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La revanche des Fennecs sur les Eléphants

Hier, 11 juillet 2019, l’Algérie s’est qualifiée devant la Côte d’Ivoire aux tirs aux buts (4-3) en match comptant pour les quarts de finale de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Egypte 2019. Une victoire qui a mis du temps à se dessiner, malgré l’ouverture du score en première période de jeu par Sofiane Feghouli à la 20e minute. Les Algériens ont ensuite bousculé les Ivoiriens jusque dans leurs derniers retranchements, manquant de faire le break par un inconsolable Bagdad Bounedjah qui a raté un penalty en cours de jeu. La jonction au score a été l’œuvre de Jonathan Kodjia à la 62e minute, qui va redonner espoir à une équipe transfigurée de Côte d’Ivoire qui contraindra son adversaire aux prolongations et à la séance fatidique des tirs aux buts, qui sourira finalement aux Algériens. Un réveil tardif qui fera nourrir des regrets du côté d’Abidjan tant les Eléphants ont jusque là balbutié leur football qui péchait plus par la précipitation et le manque de stratégie que par l’engagement des joueurs contraints à réaliser des exploits individuels.  Cette rencontre, présentée comme le choc de ces quarts de finale en raison du palmarès des deux équipes (deux anciens vainqueurs du trophée), a été une opposition de styles entre des Algériens qui régalent, depuis le début de la compétition, par la beauté de leur jeu porté vers l’avant, et des Ivoiriens portés sur la défensive et au collectif limité. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette victoire sonne comme une revanche pour les Algériens qui avaient été sortis par les Ivoiriens en 2015, à ce stade de la compétition. Et cette victoire est d’autant plus retentissante que les protégés de Djamel Belmadi ont sorti les trippes pour venir à bout des Eléphants qui se présentaient dans de meilleures dispositions d’esprit, avec une entame de match prometteuse qu’on ne leur a pas connue dans ce tournoi et qui a surpris plus d’un.

Les Eléphants sortent par la petite porte

Mais cette défaite du Onze ivoirien n’est pas véritablement une surprise. Non seulement au regard du parcours de son adversaire du jour qui a réalisé un sans faute depuis le début de la compétition, mais aussi au regard de la prestation d’ensemble des protégés de Ibrahim Kamara, qui laissait jusque-là à désirer. En effet, alors que l’Algérie se présentait en mode rouleau compresseur avec 4 victoires en autant de sorties dans cette compétition où les Fennecs avaient marqué 9 buts sans en encaisser aucun, la Côte d’Ivoire, après un poussif premier tour, passait par un trou de souris en huitième de finale devant de maladroits Maliens, pour accéder à ces quarts de finale. En vérité, l’Eléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé, et les pachydermes ont continué à pratiquer un football boiteux, trop insuffisant pour espérer aller plus loin dans la compétition, et qui a fini par montrer ses limites. Même si, contrairement aux matchs précédents où les protégés de Ibrahim Kamara n’ont véritablement pas convaincu et semblaient plus portés par la chance et la réussite que par la consistance de leur jeu, cette fois-ci, les Eléphants ont montré un bien meilleur visage qui laissait entrevoir des motifs d’espoir. Mais c’est en toute logique qu’ils ont baissé la trompe sans avoir été ridicules devant d’entreprenants Fennecs visiblement plus aguerris. En tout cas, dans ce match, on peut dire que la logique sportive a été respectée. Et avec cette défaite, les Eléphants sortent par la petite porte au moment où les Fennecs se rapprochent du trophée et gagnent davantage en confiance pour voir l’avenir avec un peu plus d’optimisme.

Outélé KEITA