France : Le chef de la diplomatie française à Banjul pour soutenir la démocratie gambienne
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L'Algérie, "pays souverain" dont la stabilité est "essentielle", selon la France

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Le ministre français des Affaires étrangères, le 18 octobre 2018.

Il faut laisser le processus électoral se dérouler en Algérie, “pays souverain” dont la stabilité est “essentielle”, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères face aux troubles qui se déroulent dans ce pays à l’approche de l’élection présidentielle du 18 avril.

De nouvelles manifestations ont eu lieu mardi à Alger, Constantine, Annaba et Blida, notamment, pour dénoncer la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat.

Agé de 82 ans, le président sortant ne s’est pas exprimé en public depuis son accident vasculaire cérébral en 2013 et se trouve actuellement à Genève pour des raisons médicales.

“Nous devons laisser le processus électoral se dérouler”, a déclaré Jean-Yves Le Drian lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. “La France évidemment, en raison de nos liens historiques (…), est très attentive au déroulé de cette échéance majeure.”

“Je constate aussi que les manifestations sont restées pacifiques et que les forces de sécurité ont apporté une réponse mesurée”, a considéré le ministre. “Je souhaite vraiment que cet esprit de responsabilité puisse perdurer et que le peuple algérien trouve les voies de sortie de cette crise.”

“C’EST DE LA DYNAMITE”

Avec quelque quatre millions de personnes d’origine algérienne sur son sol, la France regarde avec une particulière acuité l’actualité politique et sociale dans son ancienne colonie.

Paris est extrêmement prudent dans ses commentaires sur les manifestations de ces derniers jours afin d’éviter de se faire accuser d’ingérence ou de ne pas suffisamment aider Alger, expliquent des diplomates.

“Je ne crois pas que la France soit prudente”, a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe sur BFM TV mercredi soir. “Elle est liée à l’Algérie par un lien historique, intense, complexe, passionné” et l’”Algérie est un pays souverain”.

“Nous n’avons aucune indifférence à l’égard de ce qui se passe en Algérie mais nous ne voulons nous livrer à aucune ingérence, c’est la moindre des choses alors que le processus électoral est en cours et que les manifestations sont nombreuses mais pacifiques”.

La semaine dernière, Jean-Yves Le Drian a fait venir à Paris son ambassadeur à Alger pour faire un point de la situation, que le diplomate a également abordée avec Emmanuel Macron.

“On ne sait rien. On ne veut pas de reproche sur l’ingérence On est extrêmement prudents, c’est de la dynamite. Un minimum d’expression verbale peut avoir un impact réel”, a dit à Reuters une source diplomatique.

C’est donc à mots pesés que Jean-Yves Le Drian s’est exprimé devant la représentation nationale, où il a mis en avant “trois principes”.

“L’Algérie est un pays souverain et c’est au peuple algérien, et à lui seul, qu’il revient de choisir ses dirigeants et son avenir, c’est au peuple algérien de définir ses aspirations, ce qui implique la transparence et la liberté du processus”, a-t-il dit.

“L’Algérie est un pays ami auquel nous rattachent des liens multiples. Et évidemment ce qui se passe en Algérie a des liens directs et un fort retentissement en France, nous le constatons”, a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

Le chef de la diplomatie française a aussi décrit l’Algérie comme un “pays clé en Afrique et en Méditerranée.”

“C’est pourquoi la stabilité, la sécurité et le développement de l’Algérie sont tout à fait essentiels et c’est dans cet esprit que la France appréhende cette échéance cruciale en Algérie”, a-t-il conclu.

Avec Reuters

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Avec VOA Afrique

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