vendredi, mai 29, 2020
Afrique

Lavage des motos dans les mares, un péril pour la santé


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Les stations de lavage des engins (motos, voitures, bus, taxi, etc.) créées anarchiquement à N’Djamena en cette saison pluvieuse autour des bassins de rétention est une activité de plus en plus prisée par les jeunes qui trouvent en cela un moyen de gagner de l’argent. Cependant, il n’est pas sans risque.
Il est 8 heures par un matin brumeux du mois d’août au quartier Habena, dans le 7ème arrondissement. Devant le bassin de rétention d’eau à côté de l’ex Santana hôtel, des jeunes pantalons retroussés, munies de seaux, détergent, torchons ou chiffons mousseux s’activent à laver des motos et véhicules stationnés çà et là.
Mbaï, élève en classe de seconde, lui, lave les engins depuis plus d’une année à cet endroit. « Je le fais pour avoir un peu d’argent. Cela me permet de subvenir à certains de mes besoins et comme cela coïncide avec les vacances, je peux faire des économies pour préparer ma rentrée scolaire », explique-t-il. Toutefois, il soutient qu’il est conscient des dangers qu’il encourt en menant cette activité dans cette marre. Comme ce jeune élève, Gérard père de famille s’est reconverti à ce métier pour assurer les besoins des siens. « Je mène cette activité parce que je n’ai pas trouvé mieux ailleurs. C’est une affaire qui marche vraiment bien, car cela me permet de joindre les deux bouts. C’est dommage que ces eaux tarissent en saison sèche », déplore-t-il.
Ces jeunes font concurrence aux stations-services modernes et sont très moins chers. Ils lavent les motos à 250 francs Cfa et les voitures à 500 francs Cfa.
Hassan, un habitué des lieux se dit satisfait du service que lui proposent ces jeunes à cet endroit. « Je lave ma moto chaque semaine ici. Les prix sont abordables et le travail est vite et surtout bien fait », souligne-t-il.
Cependant, l’exposition de ces jeunes en longueur de journée dans ces eaux souillées ne peut être sans conséquence pour leur santé. Alain affirme avoir eu des démangeaisons quand il a commencé cette activité et ça l’empêche de dormir les nuits. « C’est surtout dans la nuit que mes pieds me démangent énormément. Pendant toute la nuit je ne peux pas bien dormir et pourtant je me lave chaque fois que je rentre à la maison. Mais quand j’ai arrêté avec les lavages des engins dans cette marre, les démangeaisons ont cessées », témoigne-t-il.
Pour Dr Djiddi Ali Sougoudi, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, ces eaux de pluie par ruissellement accumulées dans les creux et étangs sont impropres pour tout usage.
« Il faut vraiment s’en méfier surtout que ces eaux sont souillées par des excréments humains et autre péril fécal. En utilisant ces eaux, ces jeunes s’exposent au cholera, aux salmonelloses, aux parasitoses et aux maladies cutanées », informe Dr Djiddi.

Fakeugnba Kedai Edith

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Avec LePaysTchad

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