Entreprises publiques : Des changements appréciés, des  »recasements » incompris
Gabon

Entreprises publiques : Des changements appréciés, des  »recasements » incompris


espace libre

Entreprises publiques : Des changements appréciés, des  »recasements » incompris
Plusieurs DG ont été démis de leurs fonctions, puis reclassés dans d’autres fonctions/ ©DR.

Le Conseil des ministres du 26 février dernier a procédé à des changements au sein des sociétés paraétatiques par le souci de  »privilégier l’efficacité et des résultats efficients ». Ainsi, Liliane Ngari qui a fait chuter le fleuron qu’était le Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC), Nina Abouna qui n’a pu permettre, à l’ANPI-Gabon, la création d’une entreprise en 48 heures malgré ses annonces, Ismaël Ondias Souna dont le  »comportement déviant » vis-à-vis de la chose publique et de l’orthodoxie financière, à la Caistab, était largement condamné, et Serge-Ruffin Okana, qui n’a pu permettre à la SNBG de s’adapter aux nouveaux paradigmes qui se sont imposés à la filière Bois, ont été relevés de leurs fonctions de directeur général. Une décision saluée par l’opinion qui n’a, toutefois, pas compris, dans le même temps, pourquoi les intéressés soient immédiatement  »recasés »… Comme un pied de nez à l’opinion !

Déjà recasés ! Incompréhensible décision du Gouvernement. Virés pour des  »résultats peu efficients » malgré parfois des campagnes de presse époustouflantes, les responsables de quatre entreprises publiques (CGC, ANPI-Gabon, Caistab, SNBG) ont été nommés à d’autres fonctions. La dernière directrice générale du Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) qui a emmené ce beau fleuron de l’économie gabonaise à sa perte, à sa chute, à sa dissolution, est désormais secrétaire général du ministère du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures. C’est la première fois qu’elle va servir dans l’administration centrale. Inexpérimentée comme lors de son arrivée à la tête du CGC, malgré quelques années passées à la Représentation de l’entreprise à Paris, Liliane Ngari fit des erreurs de gestion administrative. Un jour, treize employés du CGC découvrent en effet par une note d’information qu’ils sont licenciés de l’entreprise.  »Elle ne fait pas exprès, elle ne s’y connaît pas », avait réagi un de ses adjoints, surpris comme tout le monde par cette méthode cavalière. Pas de conseil de discipline, pas de convocation chez le DRH pour un entretien préalable. Non, rien de tout cela. Juste une note d’information… Aujourd’hui, à la tête de l’administration d’un département ministériel, elle arrive aussi toute aussi inexpérimentée, car son passage comme cheffe du CGC ne lui a pas donné suffisamment d’épaisseur administrative.

Nina Abouna, elle, est plutôt une bonne responsable administrative, mais elle a péché par un excès de communication qui ne reflétait pas le travail réellement effectué à l’ANPI-Gabon. La Banque mondiale a contesté que l’Agence nationale de Promotion des Investissements permet la création, en 24 heures, d’une entreprise au Gabon ! Depuis la fusion Promogabon-CDE-APIEX en 2015, c’est elle qui  »coquait » à la tête de cette espèce de holding qu’est l’ANPI-Gabon, mais les résultats ont toujours été en-deçà des attentes. Créer une entreprise était toujours aussi difficile, aussi lourd, aussi compliqué. Elle va servir dorénavant comme secrétaire général du ministère du Tourisme. Sa nomination est moins contestée que celle des autres, car c’est un haut fonctionnaire qui a déjà servi dans les cabinets ministériels et qui y a fait ses preuves même si, on le sait, elle a été  »poussée » par un ancien dircab présidentiel…

Ismaël Ondias Souna est nommé directeur général de la Société Equatoriale des Mines (SEM) malgré un passage  »tout en couleurs » à la Caisse de Stabilisation et de Péréquation (Caistab). C’est sous sa direction que la Caistab a cessé de subventionner le carburant et le gaz. Imaginez l’ampleur du désastre !…  »Ismaël Ondias Souna a fait fi de toute orthodoxie financière et de toute éthique administrative », dit-on à la Caistab où l’on précise  »qu’avec les chèques de l’entreprise, il offrait voitures et voyages à sa mère et à son épouse, et ne se refusant rien lui-même ». Aucun directeur général de la Caistab n’a fait mieux que lui dans ce sens. Un vrai désastre !  »Il était temps d’arrêter l’hémorragie, sinon la Caistab allait se retrouver dans peu de temps, à l’instar du CGC avec lequel elle partageait le bâtiment, au cimetière des entreprises mal gérées », ajoute-t-on ici. Concernant la gestion du personnel, il ignorait les Conseillers qu’il avait trouvés pour ne travailler qu’avec ses chargés d’études.  »Un drôle de garçon de 36 ans », affirme un conseiller. Mais fait curieux : Ismaël Ondias Souna est désigné à la tête de la SEM. Sa gestion de la Caistab est donc  »récompensée ». C’est comme si la puissance publique voulait faire un pied de nez aux anciens collaborateurs de celui-ci et aux populations.

Serge-Ruffin Okana part de la Société nationale des Bois du Gabon (SNBG) qu’il a dirigée depuis 11 ans. Avec des résultats  »mitigés » pour certains, et  »non efficients » pour le Gouvernement. En fait, ce  »grand manager » comme on l’appelait à son arrivée, n’a pas su adapter ce mastodonte de la filière Bois aux paradigmes du moment. Que fallait-il faire lorsque les grumes ne sont plus exportables ? Que devait-il réaliser pour que la SNBG demeure une entreprise rentable ? On constate que la SNBG pique du nez. Il faudra des perfusions qui viendront peut-être de Chine pour maintenir cette entreprise en vie. Ce n’est donc pas avec un bilan positif que Serge Okana sort de cette entreprise. Mais il est nommé secrétaire général du ministère des Forêts. Comprenne qui pourra, mais dans l’opinion, on marque son étonnement. Seul Alphonse Oyabi Gnala, le directeur général de Sogatra, n’a pas eu de point de chute. Est-il admis à faire valoir ses droits à la retraite ?

L’opinion souhaite que les dirigeants d’entreprise sanctionnés soit pour leur mauvaise gestion, soit pour leur incapacité dans le management des entreprises, ne soient pas  »récompensés » tout de suite après leur limogeage, car cela donne l’impression d’une volonté de magnifier leurs  »faits de guerre » passés. Ces recasements rapides sont incompris et poussent l’opinion à se demander s’il ne s’agit pas d’un encouragement à poursuivre leurs  »incapacités », leurs déficits et leurs comportements déviants.

 

espace libre


Avec Pyramid Media Gabon

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.