jeudi, février 25, 2021
Afrique

Doing Business 2020 : deux pays d’Afrique subsaharienne parmi les meilleures progressions


Les résultats de l’étude Doing Business du groupe de la banque mondiale rendus publique ce jeudi 24 octobre 2019 à Washington aux Etats-Unis révèlent que les économies de l’Afrique subsaharienne continuent d’améliorer le climat des affaires. Le Nigeria, la plus grande économie de la région, obtient une place parmi les meilleures progressions mondiales de l’année aux côtés du Togo.

D’après les résultats de l’étude, ce sont au total 73 réformes qui ont été mises en place par les économies de la région sur une période de 12 mois se terminant le 1er mai. Il s’agit selon le groupe de la banque mondiale d’une baisse par rapport à l’année dernière où un record de 108 réformes est établi et le nombre de pays ayant mis en œuvre au moins une réforme est passé de 40 à 31.

Le score régional moyen de la facilité de faire des affaires est de 51,8 sur une échelle de 0 à 100, soit bien en deçà de la moyenne des économies à revenu élevé de l’Ocde (78,4) et de la moyenne mondiale (63), relève le groupe. « Il y a eu de nombreux points positifs dans la région. Le Togo est sur la liste des meilleures progressions pour la deuxième année consécutive grâce à des réformes visant à réduire les frais liés aux permis de construire et à simplifier les procédures d’enregistrement de propriété. Le Nigéria a mené des réformes qui ont eu une incidence sur six indicateurs, facilitant ainsi l’exécution des contrats, ce qui a permis de placer l’économie de 200 millions d’habitants parmi les meilleures progressions de l’année », précise le résultat de l’étude.

En outre, ajoute ce résultat, le Kenya qui a mis en place six réformes pour l’amélioration de la fiabilité de l’accès à l’électricité et pour la mise en place d’un système de paiement en ligne des cotisations sociales se classe au troisième rang de la région, derrière Maurice et le Rwanda. « Avec quatre réformes cette année, Maurice reste le pays où il est le plus facile de faire des affaires en Afrique subsaharienne et se classe au 13ème rang mondial. D’autre part, le Cap Vert et l’Eswatini ont réalisé quatre réformes, un chiffre record. Le Zimbabwe a progressé dans cinq domaines. Le Gabon, la République Démocratique du Congo, et le Rwanda affichent également une progression dans 3 domaines. Suite à des efforts en matière de réformes, le Niger et le Sénégal présentent une progression importante au niveau du score », précise les résultats de l’étude.

La majorité des réformes concerne les domaines de la création d’entreprise, de l’obtention des permis de construire mais aussi l’obtention de prêts, affichant douze réformes dans chacun de ces domaines. « Les économies de la région présentent une performance optimale dans les domaines de la création d’entreprise, ainsi que de l’obtention de prêts, avec trois économies – en l’occurrence le Kenya, le Rwanda et la Zambie – qui figurent dans le top 10 mondial de cette dernière catégorie. La création d’une entreprise dans la région nécessite en moyenne 20 jours et représente un coût de 33.5% du revenu par habitant, un processus plus rapide et moins coûteux que les 62 jours et 305% du revenu par habitant requis en 2003 ».

Pour le groupe de la banque mondiale, beaucoup restent à faire en dépit de l’avancement, notamment l’impact des reformes et leur implémentation pratique. « Seuls deux pays d’Afrique subsaharienne se classent parmi les 50 premières économies du classement Doing Business, tandis que la plupart des 20 pays figurant dans les derniers rangs se trouvent dans cette région. L’Afrique du Sud a mis en œuvre une seule réforme cette année et quatre au cours des cinq dernières années. Le Libéria a mené trois réformes seulement au cours des cinq dernières années, et le Burundi, la République centrafricaine et la Namibie n’en ont engagé que quatre », ajoute-t-il.

Selon les résultats, l’Afrique subsaharienne affiche des performances très insuffisantes dans plusieurs domaines notamment le coût d’un raccordement au réseau pour les entreprises correspond à plus de 3 100 % du revenu par habitant, contre un peu plus de 400 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ou 272 % en Europe et en Asie centrale. « Le commerce transfrontalier et le paiement des impôts sont également des domaines où des progrès restent à faire. En effet, les entreprises d’Afrique subsaharienne doivent consacrer environ 96 heures aux formalités d’importation, contre 3,4 heures dans les pays à revenu élevé de l’Ocde. Durant leur deuxième année d’exploitation, les petites et moyennes entreprises doivent effectuer plus de 36 versements d’impôts et taxes par an, alors que la moyenne mondiale s’établit à 23 paiements annuels », regrettent le résultat de l’étude.

En queue de classement, on retrouve ces dix pays qui sont la Somalie (190e), l’Érythrée (189e), la Libye (186e), le Sud-Soudan (185e), la Centrafrique (184e), la RDC (183e), le Tchad (182e), le Congo (180e), la Guinée équatoriale (178e) et l’Angola (177e).

Stanyslas Asnan



Avec LePaysTchad

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