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Exclusion des militants : Le PDG au bord d'une nouvelle crise !

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Exclusion des militants : Le PDG au bord d'une nouvelle crise !

Soupçonnés d’avoir fait preuve d’indiscipline, lors des élections des bureaux des conseils départementaux et municipaux du 3 février, 43 militants et non des moindres ont été soit exclus, soit avertis d’exclusions le 7 février dernier par la hiérarchie du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir. Mais cette pluie de sanctions sévères, si elle vise à ramener la discipline dans les rangs d’un parti chancelant, elle n’en est pas moins responsable de la crise qui se dessine au sein du PDG puisque dans certaines localités, des militants menacent de démissionner collectivement si le parti ne reconsidère pas sa décision.

Dans le lot, on retrouve pêle-mêle des membres du bureau politique, du conseil national, d’anciens cadres de l’administration et même une ministre en fonction, Prisca Koho, la patronne de la Pêche qui, dans le feu de sanctions aveugles du parti, a reçu, elle aussi un « avertissement avec inscription au dossier ». Le PDG a donc voulu marquer les esprits en frappant fort pour dissuader ceux qui voudraient, à leur tour s’essayer pareille aventure. Surtout pour un parti qui tangue depuis quelques années, après la vague de démission qui l’a secoué dans la fièvre de la présidentielle de 2016. Manifestement, le parti démocratique gabonais en fouettant à l’ava-vite ses militants indisciplinés, essaie de cacher là son propre arbitraire, avec des décisions et des choix qui, le plus souvent ne trouvent pas nécessairement l’assentiment de la base sur le terrain.

Une base qui, visiblement n’est plus tenu de respecter à tout prix ces ordres venus d’en haut, alors qu’il s’agit avant tout de son quotidien. Car il n’est plus un secret pour personne que le PDG, depuis l’arrivée aux affaires des nouveaux dirigeants, ne fonctionne plus que comme un faire-valoir pou hisser au sommet de la gloire, des amis surgis parfois de nulle part. Tout cela au nom de la discipline du parti et au mépris même des intérêts des bases locales qui sont sensées approuver ou non ces choix venus de Louis.

Moanda et l’effet domino

C’est pour montrer leur désapprobation aux décisions parfois injustifiées de la hiérarchie que les militants de Moanda ont préféré voter le candidat de leur propre choix, en écartant celui de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS), qui leur avait été recommandé par le parti. Et comme pour assumer leur choix, ils demandent au secrétariat général du parti de reconsidérer ces sanctions au risque de les pousser à une démission de masses au premier arrondissement de la commune de Moanda. Voilà une épine dans la chaussure du PDG qui a cru bien faire en excluant Mbele Loussou, Bernard Moulonda et Clarisse Aboulou, qui, en plus du fait d’être des cadres du parti, sont également élus locaux, avec derrière eux, un nombre important de militants acquis à la cause du parti souvent par leur entremise.

La direction du parti à Louis est-elle en position de force pour ignorer cette requête, en faisant perdre massivement des militants par le maintien de ses sanctions contre quelques personnes ? Dans tous les cas, le PDG a beau prononcer des sévérités, il ne semble pas être le seul maître de la situation. En voulant faire le ménage et marquer les esprits d’une façon aussi brutale, il court le risque de se mettre à dos, des bastions importants des militants attachés aux exclus. Et l’ultimatum de Moanda, quelque soit son issue, aura sans doute un effet domino partout où ces exclusions retentissent encore avec un goût amer des victimes. C’est dire que si le PDG a sorti son fouet pour punir les “indisciplinés”, il ne contrôle pas pour ainsi dire l’affaire. Car nul ne sait pour l’heure quelles ses répercussions, et comment elle va se terminer. C’est donc une nouvelle crise à l’horizon.


Leno KOLEBA

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Avec Gabon Eco

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