EN ATTENDANT LE RÉVEIL PROVIDENTIEL…
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EN ATTENDANT LE RÉVEIL PROVIDENTIEL…


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EN ATTENDANT LE RÉVEIL PROVIDENTIEL…

Avec le dernier remaniement du gouvernement gabonais, l’on comprend sans avoir besoin d’être analyste que les autorités gabonaises en tête desquelles le président de la République sont toujours en quête, non plus de l’homme providentiel comme on a coutume de le dire, mais plutôt d’un réveil providentiel qui, parce qu’il tarde à venir, menace l’action gouvernementale d’être un éternel recommencement.

En effet, les mots prononcés lors de la livraison de la liste du nouveau gouvernement sont tellement forts qu’ils nous poussent à penser qu’ils représentent un véritable aveu d’échec. Depuis 2009, combien de gouvernements a- t- on eu pour quels résultats concordant du moins avec la mise en musique de « l’Avenir en confiance », le projet de société d’Ali Bongo Ondimba ? En d’autres termes, où en sommes- nous avec la réalisation des trois piliers qui le sous- tendent, à savoir le Gabon industriel, le Gabon vert et le Gabon des services ? Des statistiques fiables sont- elles tenues ? Telle devrait être la question si l’on tient en vérité à mesurer le chemin parcouru.

Au fait, sont- ce les hommes qui font défaut ou les choix politiques et les comportements de ceux qui les opèrent qui sont hasardeux pour les uns et blâmables pour les autres ? Toute chose qui pose la problématique au sujet du « sommeil » ou de la léthargie qui semblent s’emparer de la majeure partie des dirigeants qui malheureusement se signalent par un anti-patriotisme prononcé, une extraversion viscérale, une attitude hautement revancharde que l’on a du mal à expliquer, un mépris pour le qu’en dira-t-on et pour leurs concitoyens qu’ils vexent au point de les pousser à constater parfois impuissants l’évolution de la fracture sociale en dépit de quelques discours d’intention visant à les rassurer.

Du coup, l’on est tenté de rêver à la naissance ou l’apparition d’un nouvel état d’esprit susceptible d’éloigner certains maux de la société. Peut- être faudrait- il que le peuple soit suffisamment écouté et pris en compte cela s’entend, les latins avançant : vox populi vox dei », entendez : « la voix du peuple, c’est la voix de Dieu ». Nombreux sont les Gabonais qui ne croient plus en rien, du moins en l’état actuel de la configuration socio-politique, au point d’être guettés par le spleen qui contraste avec l’idéal baudelairien. Leur dégoût est très certainement accentué par ceux qui ont en mains leur destin qu’ils ne croient plus ou pas, c’est selon, capables de les satisfaire en passant dans des délais raisonnables de la parole aux actes. Car se disent- ils, leur égoïsme associé à leur égo sont tellement prononcés qu’ils les empêchent d’imaginer un monde où le partage, leitmotiv d’Ali Bongo Ondimba, aura un sens.

Le temps des « châteaux en Espagne » est- il révolu ?

Pendant ce temps, le temps, « notre pire ennemi » s’égrène et les mêmes causes continuent de produire les mêmes effets. L’espoir qui était permis semble s’envoler, les jeunes générations, à l’instar des nouveaux responsables indélicats qui défraient la chronique parce qu’auteurs de détournements et malversations à grande échelle sur le dos du contribuable et de l’État cela va sans dire, ne donnant pas des gages de sécurité suffisants pour bénéficier de la confiance et d’un satisfecit mérité de la part des populations dans lesquelles les plus pessimistes n’hésitent pas à avancer que tout est à refaire.

Ces quelques lignes viennent simplement traduire le dépit de plusieurs Gabonais qui manquent visiblement de tribune et transforment la rue en parloir ou en agora des temps modernes, Dieu seul sait s’ils ne sont pas de plus en plus nombreux à penser qu’il faut une véritable révolution dans les esprits pour oser croire à l’effet du coup de baguette magique qui transformerait leur morosité existentielle en une vie plus humaine et donc acceptable.

C’est dire qu’il faut au gouvernement travailler inlassablement dans le sens de la transformation de la « supposée » volonté politique en travail politique en optant davantage pour la praxis pour reprendre Karl Marx s’il tient à être crédible et à sauver la face devant autant d’errements constatés dans la gestion de la chose publique. Comment se mettre à rêver du pouvoir sans en avoir au préalable montré de quoi l’on est capable ? Dans un tel exercice, il est vrai que les mots ne suffisent plus ou pas. Que ceux qui sont convaincus en dépit du jugement que l’on portera sur eux aient le courage de présenter leur démission, peut- être rendront- ils un service inestimable à ceux qui en ont marre d’attendre en vain beaucoup d’eux et finissent par se lasser de ne rien voir poindre à l’horizon.

D’où, ils vont jusqu’à estimer qu’avec d’autres âmes, certainement plus éclairées, les lignes bougeraient. Le sens qu’ils donnent au combat qu’ils mènent quotidiennement en interpellant, dénonçant au meilleur des cas et manifestant parfois violemment au pire des cas dans l’espoir d’être entendus pour que leurs revendications qui sont en fait celles de la majorité de la communauté ne donnent pas l’impression d’être de vulgaires complaintes.


Dounguenzolou

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Avec Gabon Eco

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