Diplo pour les nuls: République désespérée de Kabilie
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La diplomatie pour les nuls : Le candidat et son double

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La diplomatie pour les nuls : Le candidat et son double
La diplomatie pour les nuls : Le candidat et son double

Commentaire par Marie-France Cros

La longue campagne électorale en RDCongo avait donné aux observateurs l’impression d’avoir tout vu en matière d’arnaques. L’Algérie tente de lui faire concurrence.

L’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, bien qu’il soit au pouvoir depuis déjà 20 ans, qu’il soit âgé de 82 ans et si diminué par un AVC en 2013 que c’est son petit frère qui passe pour le véritable patron de l’Algérie – le chef du boss, en somme – fait évidemment concurrence avec la RDCongo. Dans ce pays, le nouveau chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, passe pour ne devoir son accession à la magistrature suprême qu’à un accord secret avec l’inamovible Joseph Kabila, resté 18 ans à la tête de l’Etat, accord qui donne à ce dernier la main-mise sur les assemblées législatives et, donc, sur le gouvernement. Le boss du chef de l’Etat, en somme.

Le tableau d’affichage indique le score: Algérie-RDCongo: 1 – 1.

Côté congolais, un tel éventail de ruses et arnaques avait été déployé depuis 2011 pour garder le pouvoir aux mains de Joseph Kabila que tout concurrent, dans ce concours à qui aura le moins de vergogne, semblait partir battu. C’était compter sans le fait que tous ces montages et manigances ont échoué, puisque Joseph Kabila a dû renoncer à se maintenir au pouvoir plus longtemps et que son « dauphin », Emmanuel Ramazani Shadary, a été si mal élu qu’il n’était même plus envisageable de le faire passer pour vainqueur. S’il s’est somptueusement rattrapé in extremis, il n’en demeure pas moins que les efforts kabilistes depuis 2011 avaient échoué.

Mais voici qu’un concurrent algérien relance la compétition avec une entourloupe que même l’équipe Kabila n’avait pas osée. L’homme d’affaires Rachid Nakkaz, candidat déclaré à la présidentielle algérienne, a vu son dossier invalidé par le Conseil constitutionnel au motif qu’il a détenu la nationalité française – à laquelle il a renoncé – et qu’il faut n’avoir jamais « possédé une autre nationalité » que l’algérienne pour être éligible.

Ce n’est pas ce détail qui allait arrêter l’entreprenant homme d’affaires – même s’il n’avait obtenu aucune voix lors de sa candidature à une élection partielle en France, en 2013, et n’avait pu disposer que de 13 parrainages sur les 500 requis pour sa candidature à la présidentielle française en 2007.

Selon l’AFP, il a en effet poussé dimanche un de ses cousins, nommé lui aussi Rachid Nekkaz – mais Algéro-Algérien de toute la vie, celui-ci – à déposer un dossier de candidature à la présidentielle. Dans une explication déposée lundi sur son compte Facebook, l’homme d’affaires recalé a expliqué: si « mon cousin est élu, on créera immédiatement le poste de vice-Président (…) que j’occuperai ». « Le Président élu (mon cousin) démissionnera aussitôt » et « je prendrai alors automatiquement le poste de Président ». Abracadabra!

En attendant de présider aux destinées de l’Algérie, M. Nekkaz (le Franco-Algérien) dit, sur son compte Facebook, avoir « été kidnappé par la police ». Apparemment assez bonne pour lui laisser libre accès à ses 1,5 million d’abonnés.

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Avec La Libre Afrique

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