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DETRICOTAGE DU SYSTEME DOS SANTOS EN ANGOLA : C’est la démocratie qui gagne

DETRICOTAGE DU SYSTEME DOS SANTOS EN ANGOLA : C’est la démocratie qui gagne
 
 

José Filomon Dos Santos, le fils de l’ex-président angolais, a été limogé du fonds d’investissement souverain. Il a été remplacé par l’ancien ministre des Finances, Carlos Alberto Lopes. Ainsi donc, la purge se poursuit. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, depuis sa prise de fonction en septembre dernier, le nouveau président est en train de démanteler pièce par pièce l’empire politico-financier bâti par son prédécesseur. A preuve, peu avant, c’est Isabel dos Santos qui, débarquée de la tête de la SONANGOL, est désormais accusée de détournements de fonds. Ce n’est donc pas seulement la fin des haricots pour la famille Dos Santos, c’est aussi la descente aux enfers. Car, le nouveau patron de la SONANGOL dit avoir saisi les autorités judiciaires pour suite à donner. Et à l’allure où vont les choses, on ne sera pas surpris qu’Isabel dos Santos et son frère se retrouvent un jour derrière les barreaux. Toute chose que leur père Eduardo Dos Santos pourrait percevoir comme une haute trahison de la part de Joao Lourenço qu’il a contribué à faire roi, dans l’espoir de mener une retraite tranquille et d’assurer l’impunité à ses enfants. C’est du moins ce qui arrive le plus souvent, lorsque l’on refuse de tenir éloignées sa progéniture et sa fratrie du cercle du pouvoir. Le cas de Isabel Dos Santos et son frère rappelle mutatis mutandis celui de Karim Wade au Sénégal, qui, alors ministre du Ciel et de la Terre, a eu maille à partir avec la Justice de son pays dès que son père Abdoulaye Wade a quitté le pouvoir. Il en est quasiment de même pour François Compaoré, frère cadet du président burkinabè déchu, Blaise Compaoré, qui est aussi en train d’être rattrapé par son passé. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il est sous contrôle judiciaire en France, dans l’attente d’une éventuelle extradition vers son pays d’origine. Zut !

Lourenço doit savoir raison garder, pour ne pas donner l’impression de faire dans le règlement de comptes

C’est dire donc que ce qui arrive à Isabel dos Santos et son frère n’a rien de surprenant, surtout que le nouveau président, Joao Lourenço, dès ses premiers pas, avait clairement affiché sa volonté de rompre les ponts avec son ancien mentor, Eduardo Dos Santos. On se rappelle d’ailleurs la passe d’armes qu’il y a eue entre les deux ex-compagnons, il y a de cela quelques semaines, où le ton laissait transparaître une tension palpable au sommet de l’Etat. Cela dit, si l’on peut se féliciter de la décision prise par Joao Lourenço de s’affranchir de la tutelle de celui dont il fut le bras droit pendant des années, on doit cependant craindre que le cas angolais ne serve d’alibi à bien des dictateurs du continent pour ne pas quitter le pouvoir, de crainte de se voir eux-mêmes ou leurs proches humiliés comme c’est le cas avec Isabel dos Santos et bien d’autres ex-dignitaires angolais. C’est pourquoi, tout en l’encourageant à maintenir le cap dans la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, nous pensons que Lourenço doit savoir raison garder, pour ne pas donner l’impression de faire dans le règlement de comptes. Car, faut-il le rappeler, il est lui-même le produit du système qu’il tente de détricoter.

Avec lepays.bf/B.O
12/01/2018

 
 
 
 

 

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