Missive à mon oncle

 

 

Cher neveu,

Je te souhaite tout ce qu’il y a de meilleur au cours de cette semaine et toutes celles à venir. Comme tu l’as dit dans ta dernière lettre, l’heure est aux insomnies pour les parents d’élèves. Contrairement à vous, chez nous, les élèves reprendront le chemin de l’école le 1er octobre prochain. D’autres, notamment ceux du privé, sont déjà en classe depuis le 1er septembre. C’est véritablement une période d’angoisses pour les parents que nous sommes. Ce n’est pas facile mais nous  prions le Tout-Puissant afin qu’il nous aide à jouer notre partition et que, surtout, cette année scolaire soit des plus paisibles. Nous avons marre des mouvements d’humeur des acteurs (élèves, enseignants, etc). Espérons que chacun mettra de l’eau dans son vin pour le bonheur de la nation entière. En la matière, on compte vivement sur les jeunes qui ont tenu, du 18 au 21 septembre dernier, l’édition 2019 du forum national des jeunes, à Bobo-Dioulasso. Placé sous le thème « Rôle et responsabilité de la jeunesse dans l’édification d’une nation unie, prospère et émergente dans un contexte de lutte contre l’insécurité », le forum qui a réuni  environ 2000 jeunes venus des quatre coins du pays, a été l’occasion pour la jeunesse de prendre des résolutions et formuler des recommandations devant lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le processus d’édification de la nation burkinabè. Un tête-à-tête a eu lieu le 20 septembre avec le président du Faso, au cours duquel les jeunes ont exposé leurs préoccupations, entre autres le chômage, l’absence des jeunes dans les prises de décisions, etc. En retour, le chef de l’Etat s’est engagé à tout mettre en œuvre afin que les jeunes occupent la place qui leur revient de droit. Ils ont plaidé pour  l’instauration d’un mécanisme de suivi- évaluation des programmes des fonds nationaux de financement de sorte à mesurer leur impact dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et de réduction du chômage des jeunes, la mise en place d’un fonds pour le financement des études, la formation  des jeunes dans les prises de décisions et l’instauration d’un dialogue social inter-religieux et social. Tout cela est bien beau, pourvu que les décisions prises ne dorment pas dans les tiroirs  et  attendre la prochaine édition avant d’être dépoussiérées.

Le MCR et le MPS membres du CFOP

 

Cher neveu, la crise au sein du  Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) que j’avais évoquée dans une de mes lettres, est loin d’être achevée. Pire, elle a même empiré au regard des derniers développements et l’on  se demande si ce parti retrouvera encore son unité, sa sérénité d’antan. Tiens-toi bien, des membres et pas des moindres, avec à leur tête Mahamadi Kouanda, ont esté en justice le parti, demandant  au juge de suspendre le Bureau exécutif national, le Bureau politique national, le Conseil national et le congrès et toutes les activités du parti. Leurs  requêtes n’ont pas obtenu gain de cause  puisque le camp Eddie Komboïgo a gagné le procès. Ce qui lui a permis de tenir le congrès extraordinaire, le 22 septembre dernier, lequel a abouti à l’exclusion, et  ce sans appel de certains caciques du parti, notamment les frondeurs, environ une trentaine, et d’autres exclus pour 12 mois. 24 heures après cette exclusion, Kadré Désiré Ouédraogo qui voulait être le candidat dudit parti à la présidentielle de 2020, a tout simplement rendu sa démission tout comme Boureima Badini qui, lui, avait été suspendu pour un an. Une chose est sûre,  les prochains jours s’annoncent  très chauds, en ce sens que des exclus ont affirmé qu’ils n’entendent pas se laisser faire. C’est dommage pour ce grand parti qui pouvait pourtant donner  des insomnies  au régime actuel,  lors des futures échéances électorales.  En attendant, l’heure est à la sérénité   au  Mouvement pour le changement et la renaissance  (MCR) et au  Mouvement patriotique pour le salut (MPS). En effet, leur demande d’adhésion au Chef de file de l’Opposition politique au Burkina Faso (CFOP/BF) a été favorablement accueillie. Ces  deux partis sont désormais  membres du Cadre de concertation du CFOP qui se retrouve désormais avec  25 partis politiques. Bon vent à eux tous ! Je m’arrête-là pour ce jour tout en espérant te retrouver la semaine prochaine. Que le Tout-Puissant nous garde !

 

Ton oncle