REGION DE L’EST« Les terroristes exploitaient l’or », selonOumarou Idani, ministre des Mines et des carrières
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REGION DE L’EST« Les terroristes exploitaient l’or », selonOumarou Idani, ministre des Mines et des carrières


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REGION DE L’EST« Les terroristes exploitaient l’or », selonOumarou Idani, ministre des Mines et des carrières

 

Le ministre des Mines et des carrières, Oumarou Idani, a animé une conférence de presse le 3 mai dernier à Ouagadougou, pour « entretenir l’opinion nationale et internationale sur les réformes entreprises » par son département ainsi que « le bilan et les perspectives ». Trois raisons ont poussé le département des Mines et des carrières à rencontrer les médias : le devoir de redevabilité, les enjeux des réformes entreprises au sein de ce ministère, l’actualité souvent marquée par la rumeur et la désinformation. Ce qu’il faut retenir, c’est que le secteur minier du Burkina Faso est en pleine croissance, mais il reste posé la question de la répartition des richesses. Mais avant les chiffres, la question de la situation sécuritaire dans les mines, mérite un clin d’œil.

Les activités minières sont mises à rude épreuve, dans certaines localités du Burkina Faso, par l’insécurité liée aux actes terroristes. Selon le ministre Oumarou Idani, l’Etat travaille à trouver des solutions adaptées pour protéger les sociétés minières. Il a été recommandé par exemple aux sociétés minières de se construire des casernes, l’Etat devant se charger de fournir les troupes. Dans la sécurisation des sociétés minières, les principales difficultés se trouvent au niveau des voies d’accès et de la protection des sociétés d’exploitation. Dans la région de l’Est, les terroristes exploitaient eux-mêmes l’or qu’ils commercialisaient avant que l’opération militaire Otapuanu les chasse de cette zone. « Aujourd’hui, tous les sites artisanaux d’exploitation de l’or dans la région de l’Est sont fermés », souligne le ministre Idani qui entend échanger avec les premiers acteurs du secteur dans les prochains jours à Fada N’Gourma. Enfin, au niveau international, le département des mines a mené des actions pour déconstruire les discours tendant à exagérer la situation sécuritaire en lien avec les activités minières au Burkina Faso. De l’avis du chef du département des Mines et des carrières, la situation, telle qu’elle était dépeinte à l’international, était très grave et compromettait les investissements miniers au Burkina Faso. Mais le pays des Hommes intègres a su convaincre ses partenaires.

226 milliards de F CFA en termes de recettes budgétaires en 2018

Selon une étude de la Banque mondiale (BM) portant sur le « diagnostic du secteur privé au Burkina Faso », et citée par le ministre Oumarou Idani lors de la conférence de presse, le Burkina Faso se classait en 2018, au 9e rang mondial et au 1er rang africain en termes de budgets d’exploration aurifère. D’après la BM, plus de 20% des budgets d’exploration aurifère en Afrique en 2018 concernaient le Burkina Faso et ce, en dépit de l’impact négatif des risques élevés liés à la sécurité. C’est dire que le secteur minier « joue son rôle de locomotive de l’économie burkinabè ». Ce secteur compte 13 mines industrielles et 26 carrières industrielles en exploitation ainsi que plus de 800 sites miniers artisanaux avec des chiffres au rendez-vous. En effet, la production d’or s’établit à 52, 622 tonnes en 2018 et l’ambition est de franchir la barre symbolique des 60 tonnes en 2019. Quant au zinc, sa production en 2018 était de 165 000 tonnes. De façon globale, le secteur des mines a contribué en 2018, à hauteur de 226 milliards de F CFA en termes de recettes budgétaires, 1 540 milliards de F CFA de recettes d’exportation. Sa contribution à la formation du PIB est de l’ordre de 11,4%. « Dans le maillon de la fourniture locale de services, le secteur a insufflé un dynamisme à des entreprises locales actives dans les domaines des produits agro-alimentaires, des BTP, du transport et des hydrocarbures. Les retombées sociales du secteur sont également perceptibles : 9200 emplois directs et 26 100 emplois indirects en fin 2018 dans le sous-secteur industriel. Le sous-secteur artisanal (environ 10 tonnes/an), quant à lui, est une source principale de revenus pour 1 500 000 personnes », indique le ministre des Mines et des carrières. Seulement, l’opinion est faite que l’or ne brille pas pour tout le monde. L’or a 226 milliards de F CFA qui ne brillent toujours pas pour tous. Du moins, c’est une pensée généralisée que certains journalistes se sont chargés de transmettre au ministre des Mines et des carrières. Les récriminations se font entendre de partout. Dans plusieurs localités, l’on observe des manifestations plus ou moins violentes de la part d’une population qui réclame une meilleure répartition des retombées des revenus des activités minières.

Un cadre créé pour une meilleure répartition des retombées des activités minières

Le ministère des Mines et des carrières soutient que « les réformes institutionnelles se sont enfin matérialisées par l’opérationnalisation avancée des quatre fonds miniers qui ont été créés pour soutenir le développement du secteur et pour un meilleur partage des revenus miniers ». Il s’agit d’abord du Fonds minier de développement local qui « connaît un niveau d’opérationnalisation très avancé ». A la date du 28 mars 2019, « les sociétés minières ont procédé au paiement effectif de 1 819 813 956 F CFA ». La contribution de l’Etat a été de 2 000 000 000 de F CFA. « Le dispositif de gestion du fonds est opérationnel, aussi bien au niveau national qu’au niveau local. Dans les jours à venir, il sera procédé conformément à la règlementation, à une répartition du fonds et au versement des montants dus aux communes déjà invitées à disposer de comptes spéciaux « FMDL » ». Outre ce Fonds minier de développement local, trois autres fonds ont été créés. Il s’agit en premier du Fonds de réhabilitation et de fermeture des mines industrielles, alimenté par les compagnies minières à hauteur de 34 880 000 000 de F CFA. Les textes d’administration et de gestion de ce fonds viennent d’ailleurs d’être adoptés. En deuxième lieu, l’on a le Fonds dédié à la formation et à la recherche dans les sciences de la terre dont le solde, à ce jour, est de 9 518 175 639 F CFA. Quant au Fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites miniers artisanaux de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés, il est en cours d’opérationnalisation. A entendre le ministre Idani, son département travaille sur des réformes politiques, législatives et règlementaires de même qu’institutionnelles, de sorte à ce que le secteur minier puisse être bénéfique à toute la nation. Selon lui, le développement du secteur des mines et le changement qualitatif qu’il apporte à la population, ne saurait se faire sans que l’Etat lui-même n’améliore sa capacité à assumer son rôle de maître d’ouvrage. Et ce n’est pas tout : Oumarou Idani veut des moyens pour faire son job. « Il nous faut des moyens pour travailler ». C’est une des précisions à ne pas occulter. Selon notre entendement en tout cas.

Michel NANA

 

Les futures mines en production et en construction

-A partir du dernier trimestre 2019, la mine Wahgnion Gold Opérations amorcera sa phase de production et augmentera annuellement de 3,7 tonnes la production d’or au niveau national. Elle engendrera plus de 600 emplois directs ;
-La mine de Boueré Dohoun avec une production annuelle de 1,3 tonne par an et 40 emplois directs ;
-La mine de Samtenga avec une production annuelle de 1,2 tonne par an ;
-Les mines en construction sont la Société minière de Sanbrado (SOMISA) promue par West african ressources et la Société Bomboré promue par Orezone. Ces deux mines qui vont entrer en production en 2020, sont situées dans la province du Ganzourgou.

Manganèse de Tambao: plusieurs candidats repreneurs à l’affût

Le ministre Idani est revenu sur le procès sur la mine de Tambao remporté par l’Etat burkinabè devant le groupe Timis. « En quoi remporter le procès est-il un élément de renforcement de la gouvernance » ?, s’est-il interrogé avant de répondre : « Il faut remonter aux conditions calamiteuses et frauduleuses dans lesquelles, le contrat relatif au projet intégré de Tambao a été conclu. L’Etat burkinabè a fait l’amer constat que les groupes miniers promus par Frank Timis ne respectaient pas leurs obligations contractuelles. Face à une méthode qui puait la corruption, les autorités actuelles de notre pays ne pouvaient s’empêcher, non seulement de remettre en cause ce contrat, mais aussi d’exercer le droit du pays à disposer de l’un des meilleurs gisements de manganèse au monde pour le mettre en exploitation dans les meilleures conditions. Dans sa détermination à lutter contre le bradage de ses ressources naturelles, l’Etat burkinabè a obtenu gain de cause et va à présent exploiter le manganèse au profit du peuple burkinabè ». Le ministre annonce dans la foulée que plusieurs candidats issus de divers pays se sont positionnés pour reprendre l’exploitation du gisement de manganèse.

Kader Cissé et Salif Lamoussa Kaboré, tous anciens ministres des Mines, risquent des poursuites judiciaires

Le ministère des Mines et des carrières dit avoir mis en œuvre 77% des recommandations issues de l’enquête parlementaire réalisée en 2016 et ce, en vue d’améliorer les capacités d’intervention et la gouvernance du secteur. Des recommandations qui restent à mettre en application, il y a les poursuites judiciaires contre des anciens ministres des Mines, notamment Kader Cissé et Salif Lamoussa Kaboré. D’après les informations fournies, aucune mesure judiciaire n’a été engagée, pour l’instant, contre les deux personnalités.

481 titres miniers et autorisations à la date du 29 avril 2019

Selon les données communiquées par le MMC, l’on dénombre, à la date du 29 avril 2019, 481 titres miniers et autorisations valides qui se répartissent comme suit : 348 permis de recherche ; 26 permis d’exploitation industrielle ; 32 permis d’exploitation sémi-mécanisée ; 26 autorisations d’exploitation artisanale traditionnelle et 78 autorisations d’exploitation de substances de carrières.

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Avec lepays.bf

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