pays se rencontrent pour une discussion qui s’ouvre en début d’après-midi.

L’ONU espère que cette conférence permettra de «consolider le cessez-le-feu» fragile obtenu par Moscou et Ankara et entré en vigueur depuis le 12 janvier. Depuis cette date, la trêve a été plus ou moins respectée entre les forces du maréchal Haftar, homme fort de l’Est du pays, et celles du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, de Fayez al-Sarraj. Les deux principaux protagonistes de la crise en Libye seront présents à Berlin, mais à en juger les tensions qui les opposent, ils ne devraient pas siéger à la même table. 

Rivalités politiques régionales, intérêt pour les réserves pétrolières libyennes : l’enjeu de ce sommet est de faire cesser les interférences étrangères dans ce pays en proie à une situation chaotique, et d’aboutir à un arrêt total et durable des hostilités sur le terrain. Le projet d’accord final, que l’AFP a pu consulter, prévoit notamment un engagement à respecter l’embargo sur les livraisons d’armes, décrété en 2011, mais resté lettre morte. «La conférence peut être un premier pas pour la paix en Libye», a jugé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, hôte du sommet, cité aujourd’hui par le quotidien Bild.

La Russie et la Turquie, qui jouent aujourd’hui un rôle clé dans ce conflit, seront représentées, ainsi que les Etats-Unis, la Chine, l’Italie, l’Allemagne, l’Egypte, la France et l’Algérie. Ce dernier pays partage près de 1 000 kilomètres de frontière avec la Libye.

Jeux d’influence et enjeux d’envergure : choisir le bon camp

La Turquie, qui a récemment envoyé des troupes en Libye, affiche une position sans ambiguïté en faveur du GNA, basé à Tripoli et dirigé par Fayez al-Sarraj. Dans une tribune parue le 18 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde contre une résurgence du terrorisme islamiste si le GNA, reconnu par l’ONU, venait à être renversé. De plus, la Turquie comme l’Europe redoutent un nouveau flux de migrants en cas d’aggravation de la crise. 

À un niveau plus régional, le conflit libyen accentue les rivalités turco-grecques. Le président turc a renouvelé, ce 19 janvier, ses critiques à l’égard d’Athènes qui avait accueilli le maréchal Khalifa Haftar, trois jours plus tôt. La Grèce «joue un mauvais jeu» par esprit de «revanche», car elle n’a pas été invitée au sommet de Berlin, a jugé le président turc Erdogan. Celui-ci avait envenimé ses relations avec ses voisins helléniques en signant, le 27 novembre, un accord maritime contesté avec Fayez al-Sarraj, donnant à Ankara l’accès à des zones économiques revendiquées par la Grèce et Chypre.

La Russie est, quant à elle, accusée par certaines parties, dont Washington, de soutenir le maréchal Haftar et d’avoir envoyé des «mercenaires» en Libye à cette fin. Une affirmation que le président Vladimir Poutine a lui-même démentie le 11 janvier, déclarant : «S’il y a des citoyens russes là-bas, ils ne représentent pas les intérêts de l’Etat russe et ne reçoivent pas d’argent de l’Etat russe.» La France est, elle aussi, soupçonnée par ses partenaires européens (mais aussi par Fayez al-Sarraj) de soutenir l’homme fort de l’Est libyen plutôt que le GNA. «[Il faut] voir les choses telles qu’elles sont, le rapport de force tel qu’il est», fait valoir une source diplomatique française citée par l’AFP, selon laquelle le maréchal Haftar contrôle avec ses alliés «grosso modo 80% du territoire».

Dans une interview à paraître le 20 janvier dans le quotidien allemand Welt, son rival Fayez al-Sarraj a demandé l’envoi en Libye d’une «force militaire internationale» sous l’égide de l’ONU, au cas où le maréchal Haftar reprendrait les combats. Elle aurait pour mission de «protéger la population civile», selon sa formulation. Pour protester contre l’intervention turque dans le pays, les forces pro-Haftar ont bloqué le 18 janvier les principaux terminaux pétroliers de l’est de la Libye, jetant un froid à la veille du sommet de Berlin. 

Par RSA avec RTFarnce

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