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POURQUOI CERTAINS GABONAIS SOUHAITENT LA VACANCE DU POUVOIR ?

Inhumanité, haine, méchanceté gratuite, persiflage de mauvais goût, etc… Pourquoi certains compatriotes Gabonais se sont-ils réjouis de la mort supposée d’Ali Bongo?

“Les deux Gabon : L’arrogance d’un côté et la désillusion de l’autre, regardons la réalité en face”
Anne Marie DWORACZEK-BENDOME

 

Parlons peu, parlons bien. Omar Bongo Ondimba, le père d’Ali, avait géré le Gabon pendant 41 ans, il n’avait pas fait que des heureux, et pourtant, à l’annonce officielle de sa mort, les gabonais, pleureront leur président. Pourquoi, son fils, 9 ans seulement de magistère, voilà que ces compatriotes se réjouissent à l’idée qu’il ne soit plus de ce monde. Comment sommes-nous arrivés à cette extrémité ? –

Le monde entier a vu et assisté, ébahi à la vision d’une société divisée et en pleine dislocation. Aujourd’hui que les nouvelles sont bonnes pour les tenants du pouvoir, cela ne doit pas empêcher les soutiens du Président Ali Bongo, dont certains ont eu très peur de perdre leurs prébendes et prérogatives si ce dernier n’était plus là, de faire l’autopsie des événements de ces 3 dernières semaines.

En lieu et place d’un Gabon “Un et indivisible“, dans la réalité, il y a “deux Gabon“, qui se regardent en chiens de faïences. S’opposer quant à la manière de gérer le pays est une chose normale mais aller jusqu’à se haïr, au-delà de la simple politique, on dépasse l’entendement.

Ce Gabon de ressentiment et de rancœur, n’est pas celui que nous devrions accepter de léguer en héritage aux générations futures.

 

POURQUOI CERTAINS GABONAIS SOUHAITENT LA VACANCE DU POUVOIR ?

Hubert Oboulougou, Citoyen Gabonais

Inspiré par les mêmes faits, ci dessous le post de M. Hubert Oboulougou, Citoyen Gabonais.

Le débat sur ce point très important prend sa source dans la pluie des dérives et des approximations dans la gestion sous le magistère d’Ali Bongo à la tête du Gabon depuis 2009. L’observation lucide du Gabon sous l’ère Ali Bongo nous éclaire sur les raisons profondes du souhait de la vacance du pouvoir au Gabon manifesté par des milliers de compatriotes qui s’ingénient à analyser tous signes avancés par les tenants du pouvoir pour justifier la non constatation de la vacance.

 

Si les supputations diverses peuvent se faire et paraître non fondées sur le décès d’Ali Bongo, chose que personne ne devrait lui souhaiter, nombreux sont des gabonais dont la certitude devient inébranlable sur un fait, le Chef de l’Etat n’a pas encore recouvré la plénitude de ses capacités physiques voire intellectuelles. Dans un contexte où les urgences sont nombreuses, soumettre à rude épreuve un homme ayant besoin de plus de repos pour se reconstruire serait inhumain. Surtout, pour un homme dont l’entourage est essaimé d’incompétents notoires, vendeurs d’illusions mus par une rapacité sans égale à voler l’argent public.

 

Si déjà en pleine forme, depuis 2009, autant d’argent a été pillé (plus de 24.000 milliards de francs CFA) devant lui sans que grand-chose soient investi, sorti de terre comme signe de développement du pays, à en juger d’ailleurs par le nombre de projets financés, aux fonds débloqués mais demeurés au stade de plans ou de maquettes. Que dire alors de ce qu’ils peuvent faire avec un président diminué tant physiquement que moralement et, voire intellectuellement ? Un bon entourage d’un Chef d’Etat peut colmater son invalidité provisoire mais pas celui que l’on connait en ce moment, disons les choses telles qu’elles sont.


A peine malade
, aux dires de certaines langues, des virements vers l’extérieur prenant des destinations sombres auraient été effectués. Le chiffre de 5 milliards de francs CFA est même avancé pour l’une des transactions non dictées par les besoins réels de fonctionnement de la nation gabonaise mais pour garnir des comptes des brigands financiers décidés à manger leur poulet Gabon jusqu’aux os. Choquant !

 

La haine des gabonais qui exècrent Ali Bongo a pris sa source dès le début de son premier mandat par l’entêtement qu’il a eu à garder un authentique béninois jamais intégré au Gabon au poste sensible de directeur de cabinet du président de la république, frustrant tous les gabonais et refusant de le débarquer en dépit du rejet populaire de cette grave erreur historique de casting.


Pire
, la suffisance et l’arrogance de cet homme n’ont contribué qu’à pousser tout le monde à vomir Ali Bongo de leur estime. Le sentiment laissé à tous que c’est cet homme qui était le vrai dirigeant du Gabon à sa place a été terrible et inadmissible dans l’esprit de tous les gabonais.


Quant à l’ombre de cet étranger maquillé en gabonais
, le pillage des ressources s’est aussi fait jour, l’idée répandue selon laquelle Ali Bongo n’était pas du tout gabonais a fini par trouver tout son fondement. Que d’étrangers ont été naturalisés pour juste occuper des fonctions à la place des gabonais ? Sentiment d’incompréhension que nul ne peut, à ce jour, vraisemblablement pardonner au dirigeant et à sa suite.


Ainsi
, on a vu des étrangers venir de partout coloniser les gabonais dans leur propre pays, prenant en otage toute l’administration et les postes sensibles du pays, raflant tous les marchés publics via des agences créées pour rendre imparables les détournements. Jamais le Gabon n’a vu une fuite de capitaux organisée massivement ainsi en si peu de temps.


Quant à cela
, s’est ajouté le débarquement par charrettes entières d’anciens barons du régime et de cadres outillés et expérimentés qui tenaient l’administration fait de façon vexatoire sur la place publique, la courte durée de joie suscitée par les tsun’Ali ou raz-de-marée fait par Ali Bongo n’a fait que multiplier ses détracteurs, les nouveaux venus n’ayant jamais montré un seul signe de leur capacité à faire mieux que les anciens débarqués jusqu’aujourd’hui.

 

Aussi, la propension d’Ali Bongo à multiplier des promesses et des maquettes, suivies des pauses de premières pierres sans lendemain a fini par ruiner tout son capital confiance auprès des populations. Les gabonais ont été donc entraînés à vivre dans un Gabon imaginaire qui contrastait avec la réalité. Personne ne voyant le bien-être promis avec certitude se dessine progressivement à l’horizon, l’espérance a laissé place à une grande désillusion.

 

Le rejet de sa personne a eu son point culminant aux élections présidentielles de 2016. Là encore, la mort inutile d’hommes au QG de Ping a sonné le glas d’une fracture profonde entre le peuple et lui, sa supposée victoire ne convainquant que très peu de personne à ce jour, même dans son propre camp. Quant on gagne une élection à la régulière, on ne tue pas inutilement ses frères et sœurs et on ne jette pas en prison des compatriotes pour des simples protestations d’une victoire méritée. Les mauvais conseillers l’ont encore ligoté dans une passe difficile de laquelle il a du mal à effacer.

 

Le sentiment de blocage du destin du peuple gabonais par un homme, issu de surcroît, d’une famille dont le père a géré le pays pendant plus de quatre décennies consécutives, sans discontinuer, devenant un alibi en partie, fondant désormais l’urgence d’une fin rapide de son règne. La majorité des gabonais vivent la présence d’Ali Bongo encore au pouvoir de nos jours, comme un gros abcès purulent dont l’exubérance prononcée occasionne désormais une douleur insoutenable qui fait espérer l’explosion comme moment de soulagement.


Or
, au lieu de faire amende honorable pour amorcer une vraie réconciliation nationale, Ali Bongo a opté pour la récupération de quelques voix qui s’élèvent, traitant avec mépris et condescendance les cris de la majorité des gabonais qui souffrent. La misère se répandant comme une traînée de poudre dans l’ensemble du pays, les gabonais ne voient aucun signe palpable de nature à amorcer un retour à la quiétude favorisant le plein emploi pour juguler la vague de souffrance qui emporte des centaines des familles.


Comme incompris
, vexé par l’ampleur du rejet de sa personne à travers les résultats aux élections présidentielles quoique le déclarant victorieux, Ali Bongo semble avoir choisi de s’enfermer un bunker l’immunisant de mauvaises critiques rompant ainsi le nécessaire dialogue avec un peuple au nom duquel il est censé parler et agir. Reléguant la satisfaction de la population aux calendes grecques, seule la préservation du pouvoir semble devenue l’unique préoccupation majeure.


Pour se faire
, il a cru bon de se maintenir par la force en bandant les muscles, choix inadéquat pour un homme politique aguerri. Depuis lors, il n’a fait que persister dans une voix sans issue, cette fois par une promotion des jeunes sans expérience, bandits aux parcours sinueux pour la plupart entassés sous le label AJEV qui pillent les finances du pays et lui servent un gros tapage médiatique trompeur.

La teneur du discours à la nation du Président de la République le 17 août 2018, confirme alors, si besoin en était que le caractère belliqueux et non apaisé de celui-ci allait toujours dans le sens d’un bras de fer permanent pour lequel il était déterminé à ne jamais perdre la face. Or, combattre la volonté du peuple, c’est combattre la voix de Dieu. Un chef d’état, aussi puissant soit-il, ne peut indéfinitivement résister à la volonté de Dieu.


Il s’est laissé persuadé qu’il pouvait bien gérer le Gabon en se passant des milliers de bras utiles dont le péché est de lui dire la vérité sur les ratés de ses actes de gestion démangeant sa fierté d’homme et touchant à son honneur. Ce gros vent qui semble l’avoir endormi, encouragé dans sa mauvaise voie par un bétail d’hypocrites chantant sa gloire, sans effet concret d’amélioration de nos administrations qui, bien au contraire ont mis tout le tissu administratif en lambeaux avec des liquidations de sociétés en série, a planté le décor définitif de son rejet total. Chaque gabonais perdant son emploi créant un foyer de rejet de sa personne.


La plupart des sociétés mises en liquidation ne le sont pas du fait de la crise frappant leurs secteurs d’activités
. Elles liquident du fait des gestionnaires d’épicerie de quartiers bombardés directeurs généraux d’entité publiques sensibles. Le résultat, nous l’avons devant nous. Outre la perte de leurs emplois, ces gabonais, jetés dans la gueule d’une vie incertaine avec femmes et enfants voient le paiement de leurs droits souvent bafoués par ceux là même qui ont fait péricliter leurs sociétés. Une attitude semblable à une invitation d’un brigand à faire des bises sur les fronts des parents de ses victimes pour la douleur planté dans leurs cœurs.


Au lieu d’une analyse sérieuse de la situation pour attaquer de plein fouet les dérives des mauvaises décisions prises jusque là
, l’orchestration d’une fraude massive aux dernières élections législative et locale a été le summum de l’erreur politique de trop. Transporter des milliers d’électeurs d’une ville à une autre pour faire le nombre, utilisé les commissions du Centre Gabonais des Elections pour agir en faveur des candidats d’un parti, a été la funeste idée qu’il ne fallait jamais avoir.


Il aurait même gagné, puisque tout se fait en tripatouillant
, à laissé à l’opposition 45% des sièges tant à l’assemblée nationale qu’aux locales pour décrisper complètement l’atmosphère car, les opposants sont tous des gabonais et noms des ennemis à proprement parler. Cette occasion de vraie réconciliation nationale ratée ne laissait plus place qu’aux souhaits ardents des populations de voir la main divine agir.


A partir de ce moment
, la majorité de la population ne priait maintenant que pour lui souhaiter le mal, seule issue pour sortir d’une situation bloquée aux yeux de tous. Ceux des gabonais qui se reconnaissent aujourd’hui dans cette position y voient donc à travers la maladie du président de la république l’exaucement de leur prière et ne peuvent donc pas avoir de compassion pour la santé de leur chef, ce qui est déplorable. Je n’ai pas le monopole de la vérité mais telle est ma lecture de la situation.


Ali Bongo n’a jamais donné un signe de quelqu’un prenant conscience de ses erreurs mais plutôt paraissant déterminé à aller jusqu’au bout dans la mauvaise direction observée par tous. Chose curieuse, le contraire lui est servi et chanté par ses contempteurs et supporteurs alimentaires. Ces bandes d’hypocrites qui donnent l’apparence d’êtres des fervents soutiens d’Ali Bongo prendront le large dès que la situation basculera.

Quoi donc de plus normal qu’une population se jette dans une liesse populaire en apprenant sa maladie ? Pour inhumaine que soit cette attitude, la vérité est là, certains prennent cette nouvelle comme un baume pansant la douleur endurée par leur situation désastreuse du fait des décisions prises par Ali Bongo.


Les milliers des chômeurs aujourd’hui,  ne comptent pas voir l’embellie avec Ali Bongo comme dirigeant à la tête du pays, le troupeau de jeunes voyous qui écument les couloirs du pouvoir mus par le vol uniquement ne peut rassurer personne. Toute l’équation de ce désamour est là, ce qui explique les chaudes empoignades entre les pro-Ali et ceux qui souhaitent son départ où les viles injures fusent à travers les réseaux sociaux. Triste.


Le miroir dans lequel le pouvoir ne voudrait pas du tout se regarder est bien celui-là. Condamner ceux qui ont une attitude anormale face à la maladie d’un homme ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre ce qui a bien pu nous conduire dans ce genre de situation regrettable. Le Gabon est UN et indivisible et n’a pas besoin de ce spectacle avilissant pour son peuple.

 

On peut conclure que ce n’est pas ceux qui souhaitent le malheur à leur chef qui sont nécessairement mauvais, mais les enseignements faits de mépris aux populations par nos dirigeants dont le rendu triste est celui-là.

 

Source : Hubert Oboulougou, Citoyen Gabonais

Rédaction @DBNEWS
6/12/2018

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