Opération Scorpion : N'ONT- ILS PAS tous PERDU LA TÊTE ?
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Opération Scorpion : N'ONT- ILS PAS tous PERDU LA TÊTE ?


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Opération Scorpion : N'ONT- ILS PAS tous PERDU LA TÊTE ?

Depuis quelques semaines, les autorités gouvernementales, judiciaires et militaires gabonaises nous abreuvent de discours tous alarmants faisant état d’une spoliation à grande vitesse du pays par des compatriotes cette fois- ci, juchés sur un piédestal. Ce que l’on a du mal à comprendre, c’est comment des personnalités grassement payées peuvent-elles en plus de leur salaire faramineux mettre la main sur l’argent de l’État pendant de si longs mois pour certains sans qu’ils n’aient fait l’objet d’une interpellation de la part de leurs supérieurs ? Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce n’est pas tant les détournements de deniers publics par ces gens de peu de foi, mais surtout leur comportement de tous les jours qui nous laissent dire qu’ils ont peut- être perdu la tête, nous rappelant le film « le Singe fou ».

Des nouvelles que nous apprenons nous donnent la chair de poule. Surtout quand la question que nous posons est celle qui consiste à nous demander qu’ont fait ces « braves compatriotes » de notre argent, des milliards, qui sommeillent très certainement quelque part ici et même à l’extérieur ?

Certes, nous les savons amoureux du luxe et du lucre, ce pourquoi ils n’hésitent pas à s’acheter des véhicules coûtant plusieurs dizaines de millions de nos francs, de construire en un temps record de nombreux immeubles et villas et d’entretenir une foultitude de maîtresses avec chacune droit en lieu et place des méritants parfois à un logis décent, alors que la majorité des Gabonais en réclament quoiqu’en silence pour les plus muets.

Certes, nous les savons amoureux du luxe et du lucre, avons-nous dit, mais comment, alors qu’il existe une Commission nationale contre l’enrichissement illicite, celle-ci qui les voit de surcroît voyager, y compris par jets, ce qui n’est pas rien, ne les a-t-elle pas jusqu’ici filé, sachant ce qu’un tel déploiement, surtout quand il est régulier, peut bien coûter en termes de finances pour quelqu’un, fût- il « riche » qui, de surcroît est toujours accompagné dans ses déplacements par une charmante compagne de service qui peut même être sa collaboratrice qu’il a pris soin d’enlever le temps d’un weekend à son conjoint qui se sait cocu, mais qui la boucle parce qu’acceptant finalement qu’elle aille pour ramener au foyer les restes de sa bamboula.

Des milliardaires, il y en a, dirait- on, à profusion. Scandaleux ! Lorsque l’on constate le niveau de vie de plusieurs milliers de Gabonais dont ceux qui passent des journées entières sans avoir de quoi se mettre sous la dent. Bel exemple de partage et de solidarité nationale pourtant si souvent vanté par ceux que d’aucuns n’hésitent pas à affubler du qualificatif peu louable de « Voleurs de la République ». Pendant que le gabonais lambda tire le diable par la queue, les spoliateurs ne savent visiblement pas quoi faire du trop d’argent qu’ils détournent. Puisqu’il en est parmi eux qui, au lieu de répondre aux sollicitations de quelques proches, construisent des niches pour leur chien avec la particularité d’être alimentées par un split. Cela ne s’est vu nulle part dans le monde, même pas en Occident où l’on sait l’attachement du propriétaire avec son « dog ».

« Seigneur pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ».

Ils ont une manière tout aussi particulière de thésauriser l’argent volé, certains allant selon des indiscrétions jusqu’à installer en des lieux surveillés, des tombes dans lesquelles ils enfuient soigneusement le pactole, oubliant que cette méthode est depuis révolue et que l’argent est appelé à intégrer le circuit financier non seulement pour qu’il ne perde de sa valeur, mais aussi pour qu’il serve à mieux que cela, car il n’est pas fabriqué pour dormir dans des cercueils.

Il faut les voir, narguant leurs compatriotes alors qu’ils ne se sont parfois donnés que la peine de naître et se sont vus propulsés au devant- de la scène par le truchement d’un manège dont ils ont seuls, eux et leurs mentors, le secret.

Alors que rouler dans des véhicules à vitres teintées est interdit, ils se comportent comme des hors- la- loi, poussant les observateurs à s’interroger de la sorte : « de qui se cachent- ils ? ». Et pourtant, ils savent bien, comme aimait à le rappeler feu Omar Bongo Ondimba, que le Gabon est comme une maison de verre où l’on voit de l’intérieur ce qu’il y a à l’extérieur et vice- versa.

Ils ont introduit dans la société des vices qu’il est indécent d’énumérer pour celui qui a bénéficié d’une éducation moyenne. Nombreux sont ceux d’entre eux qui n’ont pas d’amour pour le travail, ils n’en n’ont d’ailleurs cure, l’essentiel étant le soutien qui leur est accordé par ceux qui leur ont donné une place au soleil. Au lieu de se mettre au service de la société, ils ne jurent que par ceux- là et sont leurs obligés, de sorte que lorsque le mentor connaît une période de disgrâce, eux- aussi sont pourchassés comme des malpropres. C’est à ce moment qu’on revoit certains renouer avec les bas- quartiers dans lesquels les parias leur réservent, au nom de la légendaire solidarité africaine, un accueil contrastant avec celui qui était le leur du haut de leur piédestal.

Ils ont du mal à tirer les leçons que leur ont déjà apporté leurs prédécesseurs dont ceux qui ont fini leurs jours dans la misère la plus abjecte, loin du luxe d’antan, mais beaucoup plus proche du malheur en live, pour ne pas parler de la tombe. Alors qu’ils étaient, il y a encore quelques temps, taxés d’immortels’’ par des compatriotes moqueurs ou contemplatifs.

René Descartes nous interpelle, lui, à qui nous devons la formule populaire : « Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée » qui nous conduit à ajouter que pourvu qu’il soit utilisé à bon escient. Car, la liste non- exhaustive que nous venons de dresser et qui mérite d’être qualifiée de litanie d’errances démontre à suffisance que « L’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître  ».


Dounguenzolou

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Avec Gabon Eco

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