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Lettre ouverte A Son Excellence Monsieur Ali BONGO ONDIMBA Président de la République Gabonaise Chef de l’Etat.

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A l’approche des élections législatives et locales, le président de l’association de lutte contre crimes rituels a tenu dans une lettre ouverte adressé le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba sur l’ampleur des crimes rituels au Gabon. Ici l’intégralité de cette lettre ouverte signée d’EBANG ONDO Jean Elvis

J’ai l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance pour vous interpeller sur le contexte de la situation des violations des droits de l’homme au Gabon et particulièrement le droit à la vie banalisé chez nous à travers  le phénomène des crimes rituels.

Je vous adresse aujourd’hui cette lettre ouverte car, je pense qu’il est nécessaire de revenir sur ce dossier important  des crimes rituels et le remettre  sur la place publique à l’approche des élections législatives et sénatoriales.

Comme beaucoup de Gabonais victimes de ce phénomène qui n’ont pas la possibilité de vivre en paix, assoiffés de justice, je mène cette lutte depuis 2005. Cette date marque aussi votre engagement  officiel de mettre fin à ce fléau à travers le colloque de l’UNESCO tenu les 19 et 20 Juillet 2005. Le 11 mai 2013, devant la Nation entière vous avez réitérez la bonne volonté à lutter contre les crimes rituels en recevant notre mémorandum accompagné de la Première Dame Sylvia BONGO ONDIMBA, les confessions religieuses, les hommes politiques, la société civile, etc.

En ma qualité de parent victime et de Défenseur des droits de l’Homme, je me révolte contre la non prise en compte des recommandations faites par la société civile contenues dans ce mémorandum. Depuis les assises d’ANGONDJE jusqu’à présent le phénomène s’aggrave de plus en plus malgré les changements de vos Gouvernements successifs les crimes rituels continuent avec les disparitions et l’insécurité. Les enquêtes sans suites, les présumés coupables  arrêtés et libérés. Les criminels  changent leurs modes opératoires. Ce sont les enlèvements sans traces qui gagnent le terrain.  Je n’ai jamais pu imaginer que l’on pouvait laisser les Gabonais animaliser les autres. J’en passe. C’est  vraiment triste.

Un sac d’organes humains découvert à Basile ONDIMBA, un bidon de 5 litres de sang humain découvert à NKEMBO dans l’affaire Marie Catherine.

A  Fougamou  8 crimes rituels  en l’espace d’un mois, manifestation de la population, route barrée, marche pacifique et dénonciations.  Les noms des personnalités politiques sont cités par les médias. Mais, au pays où  l’impunité a droit de cité les autorités laissent passer le vent. Le dernier cas signalé concerne l’élève Etienne MALATA inscrit en classe de 1ère  dans un lycée.

Les réseaux des criminels rituels de MAKOKOU et de LAMBARENE. La population attend avec impatience leur jugement depuis 2013.

Dans le village  Ayeguening (Minvoul), une pétition a été déposée le 11-mars-2016 par les populations au tribunal d’Oyem pour demander les départs de deux hommes politiques qui terrorisent les populations : enlèvements et disparitions des personnes, 3 crimes en un mois dans un village.

Le mardi 5 février 2013, le  fait divers  cruel que macabre. Trois enfants, âgés de 2 et 3 ans, ont été retrouvés morts dans une voiture de marque BMW, visiblement en panne à Owendo.  Un réseau de trafic d’enfants Pygmées, géré par des femmes de nationalité équato-guinéenne, Regina Mene Obone et Candida Mangue Macha-Nzang,  démantelé à Minvoul, dans la province du Woleu-Ntem au nord du Gabon.. Le lundi 04 février 2013

Les corps sont ramassés dans la nature et se présentent  comme des gibiers abandonnés par des fauves : dépecés, égorgés ou  mutilés. On note aussi plusieurs cas de disparitions.

Violence en vers la jeunesse  Décès d’un élève. Les élèves du Lycée technique national Omar-Bongo (LTNOB) ont entrepris le 21 février 2013 une marche de protestation qui s’est soldé par un affrontement avec les forces de police

Les Profanations des tombes.

La victime du Boundou après avoir avoué ses crimes. Vianney Bopenga, Gabonais, 23 ans, aurait avoué, sur son lit de mort, avoir participé au meurtre d’une femme, ainsi qu’à la profanation de plusieurs tombes dans la localité de Sindara, près de Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié.

En tant que Président de la République, Chef de l’Etat  et  Chef suprême des armées, disposant de tous les services de renseignements, vous êtes bien informé sur ces  crimes rituels ;

L’insécurité  au Gabon.

Je me demande où est passé l’Homme de Paix, Pourquoi ce silence pendant que le sang des innocents continu à couler dans l’impunité total des commanditaires ? Où est l’égalité des chances dont la propagande gouvernementale nous parle à longueur de journée dans vos médias. Evidemment, vous ne pouvez pas comprendre notre  amertume parce que « ça n’arrive pas  qu’aux autres ». Ceux qui doivent vous parler ne vous disent pas la vérité parce qu’ils préfèrent vous caresser dans le sens du poil. Ils protègent leur morceau de pain.

Ce sont ces nombreuses causes de déception qui nous ont poussés de vous interpeller. Nous  alors pris la décision de vous adresser la présente lettre ouverte.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le constat évoqué ci-dessus m’amène à réfléchir sur la situation des droits de l’homme dans notre cher pays le Gabon depuis 2009 date à laquelle vous vous êtes engagé à protéger les Gabonais.

J’ai pu comprendre que les Gabonaises  et les Gabonais avaient pensé que leur pays pouvait être mieux dirigé  et vivre dans une véritable Paix.  Ils étaient en droit d’aspirer à un renouveau social ainsi que  leur souffrance quotidienne devrait être allégée et leur pauvreté réduite. Ils sont allés jusqu’à penser que la classe politique   actuelle n’a pas assez fait pour leur sortir de l’insécurité et  de la précarité.

Votre élection de 2009 présentée comme « défenseur du droit à la vie pour nous »  a été alors saluée.  Mon état d’âme aujourd’hui est que comme plusieurs Gabonais, je me suis trompé.

Je me suis trompé par ce que vous protégez votre entourage cynique qui sème la terreur auprès des paisibles citoyens sans défense.  Les Gabonais sont méprisés. Tous les cadres  qui devaient porter le changement et l’émergence que vous prônez ont été brisés par  certains de vos collaborateurs. Le taux d’abstention des élections à venir risque d’être très élevé. Aidez-nous à mettre un terme à la démagogie, à la violence et à la flatterie qui n’honorent pas notre pays aujourd’hui.

En effet, l’unité nationale a été mise à mal, la paix sociale en danger à cause des crimes rituels les autres formes de violences. Conséquences, chaque Gabonais vit aujourd’hui dans l’hypocrisie, la peur et la psychose.

L’unité nationale que vos prédécesseurs  Chefs d’Etat se sont efforcés à sauvegarder durant toutes ces années de renouveau démocratique a été foulée aux pieds sans autre forme de procès.

Quant à la lutte contre la corruption et les sessions criminelles économiques  je découvre que l’argent a plus de valeur que l’Etre Humain. Aucun présumé criminel rituel cité par les détenus n’est jamais passé à la barre pour être entendu. L’impunité persiste toujours. Le pire est que notre proposition de loi sur les crimes rituels de 2015 est classée dans les oubliettes de l’histoire, car elle a été rejetée par la cour constitutionnelle.

J’ai failli prendre votre discours du 11 mai 2013 comme l’un des premiers de ces actes humanitaires concrets car vous êtes détenteur des trois pouvoirs  au Gabon. Vous êtes en mesure de mettre fin à ces pratiques sataniques, à ces injustices sociales  en une journée sans contestations.

Le plus grave c’est la tournure transfrontalière du  phénomène. Trois Gabonais impliqués dans les crimes crapuleux de 3 jeunes enfants   dans le sud du Cameroun, à Kyé-Ossi, pour kidnapping et assassinat.  Une honte. La presse locale Le journal EZOMBOLO cite trois hommes politiques en fonction comme commanditaire de ces actes.  Pourquoi gardez-vous l’omerta de ce dossier ?

Vous avez choisi pour votre défense d’arrêter ceux qui détournent les fonds publics  ce que vos collaborateurs appellent l’opération MAMBA. Le moyen principal utilisé à cette fin est de divertir la population des scandales financiers dans les poubelles de l’histoire. Pour moi, c’est un péché mignon par rapport à la destruction de la race humaine, ce crime contre l’humanité. Cependant il faut blanchir les consommateurs et vendeurs d’organes humains.

 Je vous rappelle que je suis à politique mais Défenseur des droits de l’homme,  assoiffé de la justice, un  patriote qui aime son pays ayant la crainte de  Dieu Tout Puissant.

Je pense que vous devez promulguer la loi sur les crimes rituels telle qu’elle a été présenté et voté à l’Assemblée Nationale en 2015 et relancer la Commission Nationale des Droits de l’Homme dont les activités tardent toujours à démarrer.

Vous êtes le garant du respect de  la constitution selon les termes du serment que vous avez prêté. Il n’est pas question de  bafouer la dignité humaine et les sessions criminelles. Cela pourrait troubler davantage la quiétude des Gabonais.

Je pense sincèrement qu’il ne  vous servira à rien de  continuer à protéger ces criminels à travers les grâces présidentielles.  A chaque remaniement ministériel, à chaque tenue des élections le sang coule  soit par les crimes rituels, soit par les autres  formes  de violence. Vous devez protéger les Gabonais.

Nous savons que  comme dans tous les  pays en voie de développement, le Gabon fait face à de grandes difficultés,  mais comparer  à d’autres pays, il bénéficie d’énormes atouts naturels  qui doivent profiter à chaque citoyen. De Gouvernements en Gouvernements le phénomène de violences reste intact. On nous décrète la Paix. Peut-on parler de Paix là où l’insécurité règne au quotidien ? Peut-on parler de Paix là où l’injustice, la corruption  font taire les populations ?

Peut-on parler de paix lorsque le peuple est opprimé?

Peut-on parler de paix lorsqu’il y a tant  d’enlèvements, de disparitions, des crimes impunis ? Peut-on parler de paix lorsque, les cadres sont fichés ? Peut-on parler de Paix dans un pays où les magistrats sont en grève de temps et temps ?

Peut-on parler de paix dans un pays militarisé, ou les forces de l’ordre répriment la moindre manifestation pacifique? Oui !  C’est la Paix de cimetière.

Excellence Monsieur le Président de la République,

 J’aurais pu  vous adresser directement cette lettre si je n’avais pas eu des craintes qu’elle ne vous parviendrait jamais. Comme mes activités qui sont censurées par vos médias à présent par ce que dit-on  je dérange, « je ne veux pas jouer le jeu comme certains membres de la société civile qui se disent indépendants  et passent leur temps à évaluer les autres ».

Votre entourage, vos compagnons de première heure, même si on y trouve encore quelques personnes de conviction, n’ont  pas la réputation de vous dire la vérité. Comme je vous l’avais dit en 2013 face à face.

Monsieur le Président, vous n’avez pas besoin de continuer à faire des beaux discours comme vous aimez à le faire, car les Gabonais en ont assez reçu. Ils n’attendent qu’une justice pour tous, un travail pour tous, une sécurité pour tous. Il vous suffit de répondre à leurs doléances, de vous repentir sincèrement. Je suis convaincu que dans ces conditions, ils vous pardonneront.

Je suis  citoyen gabonais. Je  ne dois pas rester muet devant la situation de crise de violations des droits de l’homme que vit notre pays et dont de nombreux indicateurs traduisent qu’elle hypothèque sérieusement notre avenir commun.

C’est pourquoi, Excellence, en votre triple qualité de détenteur des pouvoir Exécutif, Législatif et Judiciaire, je reprends  cette initiative de vous interpeller.

Je vous prie d’agréer Monsieur le Président, par la présente, l’expression de ma très haute considération et toute ma gratitude.

EBANG ONDO Jean Elvis

Avec Pyramid Media Gabon

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