Routes secondaires à Bamako : Le bitume disparaît sous les couches de sable et de boue
Afrique

Routes secondaires à Bamako : Le bitume disparaît sous les couches de sable et de boue


espace libre

Routes secondaires à Bamako : Le bitume disparaît sous les couches de sable et de boue

Bamako, 02
septembre (AMAP)
En cette période d’hivernage, certaines voies bitumées de Bamako, la
capitale malienne, sont difficilement carrossables et représentent un danger
pour la santé des riverains, à cause de la poussière.

Depuis quelques années, les routes secondaires
bitumées se multiplient à Bamako, reliant ainsi  plusieurs quartiers. Cependant, l’état de la plupart de ces voies
n’encourage point les usagers, surtout en cette période d’hivernage. En effet, elles
sont, tout simplement, envahies par des couches de sable épaisses. Cette
situation inconfortable est due aux eaux pluviales qui charrient des torrents
de boue et de sable. A cause du défaut d’assainissement, ces détritus restent
sur les voies bitumées.

Mohamed Adama Diawara, agent des travaux publics de
la maire de la Commune VI, explique que pendant l’hivernage, les tas de sable formés
par le ruissellement des eaux de pluie finissent par stagner sur le goudron. « Toute
chose qui contribue à la dégradation de la voie », dit-il.

Notre équipe de reportage a arpenté quelques rues qui
se détériorent, de jour en jour, sous les yeux indifférents des riverains et
des usagers. Magnambougou-projet est parmi les 10 quartiers de la Commune VI, où
les habitants peuvent se targuer de l’aménagement d’un nombre important de rues.
Cependant, une grande partie des rues aménagées attend des coups de balais.
Celle qui quitte le secteur surnommé «Pneuba carré» pour atteindre la voie
principale, mérite une véritable attention. Réalisée il y a moins d’une année, elle
est aujourd’hui méconnaissable à cause de couches épaisses de sable. Assis au
bord de cette route, un homme d’une trentaine d’années accepte de répondre à
nos questions mais sous anonymat. Il témoigne que la voie est rarement nettoyée
depuis son bitumage.

Notre interlocuteur se souvient qu’une association
s’en est occupée une fois. « Après cela, regrette-t-il, elle n’est plus
revenue ». Avant que la route ne soit aménagée, notre homme se souvient
que les jeunes riverains avaient déjà mis en place une commission pour
l’assainissement de leur rue. Cette commission a rencontré une élue du centre secondaire
d’état-civil de Magnambougou afin d’obtenir des outils d’assainissement. Selon lui,
la commission n’a pas eu gain de cause. Le jeune homme est conscient du péril
sanitaire que provoque la poussière pour les riverains et les autres usagers. «La
poussière soulevée par les voitures, met notre santé en danger», dit-il.

DANGER POUR LA
SANTE
– «Si on ne nettoie pas la route comme il se doit, elle n’aura pas la longévité
que l’on souhaite. Cette dégradation peut provoquer des accidents», prévient
notre interlocuteur. Pour lui, la solution doit venir d’abord de la population
dont la vie est en danger. Lui et sa commission souhaitent avoir des kits
d’assainissement, notamment les brouettes, les pelles et les balais pour rendre
leur rue plus attrayante.

Au bord de la même voie, Djibril Traoré répare les
motos. Il nous accueille sur un banc. Ce jeune homme de 32 ans attend le
démarrage des activités d’assainissement pour s’impliquer. Il soutient que les
efforts d’une seule personne ne sont pas suffisants pour relever le défi.
« Même si je balaie devant mon atelier, la poussière des autres viendra
m’envahir», argumente-t-il. Pour venir à bout de ce problème, Djibril pense
qu’il faut davantage de cohésion et d’implication des chefs de famille.

Avec son bébé d’environ 2 mois au dos, Ami Sanogo,
sourire aux lèvres, vend des légumes au bord d’une de ces routes de
Magnambougou envahies par la boue et le sable. En réponse à notre question de
savoir pourquoi elle ne se débarrasse pas du sable au niveau de son négoce, elle
explique craindre les conducteurs des véhicules. A l’en croire, ces derniers ne
respectent que les personnes qui portent des tenues dans le cadre de
l’assainissement des routes, comme les travailleurs d’Ozone.

A Sogoniko, la route bitumée qui serpente entre des
pâtés de maisons pour aboutir aux Halles de Bamako est mangée par du sable.
L’état de la voie qui passe devant le 10è arrondissement n’est pas non plus engageant.

Néanmoins, certains lieux attirent les usagers par
la propreté qu’affichent leurs rues. Ces voies peuvent être comptées sur le
bout des doigts. Les habitants dont les maisons sont bord de ces rues et
certains citoyens ont fait siennes l’article 15 de la Constitution qui stipule
que toute personne a droit à un environnement sain.

ENGAGEMENT
CITOYEN
– La
protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la
vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat. Nous avons retrouvé deux de ces
rues à Magnambougou non loin du marché communément appelé «Alaminaisougou». Là,
on peut voir de beaux exemples de l’engagement citoyen. Sur ces voies, le sable
et autres déchets n’ont pas leur place. Ici, l’environnement est moins polluant
pour les riverains. On peut dire qu’ils sont à l’abri de la poussière ambiante.
Une vendeuse de friperie portant le voile intégral tient son commerce devant
l’une de ses rues. «Notre rue est balayée chaque matin. C’est pourquoi je ne
crains aucune poussière pour mes produits», raconte-t-elle, toute préoccupée à
trier les habits pour les tout-petits. Selon nos informations, les personnes
qui assainissent la route sont rémunérées par un riverain fortuné.

La vendeuse de « yougou-yougou » rappelle
que l’assainissement des routes ne devrait pas être un problème si l’on se
réfère à notre coutume qui est que chacun doit nettoyer devant sa porte.

Mamadou Traoré dit «Rougeot» opère dans le domaine
des transferts d’argent au bord de la route. Il nous explique comment les
riverains sont arrivés à faire disparaitre le sable de leur voie. « Nous
qui avons des magasins dans le carré, payons 2000 Fcfa par mois. A cette somme,
s’ajoute la contribution des familles riveraines et, aussi, le soutien important
d’une personne généreuse», dit-il. Un bel exemple d’engagement collectif à
suivre.

MDD/MD (AMAP)

espace libre


Avec AMAP

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.