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Apurement de la dette/Fabrice Andjoua: «Pas un chèque en blanc mais un moyen de relance économique»

Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, le 12 février 2018 © GMT

Faisant suite à la signature d’une convention portant règlement définitif de la dette intérieure de l’ordre  de  310 milliards de Fcfa, soit 77% entre l’Etat gabonais et un Groupement d’intérêt économique (GIE) dénommé «Club de Libreville», le directeur du Budget et des finances publiques, Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, s’est plié aux questions de la rédaction de Gabon Media Time afin d’édifier l’opinion sur les enjeux de cette mesure. Il faut noter que ce remboursement devra permettre à terme la reprise de l’investissement par les entreprises bénéficiaires, participant ainsi à l’effort de relance de l’économie nationale.

Gabon Media Time: Le vendredi 9 février dernier, l’Etat gabonais annonçait la signature d’une convention de règlement définitif de sa dette intérieure.  Un effort qui permettra de payer 310 milliards de Fcfa; soit 77% du montant total de la dette qui s’élève à 400 milliards de Fcfa. Quels sont les contours de cette convention portant règlement de la dette intérieure ?

Fabrice Andjoua Bongo Ondimba: Je tiens d’abord à vous remercier d’être aujourd’hui dans nos murs pour aborder cette convention importante pour l’économie de notre pays. Avant toute chose, il s’agit d’abord de préciser le contexte. Il y a à peu près un an et demi, je prenais la présidence du Comité interministériel d’audit et de certification de la dette intérieure de l’Etat (CIADCIE). Ce comité avait pour mission d’évaluer la dette intérieure, de vérifier sur le terrain le service fait. En l’occurrence, l’ensemble des travaux qui avaient été réalisés ou pas, de les consolider, d’en faire un état définitif et de proposer au gouvernement des modes de règlements.

À l’époque, nous avions, avec l’accord du Président de la République chef de l’Etat et du ministre de l’Economie, mis en place un procédé qui était très simple. Celui-ci nous permettait de régler en partie, en avançant des fonds aux entreprises et PMEs qui avaient effectué des prestations sur le terrain et qui étaient en droit de bénéficier d’un règlement quel qu’il soit. Donc ces entreprises bénéficiaient d’une avance et le reste devait faire l’objet d’une convention qui serait payée par la suite.

A cette époque, le CIADCIE annonçait les règlements qui devaient intervenir au niveau de la dette intérieure. Une fois nommés à nos différentes fonctions, nous avons reçu pour instruction de la part du Chef de l’Etat de mettre en place de façon définitive un cadre qui permettait de régler et d’apurer cette dette intérieure qui devenait un épineux problème pour l’économie. D’où la mise en place du Club de Libreville 7 qui, après le Club de Libreville 6 de 2010, intervient aujourd’hui pour apurer l’ensemble de ces dettes. Il s’agit d’une convention de 310 milliards de Fcfa portant sur 77% des créances dues par l’Etat aux entreprises. Et cette convention court sur une durée de plus de 5 ans.

Quel mécanisme sera utilisé pour l’apurement de cette dette et qui en seront les principaux bénéficiaires ?

Parmi les stratégies arrêtées dans le cadre du PRE, figure le dialogue renforcé avec les opérateurs économiques, en vue d’apurer la dette intérieure et donner un signal fort au secteur privé afin qu’il retrouve des marges de manœuvre. A cet effet, pour l’apurement de la dette intérieure, nous avons eu recours à un mécanisme qui est le Club de Libreville.

Le mécanisme est simple. En quoi consiste-t-il?  Les entreprises référencées  ayant les créances sur l’état, sont donc validées par le Directeur Général du Budget et des Finances Publiques et celui de la Dette. Ces créances validées par les deux directions générales donneront lieu au règlement instantané ou de façon échelonnée, selon la stratégie économique définie par l’entreprise. Cela permettra donc de relancer la machine économique, d’améliorer les trésoreries des entreprises qui étaient pour la plupart sinistrées. L’objectif étant de pouvoir stimuler l’embauche et l’investissement. Voilà de manière succincte le mécanisme qui a été retenu par rapport à ce Club de Libreville 7.

La restauration de la confiance des opérateurs économiques se situe au cœur des objectifs du Plan de relance sur la base duquel repose l’action gouvernementale au cours des trois prochaines années. Ainsi, le traitement de la dette figure au centre des préoccupations du Président de la République, Chef de L’Etat.

Le communiqué de la présidence évoque la constitution d’un Groupement d’intérêts économiques. Quels sont les mécanismes de constitution de ce GIE?

Le groupement d’intérêts économiques a pour but de mettre en face de l’Etat un seul et unique interlocuteur. Vous savez que le monde de l’économie est large et varié. Le groupement d’intérêts économiques présidé par la BGFI Bank, permet de rassembler tous les opérateurs économiques qui auront droit à ce règlement.   C’est une configuration qui avait déjà été utilisée dans le cadre du club Libreville 6 et cela facilitera les échanges entre les entreprises et l’Etat.

L’Etat va-t-il réellement respecter ses engagements vis-à-vis des établissements bancaires et financiers? Ce mécanisme de règlement ne cache-t-il pas une autre forme d’endettement ?

Je pense qu’il n’y a aucun doute là-dessus. L’Etat va respecter ses engagements auprès des établissements bancaires. C’est une question qui ne se pose pas. Il s’agit de nos premiers partenaires économiques dans ce genre d’opérations. Nous avons tenu à valider ensemble (les banques et l’Etat) les niveaux de règlements mensuels qui devraient échoir notre partenariat. Cette opération est soutenable pour les deux parties. Pour ceux qui se poseraient la question relative à l’endettement supplémentaire, je dirai que le but est de relancer la machine économique, à travers la création d’emplois et la consommation qui permettront à l’Etat d’engranger des ressources supplémentaires.

Vous évoquez justement les créations d’emplois à travers le redémarrage de l’économie qui sont des effets escomptés de la conclusion de cette convention conditionnée par le réinvestissement d’une partie des montants remboursés. Comment l’État pourra t-il s’assurer que cet argent est effectivement utilisé à bon escient ?

C’est une condition sine qua non. Les entreprises qui percevront ces règlements auront pour obligation d’achever les travaux qu’ils avaient commencé au cas où ceux-ci n’étaient pas allés à terme. La DGBFiP sera particulièrement active dans le contrôle de l’achèvement desdits travaux, à travers la Direction des Marchés Publics. Nous allons signer un protocole interne DGBFiP-Entreprise, dans lequel chaque entreprise s’engagera à finaliser les travaux qui auraient dû l’être.

Ce ne sera pas un chèque en blanc qu’on remettra, il s’agit de relancer véritablement l’activité économique, de veiller à la livraison des projets et au fait que les entreprises réinjectent cet argent perçu dans le circuit économique.

Quel rôle la Direction générale du budget et des finances publiques va-t-elle jouer dans le règlement de cette dette ?

Le rôle de la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques est capital dans ce mécanisme. Elle valide chaque créance donnant lieu au règlement et effectue la vérification de l’exécution des travaux ou du service fait.

Votre mot de fin?

Nous tenons à remercier le Chef de l’Etat pour la confiance qu’il a placé au monde économique. Il s’agit d’une décision forte et courageuse qui traduit sa volonté d’améliorer le contexte économique du pays pour produire des effets positifs sur le quotidien des Gabonais. A ce titre, la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques, par ma voix tient à le remercier.

 


Avec Gabon Media Time

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