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Gabon: Quels intellectuels, pour quel développement?

Le Gabon, pays à revenus intermédiaires avec un PIB par habitant estimé à 5999 US Dollars depuis plusieurs années; à forte potentialité économique et sociale du fait de sa diversité culturelle,  devrait d’être  enclin à un développement assez considérable et acceptable comparativement à la Guinée équatoriale ou même le Rwanda en dépit du conflit armée qui a émaillé celui-ci, il est un exemple d’intelligence économique de référence mondiale au regard de sa croissance économique, la construction d’infrastructures et sa stabilité en termes d’Indice de Développement Humain ( IDH).

Ce qui est le plus étonnant avec le cas du Gabon, c‘est que malgré les périodes de bonne santé économiques avec les différents boom pétroliers qu’il a connu, la présence d’imminents diplômés, d’ingénieurs, de politologues, d’économistes, sociologues et de spécialistes de sciences technologiques, cet émirat pétrolier, n’a jamais connu en envol considérable et efficient quand on sait les atouts qu’il regorge quantitativement et qualitativement.


Nous sommes amener à s’interroger sur les réels faiblesses du pays afin de cerner la question sur quelques facteurs non-négligeables qui font l’objet de notre étude: La volonté politique, l’inadéquation formation-emploi, la mauvaise gouvernance, la tutelle intellectuelle, la gabegie financière, l’échec scolaire, les grèves à répétition dans le secteur éducation depuis plus de 20 ans, la non-implication des diplômés dans le développement de leur patrie, le carriérisme des fonctionnement, le génocide intellectuel à la gabonaise…Nous allons retenir quelques points des plus importants au  cours de notre discours afin d’apporter une relative et modeste lumière sur les causes de la stagnation de la société gabonaise.

 

Il est connu de notoriété publique que ” l’éducation (formation) est la clé du développement”, ce développement concerne donc tous les compartiments de la société, autrement dit, sans une réelle éducation-formation- des élevés et étudiants, héritiers de l’avenir, de la société, celle-ci est vouée à toutes sortes de dérives, de stagnation et de dégradations socioéconomiques et culturelles pour ne citer que ces aspects de choses.

Comment est-ce qu’on peut espérer garantir des meilleurs auspices d’un avenir radieux; quand bien même, la crise de l’école au Gabon, ne semble pas être une priorité pour les gouvernants et les différents partenaires sociaux du secteur éducation? Comment encore assurer une relève pour la société quand les apprenants se livrent la facilité, à l’achat des notes, les moyennes sexuellement transmissibles, l’insouciance,  l’oisiveté et l’incivisme? Comment enfin, vouloir une société progressiste et harmonieuse quand le plus important pour les fonctionnaires, hommes politiques, acteurs sociopolitiques et culturels reste leurs carrières et non l’intérêt général sans citer le manque de vocation dans leur engagement puisque Stendhal affirme que:  La vocation, c’est d’avoir pour métier sa passion.  Les sociétés capitalistes sont inexorablement en train de perdre le nord et déshumaniser leurs habitants et c’est bien le cas dans notre pays. Il faut cependant, que nous options pour de nouveaux systèmes politico-économiques axés sur le social et la solidarité ( socialisme-solidarisme) ou social-démocraties.

 

La méritocratie au détriment du népotisme, la corruption, les privilèges et l’injustice sociale, doit prendre une  place considérable dans les politiques publiques afin de garantir une société en expansion, garantissant bonne gouvernance, efficacité et développement harmonieux sur tous les plans sociétaux pour garantir la félicité et la concorde voulues par nos ancêtres. Il faut donc que les intellectuels conscients reprennent la place qui leur est due, que les valeurs ne soient plus inversées, que la pyramide des valeurs se repositionne, que la transparence gouvernementale soit érigée en norme et que l’indépendance financière, intellectuelle voire militaire soit institutionnalisée.

Que la recherche scientifique et technologique deviennent partie intégrante de département de la planification et de la programmation du développement en parfaite osmose, que les travaux qui découlent des  centres de recherches profitent d’abord au Gabon. ( conseillers d’orientation, renforcement des capacités de formateurs, revalorisation des salaires des fonctionnaires, l’état-providence, infrastructures scolaires et universités modernes, redynamisation du département ministériel de l’éducation populaire et de l’instruction, la reforme administrative…)

 

Pour conclure, la stagnation du Gabon, peut s’expliquer par la déliquescence de tous les secteurs clés qui font la force d’une nation; quelle sens redonner à la citoyenneté, au patriotisme, aux valeurs? Qu’est-ce que être Gabonais? Comment adapter notre système éducationnel à nos valeurs, à notre histoire, à nos us et coutumes? Quelle est l’importance de nos langues dans le développement économique? Quelle politique pour une jeunesse épanouie, bien éduquée et bien formée? Nous pensons que ces priorités seront reconsidérées, la devise du Gabon; l’union-travail-justice pourrait avoir un véritable sens.  Le classement mondial des pays selon leur QI moyen, élaboré grâce à une étude statistiques entre 2002 et 2006 par deux éminents professeurs, Richard Lynn d’origine britannique et Tatu Vanhanen d’origine finlandaise, respectivement psychologue et politologue, classe le Gabon à la 41ème place pour un QI moyen de 64, derrière la Guinéé-Bissau, le Libéria, le Sao-Tomé, la Gambie, le Cameroun sur 80 pays, de quoi s’interroger  et rectifier le tir. Quel intellectuels, pour quel developpement?

 

Écrit par Junior Ebong Tchissambo
16 avril 2018

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