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RÉFLEXION POLÉMIQUE SUR LE CONCEPT DE “COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE”- Suite et fin

Michel-Philippe-Nze-Journaliste-Conseiller-en-communication-stratégique

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QU’ENTEND-T-ON PAR LE CONCEPT “COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE” (suite et fin)

Cela a été le cas pour l’opération contre la Libye où la France a usé de la duperie pour parvenir à ses fins. Le problème avec cette méthode, c’est qu’elle ne peut être utilisée qu’une seule fois. Il faut alors lui trouver une variante acceptable ce qui est loin d’être gagné vue l’opposition systématique de la Chine et de la Russie, mais surtout de la Russie furieuse de s’être fait rouler dans la farine par l’épisode libyen.

 

On peut cependant faire confiance aux stratèges occidentaux. Lorsqu’il s’agit de leurs intérêts vitaux, ils savent faire preuve de créativité. En Afrique noire, la plupart de nos dirigeants semblent fonctionner au jour le jour sans aucune démarche stratégique. Autour d’eux généralement, il n’existe pas de structures d’études et d’analyse stratégiques propres à réfléchir sur des solutions de riposte face aux agissements des partenaires extérieurs. Ce ne sont pas les ressources humaines qualifiées qui font défaut. Ils semblent tous préférer se complaire dans une sorte de confiance atavique vis-à-vis de leurs partenaires occidentaux qui eux, se projettent sur le moyen et le long terme afin de disposer d’une capacité d’anticipation par rapport aux événements à venir.

 

Un exemple récent pour illustrer cette assertion : beaucoup d’observateurs sur le continent africain ont été surpris par la présence du président de l’Assemblée Nationale ivoirienne au récent congrès du parti présidentiel français, “La République en Marche“. Cette invitation adressée à M. Guillaume Soro est une illustration de cette volonté d’anticipation des pays occidentaux sur les événements à venir; pour ce coup-ci, Emmanuel Macron semble décidé à prendre des options sur l’avenir en courant le risque de froisser Alassane Ouattara, actuel président ivoirien qui a cru bon d’annoncer son retrait avant l’heure et qui pensait pouvoir décider à sa guise de sa succession. C’est sans compter avec la France qui, au nom de ses intérêts, préfère se pré-positionner dans la perspective d’un retour aux affaires de Laurent Gbagbo dont la libération prochaine ne souffre l’ombre d’aucun doute. Gbagbo à propos duquel la France ne se fait aucune illusion, s’agissant de ses sympathies extérieures.

 

Une grande puissance ne demeure une grande puissance que par sa capacité à changer la donne afin que celle-ci lui soit toujours favorable, même s’il faut pour cela, fouler aux pieds des valeurs telles que la démocratie, les droits de l’homme etc. Ces valeurs-là ne sont que des outils, des arguments brandis le cas échéant pour justifier l’usage de la force pour renverser la situation à son avantage. C’est cela, la realpolitik. C’est de cette façon que le monde a toujours fonctionné depuis des lustres. Notre naïveté naturelle en Afrique nous pousse à croire en la sincérité des arguments se rapportant aux droits de l’homme, à la liberté brandis par les grands pays occidentaux lorsqu’ils veulent “agir” contre un pays ou son gouvernement.

 

Il faut mettre un terme à cette confiance aveugle vis-à- vis de l’Occident et comprendre enfin qu’il n’y a que des intérêts entre les États. Souvenez-vous des mots de de Gaulle pour ceux qui ont encore quelques doutes: “la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts“.

 

L’histoire des cinquante dernières années en Afrique francophone a été marquée par de nombreux coups tordus de la France dans les pays concernés, tous destinés à préserver ses intérêts. La Grande Bretagne qui elle, a concédé une indépendance réelle à ses anciennes colonies d’Afrique semble préférer le “soft power” moins brutal et moins visible que les coups d’État qui ont marqué les premières décennies “d’indépendance” des anciennes colonies françaises d’Afrique.

 

La leçon qui ressort de cet exposé est qu’il est temps pour nos dirigeants de se ressaisir et de faire des choix décisifs. On sait qu’ils sont placés entre le marteau de la France et l’enclume que représente la juste aspiration de leurs concitoyens au bien-être.

 

Il faut croire que la juste voie qui s’offre à eux est le soutien de leurs concitoyens qui passe inévitablement par une bonne gouvernance même si parfois cette seule onction populaire nationale ne suffit pas pour les mettre à l’abri des manigances de l’ancienne métropole. Toujours en embuscade, la France saisira n’importe quelle opportunité pour restaurer ses prétentions quitte à récupérer et à retourner contre le dirigeant visé la colère de la rue faisant ainsi d’une pierre, deux coups.

 

Auteur : Michel-Philippe Nze, Journaliste-Conseiller-en-communication-stratégique
Rédaction :  DBNEWS
23 juillet 2017

(Première partie de la réflexion)

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