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En finir avec l’apoplexie !

C’est, en principe, aujourd’hui, 6 septembre 2019, qu’aura lieu le vote d’investiture du nouveau gouvernement congolais. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que l’événement pourrait ne pas se passer comme une lettre passerait à la poste. En effet, pendant que des députés de l’opposition, en l’occurrence Lamuka, récriminent au motif que les alliés au pouvoir ne respectent pas les règles du jeu, des voix s’élèvent aussi au sein des parlementaires au pouvoir, pour demander au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilumkamba, de revoir sa copie. En fait, les députés de l’opposition disent que le document lu le lundi dernier par le chef du gouvernement, n’est pas le même qui a été transmis à l’Assemblée nationale. Quant aux parlementaires issus des rangs du pouvoir, ils lui reprochent de n’avoir pas fourni plus de détails sur son programme, chiffres à l’appui. Morceau choisi : « Monsieur le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, dans la présentation de son programme, nous a fait part de ses intentions. Ce sont de bonnes intentions politiques, mais cela ne suffit pas. Il faut bien fixer les objectifs, les priorités à court, moyen et long termes. Il faut des indicateurs qui nous permettront de faire le suivi et d’évaluer les performances », a laissé entendre Juvénal Mounoubo, député de l’UNC et par ailleurs directeur de cabinet de Vital Kamerhé. Ainsi donc, la couleur est annoncée.

Le FMI en appelle à des réformes afin d’assainir les finances publiques

 

La cérémonie d’investiture du gouvernement Ilunkamba promet d’être houleuse même si, comme on le sait, cela n’aura aucun impact, le Front commun pour le Congo (FCC) disposant d’une très large majorité au sein de l’Assemblée nationale. Le gouvernement, dominé par les proches de l’ex-président Joseph Kabila, sera investi, n’en déplaise aux députés de l’opposition qui crient au « passage en force ». Car, si après tout le temps mis, ce gouvernement venait à être récusé par les élus nationaux, cela serait très grave pour la République démocratique du Congo (RDC) qui, si l’on en croit les prévisions, terminera l’année en cours avec une croissance en baisse de 4,3% contre 5,8% en 2018. C’est pourquoi, tout en saluant cette transition politique intervenue dans les conditions que l’on sait, le Fonds monétaire international (FMI) en appelle à des réformes afin d’assainir les finances publiques et de lutter contre la pauvreté et la corruption généralisées en RDC. Et ce combat ne saurait se gagner sans la mise en place d’institutions fortes et stables au pays de Félix Tschisékédi. Il faut donc en finir avec l’apoplexie.

 

B.O