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Au Gabon : Entre l’échec et le recul démocratique !

 

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De 1990 à 2017, le pays aura organisé au total quatre dialogues politiques. Quatre tours, avec une particularité commune, ils n’interviennent souvent qu’au lendemain d’une élection présidentielle chaotique, sans que les acteurs politiques parviennent à mettre en place un système démocratique viable. Puisque les institutions issues de ces négociations sont souvent contestées. Conséquence: la démocratie semble toujours embryonnaire, perpétuellement formée et donc conflictuelle.

De l’élection à l’élection, le scénario est le même: élection présidentielle contestée, violence postélectorale totale, dialogue politique, institutions contestées … C’est la «malédiction électorale gabonaise» dans laquelle le pays s’est enlisé depuis 1993, l’année de la première élection pluraliste, sans jamais la quitter. Vingt-cinq ans de construction et d’entrée dans une démocratie qui semble tourner en rond, avec des acteurs politiques aussi instables que le jeu politique qu’ils aident à se brouiller.

Aujourd’hui allié du pouvoir, demain l’opposition, après demain dans la majorité et vice versa, ce qui rend complexe et difficile, l’aboutissement du projet démocratique dans le pays, alors que les frustrations électorales, la haine, la violence s’amplifient et s’amplifient chaque jour. Au-delà d’une paix sociale apparente, le pays connaît une conflagration grandeur nature dont le scénario post-présidentiel du 31 août 2016 n’aura été qu’un signe avant-coureur. Sauf pour ceux qui, au mépris de la réalité, proclament ostensiblement que les institutions fonctionnent normalement et que tout va bien.

Qu’en est-il des dialogues politiques?

Alors que la Conférence nationale de 1990 a donné naissance à un certain nombre d’institutions politiques et juridiques, y compris la Cour constitutionnelle et le Conseil national de la communication (CCN), leur fonctionnement a jusqu’à présent échoué à une démocratie crédible. Ni les Accords de Paris de 1994 entre le pouvoir d’Omar Bongo et son principal rival, le père Paul Mba Abessole, qui ont farouchement contesté l’élection présidentielle de 1993. Ceux d’Arambo en 2006, n’ont plus eu de succès, même s’ils avoir un fichier électoral biométrique, dont la première expérience en 2011 n’a pu résoudre les soupçons de fraude jusque-là.

Le dialogue politique tenu en 2017 par Ali Bongo et un parti d’opposants, considéré comme «poids plume» au plus fort de la contestation post-électorale, est loin d’avoir résolu la crise. L’opposant principal, Jean Ping ayant boycotté les négociations, le dialogue aura été en quelque sorte un monologue entre partisans du même camp.

L’adoption d’une constitution s’est disputée

Bien que les dialogues d’Angondjé soient jubilatoires à l’idée d’avoir passé l’amendement de la Constitution sans trop de difficultés devant un parlement Godillot, cette nouvelle loi ne résout évidemment pas la crise démocratique à laquelle le pays est confronté depuis des décennies. Pire, d’un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel dur, la nouvelle loi fondamentale ne semble pas plus démocratique que l’ancienne où le président de la République partageait son pouvoir exécutif avec son Premier ministre.

D’où l’effusion de sang de l’opposition dite radicale, qui dénonce une constitution sur mesure, avec en toile de fond la «monarchisation» et la «liquidation» de la République, sorte de retraite démocratique, contraire aux acquis de la conférence nationale de 1990. Les assises d’Angondjé n’auront donc pas résolu le conflit politique au Gabon.

Avec Gabon Libre/gl9news.com (avec gaboneco)
22/01/2018

 

 

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