Accueil - Actualité - Immobilier, lotissement de Nkok : la SNI, la BGFI et l’Etat gabonais accusés d’arnaque

Immobilier, lotissement de Nkok : la SNI, la BGFI et l’Etat gabonais accusés d’arnaque

DR.
Les réservataires du lotissement de Nkok, localité située à quelques 27 kilomètres sur la nationale 1, où la Société Nationale Immobilière (SNI) devait construire plus de 2800 logements, ne savent plus quelle stratégie adopter pour soit se faire rembourser leurs ares soit récupérer les logements en l’état, étant entendu que le chantier est à l’arrêt depuis plusieurs années maintenant. La SNI se décharge sur la BGFI et la Banque pointe un doigt accusateur vers l’Etat qui lui devrait des intérêts sur crédit. La BGFI refuse tout remboursement aux réservataires tant que son débiteur ne lui aura pas reversé son dû. Les réservataires se sentent pris en otage dans cette bagarre juridico financière et crient à l’arnaque.

 

Tout commence en 2010-2011 lorsque la SNI, à grand renfort de publicité, annonce la construction imminente de logements sur l’ancien site de la société des bois de la Monda, à Nkok. Comme on peut l’imaginer, les dossiers vont affluer et la SNI n’a eut que l’embarras du choix ; les gabonais, dont les dossiers furent retenus, se voyaient déjà dans leur nouvelle demeure. Ils reçurent une lettre de réservation dans laquelle la société les invitait à verser 30 % du coût du logement.

Forte de la confiance aveugle placée en son partenaire financier de tous les temps, la SNI conseilla à ses futurs clients de verser leur apport personnel dans un compte séquestre n°00006601007-33. Il faut dire qu’à l’origine la SNI avait obtenu de la BGFI un prêt de près de 75 milliards de francs pour ce projet ;  cet emprunt, majoré des intérêts, est passé à environ 100 milliards. Au cours de l’année 2012-2013 les réservataires qui avaient les moyens sont allés jusqu’à payer cash leur logement. Pendant ce temps, la SNI avait commencé la construction du lotissement ; certaines villas étaient presque finies quand brusquement entre 2014 et 2015 le chantier va s’interrompre.

Les demandes de remboursement vont inonder les services de la Direction Générale de la SNI ; les premières demandes trouvèrent satisfaction mais devant l’affluence de celles-ci l’opération stoppa net. La SNI ne communiquant pas sur le sujet les rumeurs folles alimentèrent les inquiétudes des uns et des autres. Approchés, certains cadres de la société vont expliquer que le chantier de Nkok s’est arrêté faute de financement ; l’enveloppe initiale de 75 milliards a été hypothéquée par une décision inopportune du ministre de l’Habitat de l’époque de faire construire, à Agondjè, deux tours jumelles. Selon les mêmes indiscrétions la BGFI exigea à la SNI le paiement des intérêts de son prêt ; la SNI se tourna vers l’Etat gabonais qui avait détourné le prêt de son utilisation première. Jusqu’à ce jour le dossier en est là et BGFI refuse toujours de débloquer l’argent des réservataires ; la banque en a fait une sorte de caution au grand dam des gabonais moyens qui tirent le diable par la queue.

Les ministères de l’Habitat et du Logement et celui du Budget sont donc interpelés sur la question. Et le commun des mortels de se demander comment un ministre a-t-il pu interférer dans la gestion d’un projet, dont il n’était même pas gestionnaire, au profit d’un autre ; pourquoi le Conseil d’administration de la SNI a laissé faire, foulant ainsi au pied les règles de l’orthodoxie financière qui guident la gestion d’une entreprise. Au nom de quoi BGFI a pris « en otage » les apports personnels des réservataires du lotissement de Nkok ? Les gabonais attendent au tournant le nouveau ministre de l’Habitat pour dénouer cet imbroglio au nom de la continuité de l’administration ; ils se réservent toutefois le droit de se constituer en collectif afin de mieux se faire entendre.

S.M.M

 

 

Facebook Comments

Transcription

Gabon; Nkok logement Société Nationale Immobilière (SNI)
Lire les articles précédents :
Joseph Kabila et Jacob Zuma déterminés à consolider les acquis de la démocratie et de la sécurité dans la région de la SADEC
Joseph Kabila et Jacob Zuma déterminés à consolider les acquis de la démocratie et de la sécurité dans la région de la SADEC

Les présidents Joseph Kabila et Jacob Zuma ont évoqué, ce dimanche 15 octobre,  leur détermination à consolider les acquis de...

Fermer