REUNION DE LAMUKA A BRUXELLES :  Une rencontre qui risque d’accoucher d’une discorde
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REUNION DE LAMUKA A BRUXELLES : Une rencontre qui risque d’accoucher d’une discorde

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REUNION DE LAMUKA A BRUXELLES :  Une rencontre qui risque d’accoucher d’une discorde

Martin Fayulu et ses camarades de Lamuka ont entamé une réunion, hier, 21 mars 2019, à Bruxelles, en Belgique. Pour Freddy Matungulu, l’un des cinq leaders de cette coalition, l’objectif de cette initiative est le suivant : « Nous allons nous pencher sur la situation politique qui prévaut dans notre pays. Mais c’est d’abord une réunion d’évaluation de la situation de Lamuka au niveau interne. Le plus important serait les discussions sur notre avenir, l’avenir de Lamuka ». L’on peut, d’entrée de jeu, faire le constat que cette rencontre se tient à un moment où la maison Lamuka est en train de se lézarder sérieusement de l’intérieur. En effet, l’on a d’une part Martin Fayulu qui ne s’est jamais départi de sa posture de vainqueur légitime de la présidentielle de décembre 2018 et qui, de ce fait, considère Félix Tshisékédi comme un usurpateur. Et d’autre part, Moïse Katumbi dont la posture actuelle est de faire les yeux doux au nouveau président à l’effet de rentrer en RDC en homme libre de ses mouvements. En rappel, le richissime homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga, a été condamné par le pouvoir de Joseph Kabila dans une affaire d’immeuble et de recrutement de mercenaires.  Comme on le voit, ces 2 leaders de Lamuka ne regardent pas tous dans la même direction pour la simple raison qu’ils n’ont pas les mêmes intérêts. Entre ces deux positions diamétralement opposées, il y a Jean-Pierre Bemba, un autre poids lourd de Lamuka. Ce dernier a la lourde mission de rapprocher les deux hommes. Réussira-t-il à le faire ? L’on peut en douter. En effet, outre les raisons qui ont été invoquées plus haut, il y a que l’ex-pensionnaire de la prison de La Haye et dont la récente libération a été diversement commentée, n’a pas intérêt à engager un bras de fer avec le nouveau locataire du Palais de marbre de Kinshasa au risque de faire basculer le pays dans une autre violence post-électorale. De ce point de vue, Jean-Pierre Bemba pourrait jouer balle à terre en invitant Martin Fayulu à accepter le fait accompli.

La page de la présidentielle est définitivement tournée

Or, c’est tout ce que ce dernier refuse catégoriquement. En conséquence, l’on peut affirmer sans grand risque de se tromper que la rencontre de Bruxelles risque d’accoucher d’une discorde au sein de Lamuka. Et pour peu que l’on soit attaché aux principes sacrés et peut-on dire, universels de la démocratie, la vraie, l’on ne peut pas jeter la pierre à Martin Fayulu. En effet, tout le monde sait que la réalité des urnes a été violée en RDC. L’Eglise catholique qui a surveillé de près le scrutin, en avait la conviction. Et avec elle, toutes les grandes chancelleries des pays occidentaux représentées à Kinshasa. Mais seulement, ce que Martin Fayulu oublie, c’est qu’en politique, et surtout en Afrique, pour reprendre Bernard B. Dadié : « le mensonge et la vérité portent le même pagne ». A cela, l’on peut ajouter qu’en politique, seuls comptent les intérêts. En tout cas, l’on peut suggérer à Fayulu de cesser de rêver et de se considérer comme le président de la RDC. Cette suggestion est d’autant plus pertinente que les pays occidentaux, qui se sont arrogé le droit d’évaluer la démocratie sous nos tropiques, et qui, au départ, criaient à la fraude à propos des résultats de la présidentielle congolaise, ont comme par magie, tourné casaque, pour in fine reconnaître l’élection de Félix Tshisékédi. Mieux, ils se sont engagés à entretenir de bonnes relations avec lui. C’est ce que l’on appelle par pudeur, la realpolitik. Pour eux, la page de la présidentielle est définitivement tournée. Le malheureux Fayulu doit ravaler sa colère et faire avec. Déjà, il est pratiquement le seul à considérer encore Tshisékéki fils comme un usurpateur. Car, même l’Eglise catholique qui, au départ, croyait dur comme fer que l’heureux élu était Martin Fayulu, a mis de l’eau dans son vin au point que certains de ses membres ont fini par reconnaître la victoire de Félix Tshisékédi. Le grand chef des Blancs, entendez le président Macron, a appelé à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, à l’occasion de sa rencontre avec Tshisékédi à Nairobi. Tous ces faits devraient interpeller Martin Fayulu pour qu’il revoie sa copie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Pousdem PICKOU

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Avec lepays.bf

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