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Tribune Libre-Emmanuel NTOUTOUME NDONG : LES DIX MENSONGES D’ALI BONGO AU JOURNAL LE MONDE

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Après le dernier article du journal Français « le Monde Afrique » sur Ali bongo Ondimba intitulé : Ali Bongo : « La stratégie de l’opposition est bâtie sur la haine »
Monsieur Emmanuel Ntoutoume Ndong, Inspecteur Général des finances Énarque, promotion “Liberté, Égalité, Fraternité”. (1987-1989), répond au journal le Monde et à Mr Ali Bongo Ondimba

Rappel : Dans une interview parue dans le quotidien français Le Monde du 6 mars courant, Ali Bongo a sacrifié une fois de plus, une fois de trop, à son exercice favori: mentir.
Certes, le mensonge est consubstantiel au discours politique, en ce sens que tout discours politique comporte toujours une dimension démagogique liée sans doute à la volonté de séduire qui habite tout homme politique. Cela est vrai depuis Périclès.  Dans le parler gabonais, “politique” est synonyme de “mensonge”. “Ne me fais pas la politique” veut dire chez nous “ne me racontes pas des mensonges”. Mais avec Ali Bongo le mensonge politique acquiert une dimension presque pathologique. Relevons dix mensonges tirés de son interview dans le journal Le Monde.

  • Premier mensonge

Ali Bongo affirme que la croissance de l’économie gabonaise est passée de -1% en 2009 à 6% (en réalité 5,9%) en 2010, et il porte cette performance à son seul crédit. En le disant, il oublie de rappeler, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle, que la baisse de la croissance de l’économie gabonaise enregistrée en 2008 (2, 3%  contre 5,6% en 2007) et en 2009 (-1%) était la conséquence mécanique de la crise financière internationale qui a éclaté en 2008 suite à l’effondrement du marché hypothécaire américain.

Cette crise financière, l’une des plus graves de l’histoire après celle de 1929,  s’est transformée en crise économique avec une forte augmentation du chômage aux État Unis (de 4,7 à 5%), avec pour effet une forte contraction de  l’activité. Et comme l’économie américaine représente un cinquième du PIB mondial, l’impact de son ralentissement ne pouvait que toucher l’ensemble de la planète. Même si, la plupart s’en sont sorties avec moins de dommages que les pays occidentaux, les économies africaines ont été fortement touchées.

Tout au long de l’année 2009, le FMI n’a cessé de réduire ses perspectives de croissance pour l’Afrique Subsaharienne, passant de 6% prévue en 2008, à 1,1% en 2009. Dès le dernier trimestre 2008, les marchés financiers africains ont subi le retrait de nombreux investisseurs étrangers, ce qui a été suivi au premier trimestre 2009 par une chute des exportations. Le Gabon qui tire l’essentiel de sa croissance de l’exportation des matières premières brutes n’a pu éviter la récession, face à la baisse de la demande mondiale.

Notre pays a été de surcroît affecté par la baisse du prix du baril de pétrole dont la moyenne annuelle en 2009 était 41% inférieure à sa moyenne de 2008. D’où le taux de croissance négatif de -1% enregistré en 2009.

  • Deuxième mensonge

Ali Bongo se vante  d’avoir fait passer le taux de croissance de l’économie gabonaise de négative -1% à 6% et de l’avoir maintenu à 5% de moyenne annuelle jusqu’en 2014. Mais il ne dit rien sur la conjoncture économique qui a favorisé cette extraordinaire embellie. Les taux de croissance élevés observés entre 2010 et 2014 s’expliquent davantage par le démarrage des chantiers liés à la coupe d’Afrique des Nations que notre pays a co-organisée en 2012 avec la Guinée Équatoriale, et surtout par la bonne tenue du cours de baril pendant cette période, (autour de 100 dollars US), un niveau historiquement haut, que par un quelconque génie économique d’Ali Bongo.

Il a suffi que le prix du pétrole s’effondre de 40% pour que le Gabon se retrouve dans la situation budgétaire inextricable actuelle, avec un déficit de 1 300 milliards de francs CFA annoncé dans la loi de finances de l’exercice 2015.

Ali Bongo aurait probablement gagné en crédibilité s’il avait expliqué aux lecteurs du journal Le Monde pourquoi avec des taux de croissance de plus de 5% pendant quatre ans et des ressources propres cumulées de l’ordre de 11.809 milliards de francs CFA, a-t-il endetté le Gabon dans le même laps de temps, en faisant passer l’encours de la dette publique du Gabon de 1 181 milliards de francs CFA représentant 15% du PIB au 31 décembre 2008, à 2 608 milliards de francs CFA, soit 32% du PIB à la fin 2014? Et pourquoi aucun des projets d’envergure annoncés n’a pu voir le jour autrement que sur les maquettes?

Tant qu’elle ne sera générée que par l’exportation des matières premières brutes et non par une véritable création de richesse par les entreprises, la croissance gabonaise restera illusoire et stérile. Illusoire parce qu’elle camoufle les déséquilibres structurels de l’économie gabonaise qui demeure, quoi qu’en dise Ali Bongo, une économie de rente. Stérile parce que son impact sur les conditions de vie des populations est nul.

Ce décalage se lit au niveau de l’indice de développement humain (IDH) du Gabon estimé à 0,55, qui le Place au niveau des pays à faible revenu, c’est à dire des pays pauvres. Ce décalage se lit aussi à travers le taux de chômage qui dépasse les 35% et le niveau élevé de la pauvreté qui s’établit autour de  33%, selon les chiffres officiels du gouvernement gabonais.

  • Troisième mensonge 

Ali Bongo affirme avoir, en quatre ans, réalisé 80% de ses engagements. Si tous les lecteurs du journal Le Monde pouvaient se rendre au Gabon pour vérifier cette affirmation sur place, ils se rendraient vite compte qu’il s’agit d’une grossière contrevérité. Ali Bongo avait effectivement pris de nombreux engagements et avait fait de nombreuses promesses aux gabonais, dont voici quelques-unes des plus emblématiques:

-la construction de 37000 logements pour la période 2012-2016. Aujourd’hui moins de 1000 logements à peine sont sortis de terre.

-le bitumage de 3.320 km de route entre 2012 et 2016. Les quelques chantiers finalisés en matière de routes sont en réalité ceux qui avaient été lancés par l’ancien président de la République, et dont les financements étaient déjà disponibles.

-la construction d’infrastructures destinées à l’éducation et à la formation entre 2012 et 2016. À part quelques réfections çà et là, rien de probant n’a été fait dans ce domaine. La grave crise qui frappe actuellement le monde éducatif s’explique en partie par cette indigence en infrastructures scolaires et universitaires de qualité.

-la construction et la réhabilitation des établissements de santé. À part le CHU de Libreville dont les travaux avaient été initiés par l’ancien président de la République, aucune nouvelle structure sanitaire digne de ce nom n’a vu le jour au  Gabon. Au contraire, les gabonais ont assisté, ébahis, à la démolition d’un des hôpitaux les plus modernes du pays: l’hôpital Jeanne Ebori.

-la construction de deux aéroports internationaux à Libreville (ANDEM) et à Port Gentil. À part le terrassement de l’aéroport de Port Gentil, rien n’a commencé à concernant l’aéroport d’ANDEM.

-la construction des ports.

– la construction de six barrages hydroélectrique.

Très peu de ces investissements chiffrés  à 12.430 milliards de francs CFA ont été menés à bien.

En affirmant avoir réalisé 80% de ses engagements, Ali Bongo veut sans doute faire allusion à la satisfaction de ses lubies personnelles. En effet, en quatre ans, pendant que tous les chantiers intéressant les gabonais étaient à l’arrêt, Ali Bongo s’est offert un hôtel particulier à Paris, une maison à Londres, une maison à Washington, un avion, des véhicules haut de gamme, le forum New York à Libreville et la marina sortie tout droit de son imagination, et dont les travaux sont actuellement à l’arrêt par manque de financements.

  • Quatrième mensonge 

Ali Bongo prétend avoir réussi la diversification de l’économie gabonaise et qu’en quatre, il a fait mieux que son prédécesseur en 42 ans. Il cite pour cela le secteur du bois. Mais Il omet de préciser que la décision d’interdiction des bois en grumes a fait plus de mal que de bien à ce secteur qui est le deuxième employeur du Gabon après la Fonction publique, avec plus de 35000 emplois directs et indirects. Outre que cette “décision” abrogeait une “loi”, en l’occurrence le Code forestier gabonais, ce qui, en matière de droit, constitue une hérésie, elle n’a pas été assortie de mesures d’accompagnement suffisantes qui auraient pu permettre aux opérateurs de la filière de s’ajuster.

Malgré la convocation précipitée d’un forum sur l’économie forestière tenu à Libreville du 15 au 17 février 2010 et destiné à faire “le bilan de la gestion forestière et d’ouvrir des perspectives pour la valorisation des produits forestiers”, de nombreuses entreprises de ce secteur ont fait faillite, ce qui s’est traduit par une aggravation sans précédent du chômage dans notre pays.

Le grand chantier de la diversification qui devait permettre au Gabon de s’affranchir progressivement du pétrole est resté un veux pieux. Aucune action vigoureuse en matière de création d’entreprises, notamment en faveur des PME/PMI gabonaises, n’a été menée avec succès. Or, dans les économies libérales, c’est l’entreprise qui est le moteur de la croissance économique. C’est par la création et les promotions de PME/PMI, notamment gabonaises, qu’il sera possible de créer un capitalisme national et de favoriser l’émergence d’une classe d’hommes et de femmes d’affaires gabonais.

La ventilation sectorielle du PIB gabonais en 2015 présente la même structure déséquilibrée en faveur du secteur primaire qui représente plus de 55% contre 28,5% pour le secteur secondaire et 8% pour le secteur tertiaire et le reste. Avec un indice de diversification de 1,9, le Gabon est à la traîne des pays de la CEMAC, loin derrière la Guinée Équatoriale avec un indice de 21,9. Peu diversifiée, l’économie gabonaise est aussi peu compétitive et peu attractive.

Avec un indice de compétitivité de -14, 8, le Gabon est classé loin derrière le Cameroun et la Guinée Équatoriale avec un indice de compétitivité de -4,1.  D’après le classement de la Banque mondiale de 2015, le Gabon se place au 156e rang mondial sur 187 pays en matière d’exécution des contrats. Il occupe la 174e place mondiale en matière d’indice de perception de la corruption, quand le Cameroun et le Congo occupent respectivement la 129e et la 114e place.

  • Cinquième mensonge 

Ali Bongo affirme pouvoir conduire le Gabon à l’émergence en 2025, c’est à dire dans dix ans. Pour mémoire, rappelons que le terme “marchés émergents” est apparu au début de décennie 1980 avec le développement des marchés boursiers du Sud, au moment où les banques d’investissements américaines cherchaient à vanter auprès de leur clientèle le potentiel de croissance des marchés financiers à rendements élevés de certains pays en développement. L’on prête la paternité de ce terme à l’économiste néerlandais Antoine Van Agtmael, chez qui le terme “pays émergents” désigne “les pays en développement offrant des opportunités pour les investisseur”. Ces pays répondent à trois critères essentiels:

-ils se caractérisent par “un accroissement significatif de leur revenu par habitant, donc une progression  de leur part dans le revenu mondial“;

-ils se distinguent aussi par “la rapidité de leur intégration  à l’économie mondiale, non seulement du point de vue commercial, en développant leur secteur exportateur mais aussi du point de vue financier, en ouvrant leurs marchés financiers aux capitaux extérieurs“. Un pays émergent est donc “un pays dont l’économie est en transition, et dont la croissance n’est plus basée sur l’exploitation des matières  premières mais sur une industrie en forte croissance”.

-Ces pays se caractérisent enfin par “une meilleure gestion macroéconomique et une stabilisation de la situation politique et sociale”. Qui peut croire que le Gabon, compte tenu de sa gouvernance actuelle et de tous ses handicaps pointés plus haut en matière de compétitivité et d’attractivité sera capable de présenter un tel profile dans dix ans?

Ce qu’Ali Bongo doit comprendre, c’est que l’enjeu de l’émergence ne s’arrête pas la définition d’un plan stratégique, aussi pertinent soit-il, mais réside surtout dans sa mise en œuvre opérationnelle. Par ailleurs, l’on se demande avec quels hommes Ali Bongo compte t- il conduire le pays à l’émergence dans dix ans, si l’école est la moindre de ses priorités, comme le montre l’actualité du moment, le facteur humain étant le plus important en cette matière?

  • Sixième mensonge 

Lorsqu’on l’interroge sur ses relations avec François Hollande, Ali Bongo déclare que “la France a de nombreux intérêts économiques au Gabon et que les relations entre nos deux pays sont solides et transcendent les hommes“. Certes. Mais veut-il insinuer par-là que sa famille et lui-même sont, de tous les gabonais, les seuls à pouvoir sauvegarder et promouvoir ces relations? À moins que les fameux “intérêts de la France” souvent évoqués s’agissant du Gabon se confondent avec les intérêts des sociétés françaises installées au Gabon et dans lesquelles la famille Bongo est partie prenante, comme vient de le révéler le journal en ligne français MEDIAPART?  Ce qui revient à dire: “ne me laissez pas tomber au risque de compromettre nos intérêts communs“.
A cet égard, il convient de préciser que  le choix du média, un grand quotidien français, la bible de l’élite française, n’est pas sans arrières pensées et montre que cette interview s’adresse d’abord à la France.

Sachant que plus personne ne le prend au sérieux au Gabon, Ali Bongo appelle le journal Le Monde à la rescousse, une fois de plus, après l’épisode de l’acte de naissance, pour transmettre un message codé en direction de l’opinion Française, et donc de l’Elysée.

  •  Septième mensonge 

Ali Bongo ment aux lecteurs du journal Le Monde quand il affirme qu’il été “élu” par les gabonais. Les gabonais, eux, savent qu’il n’a pas été élu à la régulière mais qu’il s’est imposé à la tête du pays par la fraude et par la force avec la complicité des institutions gabonaises et le soutien affiché  de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy. Cette vérité est connue de nombreux français, si l’on en juge par l’audience rencontrée en France et en Afrique par le documentaire qu’une chaîne de télévision publique française a consacré à la Françafrique en 2011.

  • Huitième mensonge

Ali Bongo ment aux lecteurs du journal Le Monde quand il essaye de faire croire que le débat sur ses origines n’est que l’expression du “tribalisme“, de  la “xénophobie” et de la “haine” des opposants. Il oublie de dire que, pour contourner les dispositions de l’article 10, alinéa 4 de la constitution de la République gabonaise, il a présenté un faux acte de naissance lors de l’élection présidentielle anticipée de 2009, et que cette infraction est punie par le Code pénal gabonais. Le débat sur les origines d’Ali Bongo n’est ni l’expression d’un quelconque tribalisme, d’une quelconque xénophobie, d’une quelconque haine, c’est un débat constitutionnel de la plus haute importance dans un Etat qui se dit de droit.

Poussant la provocation à l’extrême, il tente de minimiser la situation en prétendant que c’est à ceux qui contestent son éligibilité à en apporter la preuve, exactement le contraire de ce que stipulent les dispositions de l’article 42 du Code de la nationalité gabonaise.

Il serait étonnant que la France, qui est la patrie mère du droit, ferme les yeux sur ce qui apparaît comme un parjure. Les États Unis qui sont à la fois la première démocratie et le premier pays d’immigration du monde, n’ont pas fait l’économie d’un tel débat quand certains élus républicains ont prétendu que le président Barack Obama n’était pas né sur le territoire américain, comme l’exige la constitution de ce pays à tout prétendant à la White House. À-t-on pour autant accusé les républicains américains de tribalisme et de xénophobie et de haine?

Les français connaissent suffisamment bien le Gabon pour savoir que ce pays a toujours été une terre d’accueil, et qu’il existe au Gabon de nombreuses familles venues d’autres pays africains ou d’ailleurs, qui s’y sont totalement intégrées.

Mais le fait d’être une terre d’accueil ne signifie pas qu’il n’existe pas de limites à l’immigration. L’accueil des étrangers doit se faire en tenant compte d’un certain nombre de standards admis internationalement, de peur de bouleverser les équilibres sociologiques du pays. Or, d’après les services du gouvernement gabonais, la côte d’alerte a été franchie, puisque les immigrés représentent désormais plus de 60% de la population du Gabon. Si la France en était là, le Front National serait à l’Elysée depuis bien longtemps.

  • Neuvième mensonge

Ali Bongo ment aux lecteurs du journal Le Monde quand il nie l’existence d’une crise au Gabon. À moins d’ignorer la définition du mot crise, le Gabon est bel et bien dans une situation de tensions extrêmes, tant au niveau politique, qu’économique, financier et social. Et Ali Bongo en est l’unique responsable. En effet, après s’être emparé du Pouvoir par la force, au lieu de chercher à rassembler les gabonais comme savait si bien le faire son prédécesseur, il a posé des actes politiques qui ont eu pour conséquence de crisper les antagonismes entre eux.

A peine installé à la tête du Gabon, sa premier grande mesure a été de modifier la constitution de la République, non pas pour corriger les dispositions qui y posaient problème, mais pour s’arroger des pouvoirs presque d’exception. La deuxième grande mesure, administrative celle-là, a été de révoquer plus de 450 cadres de la Fonction publique en un seul conseil des ministres, pour cause d’intelligence avec l’opposition. La troisième grande mesure a été de dissoudre le principal parti d’opposition, l’Union Nationale, de manière anticonstitutionnelle et pour des motifs fallacieux.

Ces différentes mesures n’ont eu pour effet que d’exacerber les tensions nées de l’élection présidentielle anticipée de 2009.

  • Dixième mensonge

Ali Bongo ment aux lecteurs du journal Le Monde quand il prétend que la situation électorale du Gabon a été  assainie du fait de l’introduction de données biométriques dans le fichier électoral. Mais il ne dit pas que les cartes qui ont été distribuées ne permettent pas l’authentification effective des électeurs dans les bureaux de vote, ni qu’il n’existe aucune centralisation du fichier au niveau national permettant d’opérer tous les rapprochements souhaités, ce qui ne peut que favoriser la fraude.

Contrairement à ce qu’il affirme, l’opposition n’a pas participé aux dernières élections locales parce qu’elle se satisfait du fichier actuel mais pour en montrer les grossiers manquements, en prévision de l’élection présidentielle de 2016.

Surtout, il ne dit pas que les mêmes acteurs qui ont orchestré le coup d’Etat électoral de 2009 sont toujours en place, à la Cour Constitutionnelle où trône toujours un membre éminent de sa famille, à la Commission Électorale Nationale  Autonome et Permanent (CENAP) que préside un membre de son parti, ni que les ministères de l’intérieur et de la défense sont supervisés par ses proches.

À supposer qu’il y ait élection présidentielle dans ces conditions, quel gage d’impartialité l’opposition peut-elle attendre d’institutions et d’administrations chapeautées par des membres affichés du Pouvoir et dont  la neutralité n’a jamais été établie?

  • Conclusion

Les lecteurs du journal Le Monde ne le savent peut être pas, la Société civile gabonaise vient de porter plainte contre la Société française  GEMALTO pour complicité de corruption active et passive auprès du tribunal de Paris, dans le cadre de la mise en œuvre par cette société de la biométrie au Gabon.

Lorsque l’on observe le comportement politique d’Ali Bongo, l’on est frappé par l’ardeur qu’il met à minimiser le bilan de son prédécesseur. Lorsque le Président Albert Bernard Bongo a succède au président en 1967, il n’a eu de cesse, pendant les premières années de son magistère, à se référer au président Léon Mba dont il assumait volontiers l’héritage politique.

Avec Ali Bongo, tout ce qui a été entrepris au Gabon avant 2009 est à jeter dans les poubelles de l’histoire. Ce comportement a quelque chose de névrotique, d’autant qu’Ali Bongo n’est pas un nouveau venu dans la politique gabonaise. Fils de son “père”, il a occupé de hautes fonctions politique depuis le milieu des années 1980, au moment où des personnalités telles que Jean Ping ou Casimir OYE Mba étaient encore des fonctionnaires internationaux presque inconnues du grand public gabonais. Seuls les plus jeunes ou les naïfs peuvent croire à sa virginité.

Ali Bongo doit comprendre que dans chaque bilan, il y a  le passif et l’actif. À vouloir ne revendiquer que l’actif a quelque chose de dérisoire.

 

Auteur : Emmanuel NTOUTOUME NDONG

Transcription : Anne Marie DWORACZEK-BENDOME

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