Afrique

Un outil de répression nommé police


Après la mort de deux compatriotes en moins d’un mois dans deux commissariats de la capitale et le tir sur le cortège d’un parti politique en parade dans la ville, le professionnalisme de ceux qui ont la responsabilité de protéger les citoyens et leurs biens est à être interrogé.
Pour le commissaire Abdelkérim Hassan (si tant est qu’il mérite encore de porter ce titre), les problèmes ne font que commencer. Poursuivi après le décès d’un citoyen en garde à vue, il aura à faire à d’autres plaintes de citoyens à qui il aurait extorqué de l’argent et des immeubles.
Même si l’affaire qui l’oppose au ministère public a été correctionnalisée bien qu’il s’agisse d’un meurtre, des langues vont commencer à se délier depuis que le mythe de son impunité est tombé. Depuis le 26 mai 2019, lui et trois de ses complices dorment au cachot en attendant de s’expliquer sur les faits qui ont aboutis à la mort de Yaya Daoud. Ce dernier est mort le 26 mai au soir dans les locaux du commissariat du 7ème arrondissement, seulement quelques heures après son interpellation sur dénonciation de Mahamat Abderaman Yaya un mouchard de l’Ans, lui aussi interpellé.
Pour ce cas, l’indignation n’a pas été aussi forte que dans le cas précédent au 6ème arrondissement. Là-bas, les jeunes en colère ont manqué de peu d’incendier le commissariat. Ils ont tout de même brûlé une moto de la brigade de la circulation routière et deux hameaux qui servent de bureaux à des services de sécurité sur le chemin du cimetière où ils allaient inhumer leur ami, supplicié lui aussi par les forces de l’ordre.
Sans présager de l’issue du sort qui sera réservé au commissaire Abdelkérim Hassan, on peut au moins être sûr d’une chose. D’ici la fin de la procédure, il aura droit à une publicité gratuite comme celle à laquelle a eu droit, un autre compatriote du même acabit, Adam Noucki Charffadine, ancien gouverneur du Logone Oriental qui a nargué la justice et les juges après avoir fait tirer sur des auxiliaires de justice. Mais pour l’heure, la dénonciation ne semble avoir aucun effet sur ces individus qui n’ont simplement… aucun scrupule. Injure suprême aux juges, Adam Noucki est nommé depuis quelques semaines gouverneur de la région du Lac.
Ce 1er juin 2019, c’est en pleine capitale encore que des éléments du groupement mobile d’intervention de la police (Gmip) tirent sur le cortège du mouvement Les Transformateurs qui regagnaient leur siège après l’interdiction de leur conférence de presse.
Que dire de telles attitudes sinon que nous n’avons simplement pas de police. Ce qui tient de forces de l’ordre est peuplé d’anciens militaires, eux même anciens rebelles qui ont été reversés dans ce corps où les soldes, indexés sur celui des fonctionnaires sont plus conséquents. C’est à croire que les nombreuses formations payées à coup de milliards par les partenaires n’ont pas civilisé tant soit peu ce corps qui avoue et le démontre tout le temps qu’il est incapable d’encadrer une manifestation de cinquante personnes. Il faut nettoyer les écuries avant que cela ne soit trop tard. Avant que des citoyens ulcérés ne décident à montrer à ce genre d’individus comment se comporte un homme policé.

La Rédaction



Avec LePaysTchad

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