vendredi, juin 5, 2020
CRISE A L’UFR/SEG DE L’UNIVERSITE NAZI BONI : Les étudiants réclament le départ du chef de département
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CRISE A L’UFR/SEG DE L’UNIVERSITE NAZI BONI : Les étudiants réclament le départ du chef de département


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CRISE A L’UFR/SEG DE L’UNIVERSITE NAZI BONI : Les étudiants réclament le départ du chef de département

Le 22 janvier dernier, les étudiants de la première année de Sciences économiques et de gestion (SEG) de l’Université Nazi Boni (UNB) de Bobo-Dioulasso, ont organisé une marche, suite à la crise qui les oppose depuis octobre 2017 à leur administration. Partir du Centre de calcul pour rejoindre le gouvernorat des Hauts-Bassins pour ensuite faire une déclaration au premier responsable de la région afin que celui-ci trouve une issue favorable à leur problème, tel était le dessein des étudiants qui ont été vite dispersés par les forces de l’ordre. Approchés, les étudiants concernés, par la voix de leur porte-parole, donnent ici leur version des causes de la crise.

Initialement prévue à la place  Tiéfo Amoro, lieu de rassemblement pour ensuite rejoindre le gouvernorat des Hauts-Bassins, cette marche des étudiants de l’UFR/SEG de l’UNB, décidée en Assemblée générale (AG) le 19 janvier dernier et dont la demande de manifester avait, au préalable, été déposée auprès des autorités compétentes mais sans suite favorable, a dû  être délocalisée  au Centre de calcul à cause de la présence très matinale des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) au point de départ initial, pour empêcher la marche parce que, dit-on, les étudiants n’avaient pas une autorisation de manifester. Malgré les injonctions des forces de l’ordre et conscients de l’illégalité de leur activité, les étudiants ont tenu à effectuer cette marche, au regard de la situation qui prévaut au sein de l’université. « Nous avons eu à déposer une note à la mairie et au  gouvernorat, mais on a pas eu de retour. C’est pourquoi nous avons décidé de maintenir cette marche-là. Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux ce matin, ils nous ont fait savoir que nous ne pouvions pas la tenir. Néanmoins, les étudiants ont quand même décidé de marcher, car la situation, au niveau de l’Université,  empire de jour en jour », a dit Issiaka Porgo, porte-parole des étudiants. Selon lui, l’objectif de cette marche est d’arpenter les rues de la capitale économique du pays des Hommes intègres pour exprimer leur mécontentement au vu et au su de tous quant à la manière dont la crise est gérée car, poursuit-il, «si l’administration viole les textes pour programmer les devoirs, pourquoi les étudiants ne vont-ils pas violer les textes pour marcher aussi ?». C’est ainsi que dans leur entêtement ils ont été très vite dispersés en plein centre-ville par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes, et plus d’une quinzaine de leurs camarades ont été arrêtés et des téléphones portables et motocyclettes confisqués.

« Nous voulons la démission de Yaya Soulama, notre chef de département »

Pour revenir à la crise  qui a conduit à la présente marche,  elle serait née, selon les explications de Issiaka Porgo, de l’accumulation des modules à eux dispensés depuis le 7 mars 2017, sans aucune programmation d’évaluations. Inquiets de la situation, les étudiants ont tout de suite interpellé leurs responsables afin que ces derniers leurs permettent d’évacuer certains modules par le truchement des devoirs. Ceux-ci ont, disent-ils,  justifié ce retard de programmation par le manque d’amphi pour contenir la promotion dite de masse (plus de 1 500 étudiants), tout en les rassurant que leurs inquiétudes qui se résument à l’espacement des dates des évaluations, seraient prises en compte en temps opportun. Ainsi, la première évaluation du premier semestre est intervenue le 21 juin de l’année 2017, « sans incident, suivie des travaux dirigés qui ont pris fin le 29 juillet », a laissé entendre le porte- parole des étudiants de SEG 1. Et celui-ci d’indiquer que c’est finalement le 31 juillet 2017, date à laquelle ils devraient partir en vacances, qu’ils ont appris que les 7 devoirs étaient programmés du 3 au 6 octobre 2017, soit 2 devoirs par jour. Pas du tout satisfaits de cette programmation, ils sont tout de suite rentrés en contact avec  Yaya Soulama, leur chef de département, qui leur a donné rendez-vous à la rentrée administrative le 15 septembre 2017, avec pour motif qu’il était en vacances et que les problèmes de l’université seraient réglés après les vacances. C’est alors qu’à la reprise, ce dernier a rejeté leur requête d’espacement des dates des évaluations, sous prétexte qu’ils ont eu toutes les vacances pour étudier. Après plusieurs négociations sans succès, les étudiants, à la suite de trois AG tenues respectivement les 19, 27 septembre et 2 octobre 2017, décidèrent alors de boycotter les évaluations, programmées. Un mot d’ordre qui, disent-ils, a été bien suivi du premier au dernier jour. C’est alors que l’administration, sans réaction aucune, a laissé les choses suivre le processus normal en programmant le dernier devoir du semestre et ce, selon les textes qui stipulent que « les évaluations sont faites en concertation entre les étudiants et l’administration ou l’enseignant », a précisé Issiaka Porgo, contrairement au processus de programmation des sept évaluations boycottées. Toujours inquiets pour les évaluations non faites, les étudiants ont dit reprendre les pourparlers afin de pouvoir les rattraper, mais sans succès. C’est ainsi que le 8 décembre 2017, ils ont été surpris de constater que les copies du premier et du dernier devoir étaient disponibles. Une situation qui, naturellement, a conduit à la délibération le 17 décembre 2017 avec zéro admis et 1 596 ajournés. Toute chose qui va amener les étudiants de la SEG1 à approcher les autres promotions de l’UNB qui vont, disent-ils, se joindre à leur cause. Ensuite, ont suivi des recherches de solutions qui vont les mener auprès du ministre Alkassoum Maïga, du président de l’Assemblée nationale alors en visite dans leurs locaux et auprès des autorités religieuses et coutumières de la cité des Silures sacrés. Avec ces tentatives de médiation, il leur sera demandé par la présidence de l’université, de prendre part à la session de rattrapage programmée pour le 11 janvier 2018. Après quoi, le président de l’université a indiqué qu’il verra dans la mesure du possible comment programmer une session spéciale pour les sept devoirs restants. Chose que les étudiants n’ont voulu accepter que sous

engagement de leur président. N’ayant pas eu cet engagement, les étudiants décidèrent alors de boycotter la session de rattrapage et s’en est suivie une série de courses-poursuites, de « 14h à 19h », selon Issiaaka Porgo, entre eux et les CRS, le jour même de la session de rattrapage qui fut reportée au 16 janvier, mais sans succès.    Cette situation a conduit à la marche du mardi 22 janvier, pour exprimer leur insatisfaction vis-à-vis de leur administration. S’agissant de leurs camarades qui ont été arrêtés au cours de la marche, Issiaka Porgo a dit que ceux-ci ont été relaxés le même jour aux environs de 23h. En ce qui concerne la situation, les étudiants demandent l’indulgence de leur administration pour une sortie de crise véritable. « Car, après tout, nous sommes leurs enfants et on leur demande de passer par la voie de la négociation sans vouloir nous imposer leur décision », dixit Issiaka Porgo. Quant au président de l’université, les étudiants ont dit reconnaître   sa détermination à trouver une solution à cette crise. « Mais le problème ici, ce sont ses collaborateurs qui ont tout fait pour envenimer cette crise,  surtout notre chef de département, Yaya Soulama dont nous voulons la démission parce qu’il a failli à ses obligations », a conclu le porte-parole des étudiants de SEG 1.

LE MONARCK

(Correspondant)

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Avec lepays.bf

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