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Gabon/Edito : L’enfer, est-ce là-haut ?

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Gabon/Edito : L'enfer, est-ce là-haut ?

Dans notre société, la plupart des gens se font l’opinion selon laquelle, le mal du peuple provient presque souvent des gouvernants qui ont certes leur part de responsabilité dans les malheurs des populations, mais ne sont à la vérité pas les seuls sur lesquels l’on devait toujours tirer à boulets rouges. A quoi sert-il d’innocenter la plèbe au sein de laquelle bien d’hommes et de femmes se signalent par des actes plutôt blâmables. Même si l’on convient que nous n’avons pas tous reçus la même éducation, l’espèce de contrat social auquel nous sommes soumis au quotidien nous enseigne ou devrait nous enseigner qu’il n’y a rien de tel que le respect d’autrui ou de la parole donnée. Nous allons à la lumière de quelques faits récurrents par les temps qui courent dénoncer quelques agissements méritant d’être corrigés si l’on tient à ce que l’équilibre auquel nous aspirons tous soit de mise au sein des populations.

Il devient de plus en plus fréquent de rencontrer dans la cité des gens qui se plaignent comme les « gilets jaunes » en France actuellement de ne plus pouvoir boucler les fins de mois, les salaires, le gros des troupes étant constitué de smicards, ne leur permettant pas de faire face aux charges. Conséquence logique, ces derniers réfléchissent à comment rendre leur vie possible. Au nombre des trouvailles, un procédé simple : l’endettement. Seulement, lorsqu’arrive la paie, ceux qui se livrent à ces pratiques, ils sont de plus en plus nombreux par les temps qui courent, éprouveraient souvent des difficultés à rembourser à leurs créanciers les sommes dues, se faisant parfois rares sur leur lieu de travail ou dans le quartier pour ne pas être confondus.

Autre fait également observé, au fur et à mesure que passe le temps, l’impression qui se dégage est que la solidarité, l’altruisme, l’entraide, la compréhension mutuelle et bien d’autres vertus dont l’Africain avait le secret semblent désuètes, l’individualisme prenant le pas sur le communautarisme, fragilisant davantage une société où la paupérisation galopante est perçue par bon nombre comme une fatalité. Fait curieux, cela ne semble rien dire aux communautés qui s’accommodent de tels agissements pour le moins nuisibles, voguant dans une ambiance quasi-infernale ponctuée de déceptions, de révolte, voire de suicide moral. Dans des pays comme le Cameroun, la pratique de la tontine par exemple a permis à beaucoup de citoyens de se sortir d’affaires ou encore de prospérer.

Parce qu’elle met ensemble des personnes conscientes et responsables qui savent que leur engagement vaut la peine et qu’il faut pour cela qu’elles la respectent. Ce qui veut dire qu’il leur faut tenir leur parole en s’acquittant de leur « dû » à temps pour éviter de pénaliser celui à qui revient le tour d’encaisser le pactole. Après tout, la somme perçue permet aux uns et aux autres de réaliser certains projets porteurs qui vont de la construction d’une maison à l’ouverture d’un commerce en passant par la régularisation de dettes, la scolarisation des enfants et l’assurance des soins de santé. Là- bas, la liste des gens appelés à percevoir l’argent est dressée de manière consensuelle, ce qui ne surprend guère personne et constitue un véritable facteur d’harmonie.

« Aide-toi, le ciel t’aidera »

Difficile d’avancer qu’il n’y ait pas comme partout ailleurs quelques brebis galeuses, cependant cela n’est pas de nature à longtemps pénaliser les autres. Or, ailleurs, nombreux sont les rusés qui, les premiers, portent avec la complicité de la « mère tontine » assez souvent leur nom sur la liste et ne daignent pas se conformer au règlement qui veut que la somme d’argent attendue soit remise à une date arrêtée de commun accord. Dans nos villes et villages, il n’est pas de jour où la maltraitance des populations par les gouvernants n’est pas dénoncée, et pourtant ici ou là-bas, la fameuse formule de Thomas Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme » est plus qu’une réalité. Le comble, c’est quand l’on s’aperçoit qu’au lieu d’instaurer la lutte des classes chère à Karl Marx, le bas-peuple se déchire au lieu de développer l’empathie dont il a nécessairement besoin pour son évolution qui passe par la quiétude sociale, le bon voisinage et l’observation du vivre-ensemble.

Car, le constat est que le fossé entre « riches » et « pauvres » plutôt que de se réduire, a tendance à se développer de jour en jour davantage au point de devenir préoccupant pour la stabilité des États. Les populations sont-elles conscientes qu’elles vivent pratiquement toutes les mêmes conditions et qu’elles gagneraient par exemple à se mettre ensemble pour revendiquer leurs droits si elles estiment ceux-ci bafoués ? A quoi cela sert-il alors de se désolidariser des autres ou de jouer les taupes ? Questions que l’on se pose fréquemment à la vue d’hommes agissant de la sorte à raison si l’on tient compte du fait que comme la liberté, le bonheur ne se donne pas, il s’acquiert au moyen d’une lutte disciplinée et sans répit.

Y a qu’à voir l’histoire de toutes les sociétés humaines, sans doute parce que Dieu que l’on dit avoir crée le monde a déclaré l’homme fait à son image, ce qui devrait logiquement insinuer qu’il n’est pas sur terre pour souffrir le martyr, mais plutôt pour se réaliser en se donnant les moyens de se prendre correctement en charge, l’intelligence étant la chose la mieux partagée. Alors, sont-ce les « grosses légumes » qui entravent la réalisation des projets des citoyens lambda ou sont-ce, eux-mêmes, qui ne perçoivent que très peu ou pas du tout l’intérêt qu’ils ont à s’unir pour faire entendre du mieux qu’ils peuvent leur voix afin que celle-ci soit prise en compte et pousse les dirigeants, même les plus immobiles, à changer d’attitude vis-à-vis d’eux ?


Dounguenzolou

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Avec Gabon Eco

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